Le Grand Carnassier

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 La main de braise.

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L'ombre funeste
Mawloch
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MessageSujet: La main de braise.   Mar 18 Oct 2011 - 21:21

Et bien voilà, comme il fallait bien un jour que je peigne mes Marines de Black Reach, j'ai décidé de me rabattre sur les salamanders. Mais comme je préfère inventer mes propres fluff que de les récupérer ailleurs, j'ai décidé d'inventer une cinquième compagnie de combat, qui aurait sa propre histoire, ses propres tactiques. Une cinquième compagnie unique.
Voici donc les origines de celui qui bouleversera les salamanders jusqu'au fond de leurs principes. Voici l'histoire de celui qu'on appelai: Mucius.

C'est à l'âge de Dix-sept ans que Mucius intégra la tierce compagnie des salamanders. Nul ne savait comment il était parvenu à rejoindre le chapitre avant même sa majorité, aussi son jeune âge fut le sujet de fortes polémiques. Mais personne ne lui posa de question, car il émanait de lui comme un aura de respect, aura qui poussait les autres autour de lui à s'écarter, au lieu de l'inverse.
Très tôt, Mucius se fit remarquer par ses supérieurs hiérarchiques. En effet, lors des entrainements, les recrues le suivaient comme un chef naturel. Non parce qu'il était le plus fort, ni même le plus intelligent, mais on sentait en lui une telle détermination que quiconque se battait à ses côtés avait l'impression que la victoire était imminente. Et très vite, le jeune homme monta en grade. En cinq ans, le jeune Mucius passa du rang de scout à celui de sergent, et ce sans même avoir participé ne serait-ce qu'une seule foi à un véritable combat! Aussi les bruits commencèrent à courir que Mucius était un imposteur, qu'il corrompait ses supérieurs afin de gagner du pouvoir, et qu'un jour ou l'autre, il lèverait une armée pour un coup d'état.
Mais les rumeurs ne durèrent guère, car cinq ans et quatre mois après avoir intégré la troisième compagnie, Mucius partit en guerre.

En effet, la Waaagh! Gazoku avait pénétré outre les défenses d'un monde ruche* à la forte densité de population et préparait un massacre. Il fallait faire vite, car si Nocturne se situait non loin de la planète assiégée, le trajet serait long et les pertes humaines seraient certainement fortes à l'arrivée des spaces marines. Le haut commandement manda alors la troisième compagnie afin qu'elle se rende à la rencontre de la marée verte dans le but de l'endiguer et ainsi permettre à d'autres chapitres de venir en renfort pour l'éradiquer. C'est ainsi que les deux tiers de la troisième compagnie de combat des salamanders, dont Mucius, se rendirent à la rencontre de son destin.

Quand deux mois plus tard, ils arrivèrent sur le monde ruche, une bonne partie de la planète avait été détruite par les assauts répétés de la Waaagh!. Les salamanders ne tardèrent donc pas à la localiser. Ils débarquèrent dans une plaine proche d'une ville encore vierge de combats afin d'y installer leur quartier général. Une fois ceci fait, ils se préparèrent à la guerre. Les rôles furent distribués, et Mucius dut rester en arrière diriger les équipes d'armes afin de soutenir les troupes d'assaut. Ce rôle lui déplut fortement, mais il ne dit mot.

La bataille s'engagea. Les orks fonçaient. Que ce soit à pied ou à bord de leurs chariots de guerres, leur avance implacable s'accompagnait de cris gutturaux et de champs blasphématoires. Non loin, des bandes de greetchins s'affairaient à amorcer des armes dont la moitiée exploseraient avec le premier tir. De l'autre côté, les spaces marines marchaient vers la gloire... et la mort. Les fils de l'empereur n'étaient plus qu'à quelques mètres des orks... et le réel carnage commença. Les lames énergétiques tranchaient dans la chaire sous le grondement des épées tronçonneuses tandis que des balles volaient de leur danse mortelle.
Et durant ce temps, lui, Mucius, devait resté en arrière, à commander des tires dont l'ordre n'arrivait pas. Quel honneur y avait-il à rester en arrière, loin des combats? Quel honneur y avait il à attendre que les autres fassent le travail? « Aucun! » Rugit-il à l'étonnement général. Il reprit: « Venez! Mes frères! Nous ne pouvons rester ici à attendre que les autres se fassent tuer! C'est par le glaive et par le sang que s'écrivent les légendes! Non dans le lance-pierre et l'attente! Rejoignons-les et partageons la gloire! » Et faisant fi des ordres pourtant strictes de ses supérieurs, Mucius s'élança dans la bataille, entrainant avec lui une centaine de spaces marines, certes d'élite, mais bien meilleurs au tir qu'au corps à corps. Mais alors qu'ils s'enfonçaient dans les lignes ennemies, un squiggoth d'une taille cyclopéenne surgit de nulle part, écrasant tout sur son passage.
Le haut commandent ordonna alors à Mucius de faire feu mais c'est alors qu'il se rendit compte que le sergent n'était plus à son poste. Il hurla au désespoir devant ses camarades piétinés par la bête. Il ordonna alors quelque chose qu'il n'avait jamais ordonné. Il ordonna la retraite.
Pendant ce temps, Mucius et ses hommes se battaient, l'un pour la gloire, les autres pour leurs vies. Le sergent, tel un lion, tranchait dans la masse comme dans du beurre. Son rugissement dépassait même celui de son épée tronçonneuse. Mais à vouloir être un héros, il oubliait qu'il n'était qu'un homme, et lorsque le dernier de ses frères de bataille tomba, la marée verte l'engloutit. Quelque chose de dur heurta sa nuque, ses yeux se voilèrent et il s'effondra.

Quand Mucius se réveilla, il avait pieds et poings liés, bien que non accrochés au sol. Tout ce qui pouvait s'apparenter à une armure ou à une arme lui avait été enlevé, ce qui incluait également ses vêtements. Il ne lui restait plus que son caleçon, ce qui l'atteint quelques instants dans son intimité avant qu'il ne se rappelle que seul des orks pouvaient le voir. Il se trouvait dans une hutte relativement vaste, quoique basse de plafond. La toile tendue au dessus de sa tête laissait apparaître une ouverture circulaire en son centre, par laquelle on pouvait voir un ciel obscurci par le brouillard des batailles. On pouvait également y distinguer quelques patrouilles de kopters survolant le campement. Sous cet orifice se trouvait un brasero, dont il émanait une étrange odeur de poubelles. Mis à par ça, la pièce était relativement vide bien que quelques coffres et sacs s'entassassent dans des coins. C'est alors que Mucius remarqua, à son opposé, une forme qui paraissait vivante. Il se releva péniblement et s'avança un peu avant de s'arrêter. Accroupi sur un tapis usé se tenait un viel ork. Ce dernier resta quelques instants immobiles, puis releva la tête. Le geste était lent et fluide, ce qui étonna le jeune homme qui connaissait les orks pour leurs gestes brusques et saccadés. Le vieillard sembla dormir, puis ouvrit les yeux.
Mucius tomba alors comme dans une rêve alors qu'il s'abimait dans les yeux aveugles de cet ork sans âge. Il ressentait de la répulsion pour lui et pourtant, un côté de lui-même respectait cet être qui était probablement plus vieux que n'importe quel homme. Cet état de stase put durer quelques minutes comme des heures, mais l'ork finit par prendre la parole.
« Sais-tu pourquoi tu es ici? » Mucius ne répondit pas. L'ork sourit et reprit.
« Tu es ici parce que tu es orgueilleux et arrogant. C'est d'ailleurs pour cela que tu t'es engagé dans le corps des marines. Est-ce que je me trompe? » Mucius cligna des yeux, puis répondit: « Comment savez-vous tout cela?
-Je peux lire en toi comme dans un livre ouvert. C'est ainsi que je sais que tu me respectes, et j'en connais aussi la raison... Mucius, tu es tout sauf sage, en fait, il n'y a aucune once de sagesse en toi. Et cela t'empêche de reconnaître celle des autres. Voilà pourquoi tu as eu la stupidité de désobéir au commandant, te lançant dans la bataille au lieu de rester couvrir tes... comment dire... amis? Mais dans mon cas, étant ork et non humain, tu ressens quelque chose. Et c'est cette chose qui te permet de savoir que je suis un vénérable. Écoute moi, Mucius, les orks ne valent-ils pas mieux que les humains? Nous sommes anciens, très anciens, et d'une grande sagesse! Nous paraissons barbares aux yeux des autres, mais n'est-ce pas eux qui nous ont rejetés de par notre... notre « laideur »!»
Ces mots firent l'effet d'une douche froide à Mucius.
« Tout ceci n'est que mensonges! Oui j'ai de l'orgueil, oui je ne suis peut-être pas un exemple de sagesse, mais je ne suis pas dénué d’émotions! Et ce contrairement à vous, les ork! Vous ne vivez que pour vous battre, vous complaisant dans la violence et la destruction! Vous me répugnez.
-Mais, vous, les humains, n'êtes vous pas pareils?
-Non. Il y a une chose qui nous différencie de vous. Nous, les humains, avons le courage.»
Sur ce, Mucius s'avança vers le brasero et y déposa sa main. Elle s'embrasa. Les flammes jaunes dévorèrent la chair avec tant de véhémence qu'en si peu de temps qu'on ne pourrait le dire, il ne restait du membre qu'un reste calciné plus noir que la nuit.
Le vieil ork était certes aveugle, mais il pouvait ressentir la douleur silencieuse de Mucius. Il sauta alors sur ses jambes en criant: «Cesse cette folie! Tu t'es fait plus de mal qu'à moi-même et je louerai cette sorte de prodige si cela était venu de mon camp. Je te libère donc sans te faire aucun châtiment! Je te rends même tes armes qui sont entreposées dans les sacs non loin de toi. Mais repars vite! Ou peut-être reviendrais-je sur ma décision.»
Mucius trouva rapidement les sacs et enfila promptement son armure. Il était heureux de retrouver le contact rassurant de l'adamantium sur son corps. Il repartit alors sans un regard en arrière, laissant le vieil ork affalé sur lui-même, l'air hagard. Il se demanderait par la suite pourquoi aucun ork ne l'avait interrompu.
Quand il arriva à ce qui fut le camp des salamanders, celui-ci ainsi que la ville qu'il était censé protéger étaient saccagés. Mucius comprit vite qu'il n'y avait pas de survivant. Il allait tenté de trouver une ville encore en état lorsqu'un bruit familier lui vint du ciel. Il leva les yeux et vit. Devant lui s'approchait une centaine de thunderhawks, marqués du signes des crimson fist, perçant les nuages jusqu'alors trop rouges du sang des hommes. Il comprit alors qu'il était sauvé.

Mucius participa activement à la purge du monde ruche. En un an, les peaux-vertes avaient été défaites. La vie commença alors à reprendre dans les viles saccagées par la guerre.
Lorsqu'il revint sur Nocturne, il fut accueilli en héros par les salamanders. Mais quand ceux-ci lui proposèrent de devenir le capitaine de la troisième compagnie de combat, il refusa. Il préférait en effet créer une cinquième compagnie, spécialisée dans les attaques frontales et l'absence de stratégie prédéfinie, dont le but serait de faire le plus possible confiance à l'empereur et ainsi de gagner la gloire. Les hauts commandants furent de prime abord rebutés par cette idée. "C'était contre leurs principes", se disaient-ils. Bien que plus rustres que nombre de chapitres, les salamanders avaient des limites. Mais ils furent bien obligés de l'accepter lorsque la moitié du chapitre y adhéra. Mucius, devenu capitaine de la cinquième compagnie, fut surnommé « main de braise », en honneur à l'acte de bravoure qui lui valut la vie. Longue vie durant laquelle il ne cessa de penser au vieil ork qu'il ne revit jamais.

Ainsi naquit la cinquième compagnie de combat des salamanders, la compagnie de la main de braise.


*Le nom ainsi que la localisation de ce monde ont malheureusement été perdus.
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MessageSujet: Re: La main de braise.   Mar 18 Oct 2011 - 23:14

Étonnante histoire, mais très bien agencée.

J'imagine déjà sans peine les étendards de ce chapitre ! ^^

Voila un chef bien bourrin si je puis dire !

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reynova
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MessageSujet: Re: La main de braise.   Mer 19 Oct 2011 - 0:30

D'habitude j'ai pas la patience de lire les fluffs mais là respect, c'est captivant !
L'orthographe est impeccable, c'est aussi rare que génial (on se demande si t'as vraiment 13 ans Smile ).

Le début de l'histoire --- jusqu'à ce qu'il perde connaissance --- est parfait, rien à dire. Par contre j'ai eu plus de mal sur la suite. La personnalité de l'ork me rebute un peu, ça fait pas très "ork". Même en étant d'une immense sagesse, je le verrai bien faire des phrases plus courtes, plus concises (mais construites et sensées).

Le coup du "on é méchan kar lé zom' nou aime pa" n'a pas vraiment de sens. Les orks sont belliqueux par nature, et cherchent le combat. Ils sont eux même responsables de leur rejet, et cela ne les dérangent pas ( de toute façon sinon ils s'ennuient et ils se battent entre eux alors...).


Mucius a écrit:
Nous, les humains, avons le courage.
C'est pour moi la pire phrase de ton texte... Le courage n'est pas vraiment la qualité qui justifie les massacres ou la supériorité intellectuelle. De plus, les ork ne sont-ils pas les plus fous courageux de la galaxie ?
Ce n'est pas une caractéristique propre à l'homme, ni la raison éthique de leur survie.

J'ai aussi du mal à comprendre le coup de la main au feu. Pourquoi l'ork le libère-t-il pour cet acte ? En plus, au moins un boys sur cinq est capable de cette connerie (et pas toujours volontairement !^^).

Enfin, la fondation de la cinquième compagnie est parfois un peu bizarre. "l'absence de stratégie prédéfinie" serait plus glorieuse en la reformulant "les actions in extremis", ou "le soutien immédiat" par exemple (je suis pas très bon écrivain non plus...).

Citation :
il refusa. Il préférait en effet créer une cinquième compagnie
Pas vraiment humble notre Mucius. Je crois pas que ce soit donné à tout le monde de fonder une compagnie sur un coup de tête. Là l'impression donnée est un peu "c'que vous m'proposez c'est dla merdre, j'ai une meilleur idée".
Peut-être que ça passerait mieux en remplaçant "préférait" par "aurait préférait", "envisageait l'idée de" ou bien "avait pour projet de".


J'ai dis tout ce que j'avais à dire. Je râle beaucoup, mais dans l'ensemble c'est excellent ! Very Happy

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L'ombre funeste
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MessageSujet: Re: La main de braise.   Mer 19 Oct 2011 - 17:09

Et bien merci pour les commentaires! Maintenant les réponses aux questions (et à ce qui n'en était pas vraiment mais bon...)en allant dans l'ordre chronologique:
-effectivement j'ai bien 13 ans, mais il est parfois pratique d'avoir une mère prof de français.
-J'ai essayer de montrer les orks sous un nouvel angle. Ont-ils toujours été mauvais? N'est-ce pas parce qu'on leur a toujours dit qu'ils étaient bête et méchants qu'ils le sont devenu, et que cela serait aller jusqu'à s'insérer dans leur culture?
-Mucius est un homme très pieux, mais aussi très "raciste". Il pense que seuls les hommes possèdent le courage car ce sont les seuls à croire en l'empereur. En outre, toute race gzénos est pour lui dénuée valeur, et parfois même de pensée.
-L'idée de la main au feu (et aussi du nom du héros) m'est venue d'un cour de latin sur Mucius Scaevola, qui aurait mit sa main au feu pour prouver la valeur romaine au roi étrusque Porsena. L'idée me plaisait et j'ai donc décidé d'insérer une référence.
-Et pour les deux dernières, la formulation est faite pour accentuer le côté "bourrin" de Mucius. Et effectivement, il n'est pas très humble. Smile

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L'ombre funeste
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MessageSujet: Re: La main de braise.   Sam 29 Oct 2011 - 13:14

Bon et bien double post (mais c'est pour la bonne cause, et surtout pour les salamanders)! Car j'ai l'honneur de vous présenter la seconde partie de La main de Braise. Je noterai tout de même le fait que certaines références tels que les ombres funestes ne sont pas développées car apparaissant dans mon premier topique sur la flotte ruche NOSTROMO.

Quelque chose manquait à Edana. Toute planète avait quelque chose qui faisait d'elle un foyer de vie, et non un simple morceau de roc dérivant dans l'espace. Mais Edana, elle, ne l'avait pas. Était-ce l'absence de plaques tectoniques? Était-ce sa gravité quasi nulle? Mucius n'aurait su le dire. Chaque animal, chaque plante lui semblait être un masque au sourire froid. Comme ces clowns amplis de douleur qui souriaient aux enfants pour les rassurer, alors que l'ombre ne cessait de s'étendre dans la galaxie.
Mucius fut tiré de sa rêverie par un second à l'air blasé. Il avait déjà entendu les craintes de Mucius et n'en avait cru mot. La planète était si belle: pourquoi fallait-il que son supérieur voit le mal partout? Lorsque le second voyait les piques couverts de plantes s'élevant dans le ciel comme des bras accueillant, Mucius percevait autant de dents prêtes à se planter dans la chaire.
Le second poussa un soupir de résignation et prit la parole: «Nous avons sécurisé le périmètre et débuté la construction de l'avant poste, mon commandant.
-C'est bien.» répondit Mucius d'un air absent. Flam (car tel était le nom du second) perdit toute contenance et relâcha toute la colère emmagasinée depuis le début de la mission.
«Écoutez Mucius, je vous parle en tant que second mais aussi en tant qu'ami! Votre attitude n'est pas digne d'un commandant, et encore moins de vous! Cette mission est d'une importance capitale et nous risquons d'échouer à cause d'une paranoïa passagère! Il est temps de vous reprendre! Vos hommes vous suivent depuis dix ans et c'est la première fois qu'ils doutent de vous! Alors réveillez vos neurones et dirigez ceux qui en ont besoin!»
Mais Mucius était déjà loin, dérivant dans une angoisse sans nom. Flam l’invectiva, mais il n'en eut cure. Tout ce qu'il voyait était une ombre qui s'étendait lentement sur ce monde mort.

Flam revint à sa tente, maudissant Mucius et ses paranoïas. Il n'y avait pas plus simple comme mission, ils devaient débarquer, ériger un avant poste, faire quelques prières à l'empereur et repartir pour Nocturne avec le sentiment d'avoir sécurisé une infime partie de la galaxie. Mais pour cela, il fallait quelqu'un qui ait les compétences nécessaires pour guider des hommes dans l'installation de bastions ultrarésistants et de canons à la puissance d'une bombe nucléaire. Et cet homme n'était autre que Mucius.
Flam se servit une bière et s’enfonça dans son lit de camp. La vie continuait après tout, et au matin, Mucius se serait rendu compte qu'il s'était comporté comme un enfant.

Mais la nuit n'est pas toujours synonyme de repos, car alors que Flam dormait d'un sommeil sans rêve, un hurlement strident retentit dans le camp.
Le second se réveilla en sursaut et, armé de son seul bolter, il déboula de sa tente. Mais le mal était déjà fait car lorsqu'il s’avança, il n'eut que le temps de distinguer une ombre, plus noire encore que la nuit, qui disparaissait dans les fourrées. Et avec elle disparaissait un marine.

«Ma décision est prise. Nous resterons et lutterons contre le mal avec lequel nous avons affaire.» Le point énergétique de Mucius avait heurté la table avec une telle violence que l'acier s'en était retrouvé enfoncé. Deux mois s'étaient écoulés depuis le premier passage de la bête, et depuis, chaque nuit avait été le théâtre d'une disparition. Flam prit la parole: «Ce n'est pas raisonnable. Je ne sais pas ce qui a frappé mais la moitié de nos hommes ont disparu sans laisser de trace, et il y a fort à parier qu'ils ne sont plus de ce monde. Il faut se rendre à l'évidence, Mucius. Nous sommes confrontés à une forme de vie face à laquelle nous ne pouvons lutter. Il faut retourner sur Nocturne et revenir avec des troupes spécialisées.
-Il y a encore trois mois, vous me traitiez de parano, et maintenant, vous vous dérobez comme un lâche?! Libre à vous de faire ce que vous voulez, mais si vous êtes aussi pleutre que vous en avez l'air, alors quittez ce camp et cessez de piocher dans les stokes de nourriture!»
Flam se leva et dit d'un air froid: «Une ombre pèse sur nous et finira par causer notre perte à tous. Je vous laisse à vos débats et vais tenter de retrouver nos amis disparus, dans l'espoir de ramener leurs corps. Je vous souhaite bonne chance.»
Flam sortit sous les regards vides des autres officiers. Ses mots étaient confus mais firent l'effet d'un coup de marteau. La dissolution interne avait débuté.
Lorsque Mucius sortit, un immense abattement pesait sur lui. Un froid glacial l'envahissait et la planète pourtant grouillante de vie lui semblait plus morte encore qu'à l'accoutumée. Aucun mot n'avait été prononcé depuis le départ de Flam, et il trouva son insigne de capitaine au pied de la tente de réunion. Alors il était parti pour de bon. Mucius s'enfonça dans la forêt environnante et s'effondra. Il pleurait. Cela faisait dix ans que Flam l'accompagnait. Où qu'il aille, le second était à ses côtés, riant avec lui, se battant avec lui. Et aujourd'hui il était parti.
Mucius se releva péniblement et retourna à sa tente. Le soleil déclinait et, bientôt, la nuit reviendrait avec son sinistre cadeau. Autour d'un feu, des soldats tiraient à la courte paille qui irait annoncé à la famille de la prochaine victime la mort de leur parent. Ils rirent d'un humour noir quand l'un des leurs fut désigné, et se dispersèrent rapidement lorsque les gardes prirent leurs postes. Mucius pensa que c'était une chance que d'être garde, car la bête ne s'y attaquait jamais.
Il pénétra dans sa tente et ne prit pas la peine de retirer son armure. Quitte à mourir, autant que ce soit dans le plus bel appareil.

Lorsque Mucius s'éveilla, l'obscurité régnait encore sur le camp. Il ne devait pas être plus de trois heures du matin. Un froid glacial régnait secondé par un silence de mort. Mucius se redressa lentement de sa couchette et plongea les yeux dans ceux qui le fixaient. Des yeux vides et froids, désertés de toute émotion. Leur argent contrastait avec le brun des globes oculaires de Mucius. La bête ouvrit la bouche lentement, et une salive fumante tomba sur la genouillère de Mucius, qui se dissout en un horrible chuintement. La bête feula, puis referma sa gueule hérissée de crocs. Sa longue queue s'éleva alors d'un mouvement fluide et son extrémité caressa le visage de l'homme qui restait d'un calme impavide. Le corps ophidien se retourna alors et disparut par l'entrée de la tente. Une seconde suffit alors à Mucius pour savoir que c'était sa dernière chance d'éliminer la créature qui avait causé la perte de tant de ses hommes. Il se jeta à ses trousses.
Quand il sortit de la tente, la bête avait déjà disparu. Mais une des plantes semblait légèrement écrasée à un endroit. Mucius suivit cette piste. La bête quelle qu'elle fût avait fait l'erreur de passer trop souvent par le même chemin.
Mucius suivait toujours la piste, ne s'arrêtant jamais. Il commença à s'accoutumer à l'obscurité environnante, et à se rendre compte que certaines plantes n'étaient pas écrasées devant lui, mais lorsqu'il arrivait à leur niveau, elles portaient les stigmates du passage de la bête. Il en déduisit qu'elle n'était guère à plus de cinq mètres devant lui, ce qui le glaça d'autant plus qu'il ne la voyait pas. Mais quand il abaissa une énième foi les yeux, les plantes étaient redevenue normales. Il regarda autour de lui et ne vit rien. Seul le bruit de sa respiration saccadée tranchait le silence sépulcral de la nuit. Soudain, ses yeux s’arrêtèrent sur une zone d'ombre plus dense que les autres, une zone plus noire que le ciel abandonné de toute étoile, une zone plus noire que le vide sidéral. Et petit à petit, d'autres taches apparurent. L'une d'elle s'avança, et Mucius resta immobile, hypnotisé par les yeux iridescents de la bête. Il s'agenouilla alors en une ultime prière destinée à un empereur déchu...

Une navette fendit le ciel rouge de Nocturne. Son atterrissage fut violent, et toute la moitié postérieure de l'appareil manquait. De l'épave descendit un homme. Au sommet de sa gloire, il avait atteint le titre de maître de compagnie mais n'était plus aujourd'hui que l'ombre de lui même. Sur son épaule droite pendait un homme, et sa main gauche traînait le cadavre d'un être étranger. Il s'avança sous les yeux médusés des Salamanders, des siens. Il s'avança et s'effondra.

L'organisme qui causa la mort d'un quart de la troisième compagnie de combat des Salamanders fut identifié comme appartenant à la race tyranide, et plus spécifiquement à la catégorie «d'ombre funeste». Le commandant main de braise ne déposa jamais de déposition, si bien qu'on ne sut jamais ce qui se passa précisément sur le système Edana. Les maigres propos recueillis du capitaine et second Hervé Flam avant que ce dernier ne décède de ses blessures (voir le rapport médical pour plus de détails) ne suffisent qu'à expliquer comment lui et son commandant sont parvenus à atteindre la navette et à revenir sur Nocturne. La présence d'un liquide hautement corrosif dans la navette atteste de la présence de l'étranger durant le voyage.

Ce rapport préliminaire a été rédigé par Arnaud Tami le 27 septembre 41.027.

On découvrit deux ans plus tard que la flotte ruche connue sous le nom de NOSTROMO approchait dangereusement du système Edana, et le lien fut fait avec la créature ophidienne ramenée par Mucius main de braise, commandant de la cinquième compagnie des salamanders, qui a d’ailleurs personnellement tenu à mener la guerre contre la menace gzénos.


Je noterai tout de même le fait que certaines références tels que les ombres funestes ne sont pas développées car apparaissant dans mon premier topique sur la flotte ruche NOSTROMO.

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MessageSujet: Re: La main de braise.   Ven 2 Déc 2011 - 23:39

Il est désormais temps de donner une fin glorieuse à notre chère Mucius! Et il faut qu'elle soit digne de chansons, donc n'hésitez pas si vous ne l'aimez pas!
Je noterai tout de même que ce texte est le même que celui posté dans le sujet de la ruche Nostromo, car il met également fin à l'appétit de ma flotte ruche.

« May day! May day! May day! Sulaco à base, un organisme titanesque non répertorié en approche! Il sera dans nos retranchements d'ici 20 secondes! 19! 18! 17! 16! Empereur ayez pitié de nos âmes... »

« Mucius! Eh! Mucius, je te parle! » Mucius se retourna et vit Milan, un ami de longue date, et désormais remplaçant de Flam. Il lui jeta un regard assassin. Le maître de compagnie était torse nu, et il n'appréciait pas qu'on vit son bras mécanique au grand jour, accroché au moignon calciné qui fut jadis un bras vigoureux. Mucius enfila à la hâte une tunique et répondit au second qui attendait, aussi droit qu'un piquet. « Que me veux-tu donc ? Qu'est-ce qui est si urgent pour toi que tu ne puisses attendre mon levé ? » Milan contint sa colère et dit d'une voix froide: «Vous avez reçu une lettre d'elle. Elle se languit de vous.
 -Tiens donc. Elle se languit de moi ? Et bien elle attendra que cette affaire soit réglée. J'ai du travail, et il ne peut attendre. Elle comprendra que je l'aime.
-Comment pouvez-vous prétendre l'aimer alors que vous ne l'avez pas vu depuis votre retour! »
A ces mots, Mucius bondit tel un loup et enserra de sa main bionique le coup de Milan, ce dernier quittant le sol de quelques centimètres.
« Ne dites jamais que je ne l'aime pas ! Est-ce claire ?! Ne le dites jamais ! Vous ne savez rien de ce que je ressens pour elle ! Rien du tout ! Vous ne connaissez rien à l'amour ! »
Il relâcha Milan si violemment qu'il heurta le sol avec un craquement. Le second se releva lentement, ne s'appuyant que sur une jambe. Il prit la parole d'une voix désormais absente. « Qu'est il arrivé durant cette mission? Qu'est-il arrivé à Mucius Main de Braise pour qu'il oublie ses amis?
-Sortez.»
Milan tourna le dos à Mucius et sortit, d'un pas lourd mais fière. Le maître de compagnie s'effondra et enfouit sa tête dans ses mains. Il pleura.

La barge de bataille avançait à un rythme soutenu à travers le vide galactique. A ces côtés, nombres croiseurs et frégates fendaient les cieux à la rencontre de leur destin. Dans quelques temps se jouerait la plus grande bataille céleste à jamais avoir eu lieue depuis des millénaires. 6 chapitres spaces marines allaient affronter la mort cosmique, celle dont les origines remontent à l'aube des temps, dont la présence même défie l'espace et le temps. Aujourd'hui, l'homme affronterait la race la plus évoluée de l'univers. Aujourd'hui, l'homme affronterait le tyranide.
Plus de 1000 vaisseaux avaient été mobilisés, rassemblant l'élite de l'humanité. Salamanders, Ultramarines, Darks angels... tous avaient répondu à l'appel. Ce trouvait également des Crimsons Fists, des Sons of Orar et des Space Wolfes. Pour vaincre l'ombre de l'espace, rien n'avait été laissé au hasard. Les bio-vaisseaux dont on ne connaissait pas le nombre, devaient-être attirés dans un champs d'astéroïdes, où des mines de la taille d'un satellite devaient faire sauter les organismes sidéraux.
Un vaisseau de classe A avait été sacrifié pour les attirer dans le piège, et les hauts commandants ne toléreraient aucun faux pas. L'enjeu était bien plus important que la perte de nombreux chapitres, c'était tout l'Imperium qui risquait de sombrer dans l’abîme. La défaite n'était pas permise.

Mucius s'impatientait dans le poste de pilotage. A ses côtés, Marneus Calgar en personne, ainsi que Ragnar Crinière Noire. Les autres maîtres de chapitre se trouvaient dans une autre barge, et Vulkan Estan, qui dirigeait la guerre contre les eldars noirs du système Domitor, était absent. En fait, Mucius était la seule personne présent à n'être qu'un simple capitaine de compagnie, et cela l'énervait d'autant plus que son impatience contrastait avec le calme des deux autres. Ils l'ignoraient. Qu'y avait-il de si différent entre eux et lui, si ce n'était le titre? Tous portaient des armures terminator, tous étaient entraînés et infiniment puissants. Et ils le méprisaient, lui qui n'était qu'un simple capitaine. Calgar prit la parole: « Calmez-vous donc jeune homme, vous m’empêchez de réfléchir. » Ragnar ricana dans sa barbe. Mucius fulmina mais garda contenance: « Et réfléchir à quoi?! A votre prochain land raider? A l'armure énergétique que vous porterez lors de votre anniversaire? Je suis navré mais l'heure n'est plus à la réflexion: elle est à l'action. » Calgar perdit instantanément son sourire moqueur. « Jeune insolent! Comment osez-vous me défier, moi qui ai la meilleure expérience des tyranides que n'importe qui en ce monde?! Moi qui suis seigneur d'Ultramar depuis plusieurs siècle! Moi qui...
-Parce que votre orgueil est trop grande, parce que le pouvoir vous est monté à la tête. Parce qu'il serait temps de vous souvenir que vous n'êtes qu'un homme, et donc l'égal de tout sujet de l'empereur. »
Calgar se leva de toute sa stature. Mucius était relativement frêle pour un marine, et la constitution massive du maître de chapitre dominait celle du capitaine. « Vous ne m'avez que trop importuné. Rejoignez Nocturne avec vos hommes et laissez les vrais guerriers mener à bien leur mission.
-Vous êtes centenaire de beaucoup et pourtant, mon expérience de la vie vaut largement la vôtre. Ne me parlez pas de prétention ou d'ambition, j'en ai déjà fait les frais d'une manière que le monde ignore et qui pourtant est si forte qu'elle me ronge un peu plus chaque jour. Asseyez-vous et ravalez votre amertume, elle n'a pas de raison d'être face à moi. » La voix de Mucius et son regard étaient à ces mots si empreints de tristesse que Ragnar le prit en pitié. Mais il n'en alla pas de même avec le seigneur d'Ultramar. « Déguerpi... »
Un signal sonore mit brutalement fin à la discussion, ce qui permit certainement à Mucius de continuer de participer à la guerre. « L’Empereur nous protège murmura Ragnar. Calgar ouvrit la bouche, puis la referma. Mucius ne dit rien.

Ce fut une vision cauchemardesque que subirent toutes les personnes de l’alliance anti-tyranique. Devant il n'y avait qu'un seul bio-vaisseau. Mais en était-ce vraiment un? Il était semblable à un serpent de plusieurs kilomètres. De puissantes nageoires servent certainement à le diriger battaient à rythme lent le vide stellaire. Le long de son corps poussaient nombre de piques, et deux grands yeux sans pupilles, aussi froids que la nuit, fixaient l’avancée d'une armée dérisoire. Il ouvrit une gueule pouvant engloutir des étoiles, et poussa un cri si chargé de douleur et de haine que la plupart de ceux qui l'entendirent en devinrent irrémédiablement fous.
Mucius l'avait déjà vue. Il s'en souvenait. Il la connaissait. Il avait déjà contemplé son regard et vu au fin fond de son être. La créature qu'on aurait dit dénuée d’émotions avait en en réalité des joies, des douleurs, des malheurs. Voyant que ses deux compatriotes se serraient la tête dans leurs mains en se balançant d'avant en arrière, murmurant dans une langue inconnue, il décida de prendre les choses en mains. Il s'avança vers le micro et dit d'une voix claire et nette: « Camarades, nous avons devant nous le fléau de toute vie. Celui dont le seul but est de nous anéantir. Nous ne pouvons le laisser faire. Camarades, notre heure est certes arrivée, mais pensez à vos familles. Pensez à l'imperium. Pensez à l'Empereur. Aujourd'hui nous périrons, mais se sera sous le son des trompettes de la gloire, se sera sous le regard de l'Empereur. Ce sera pour... » Mucius eut une défaillance. Un instant, il pensa à elle. Il cligna des yeux et reprit: « Alors en avant fils de l'Empereur ! En avant Camarades! En avant mes frères! »
Et sur ce, Mucius prit les commandes de la barge. Mais alors que la bête se rapprochait, sa vue devint floue, et il tomba dans un épais brouillard.

Un puissant blizzard sifflait à ses oreilles, alors que le ciel était obscurci de nuages. Tout autour de lui, une brume irréelle flottait par bribes, lui laissant parfois le temps de distinguer une forme noire. Il releva la tête et vit. Devant lui se tenait une étrange femme. Sa peau était du noir le plus profond, et elle était vêtue d'une étrange robe de ténèbres qui n'en finissait pas de s'évanouir au rythme du vent. Sa tête, allongée, avait un visage rappelant celui d'un homme, mais qui était plus proche de celui d'un tyranide. Il n'y avait pas de doute sur sa nature: elle était la flotte ruche. Elle prit la parole. « M'entendez-vous ? » Mucius fut pétrifier. Elle ne parlait pas son langage, les informations allaient directement dans son cerveau. Elle sourit. « Quelle question. Vous ne pouvez faire autrement.
-Pourquoi voulez-vous détruire tout ce qui vit? Pourquoi désirez-vous dévorer le monde?
-La question est directe. Je suppose que votre race ne peut faire autrement. Voyez-vous jeune mâle, vous ne pouvez vous empêcher de raisonner comme un humain. Les seules choses que vous puissiez concevoir sont donc celle de votre monde. Ainsi...
-Vous détournez le sujet! Répondez-moi!
-Très bien, dit-elle d'un air lassé, nous, les tyranides, avons une idéologie très différente de la votre. En fait, nous faisons naturellement ce que les...(elle hésita) « Taus » font artificiellement.
-Je ne vous suis toujours pas.
-Cessez donc de m'interrompre! Il est déjà assez difficile de trouver les bonnes informations et de les traduire en votre mode de compréhension pour que je me soucie de soigner votre impatience!
Donc, les Taus ont abandonné leur individualité pour ne faire qu'un seul être aux multiples membres. Ces membres peuvent repousser, bien que cela, je ne vous le cacherais pas, soit difficile. Ainsi, nous pouvons sacrifier certains des nôtres pour parvenir à notre survie. Est-ce désormais clair?
-Cela ne répond toujours pas à ma quest... » Mucius fut alors foudroyé. Il venait de raisonner tel qu'un tyranide l'aurait fait, et avait compris.

De toutes les menaces qui courent sur l'Imperium, la plus terrible est sans doute l'ombre du warp. L'espace démentiel de la dimension chaotique ne connaît pas de loi. Il est, contrairement aux galaxies les plus éloignées, un autre monde. Sa physique nous est compréhensible, sa logique inaccessible. Nous ne pouvons comprendre de lui qu'une chose: tant qu'il ne sera pas détruit, nous serons en éternelle compétition avec cet autre logique. Et les démons, car c'est ainsi que l'on nomme toute espèce résidente de ce monde, ont l’avantage de pouvoir se rendre plus facilement de leur dimension à la nôtre que de la nôtre à la leur.
Ainsi, alors que la disparition de notre monde semble irréversible, seule l’espèce la plus évoluée, l'élite de notre monde, celle qui se sera adapté à tous les milieux et à toute chose, aura une chance de contrer l'autre menace. Et cette espèce n'est autre que les tyranides.

« Je ne vous crois pas. Les tyranides ne sont que des animaux, incapables de ressentir émotion ou déduction. Nous aussi, les humains, pourrions prétendre au titre de la meilleure espèce! Alors pourquoi pas nous?!
-Vos propos sont désordonnés et illogiques, dit l'étrange femme d'une voix douce. Votre raisonnement trop fermé refuse, ne serait-ce que l'idée, qu'une autre espèce puisse-être votre égale, ou même vous être supérieure. L'homme a pendant sept millions d'années prouvé sa capacité d'adaptation. Mais votre esprit est clos. Ce qui fait votre force fait aussi votre faiblesse. De plus, tel les Eldars des temps jadis, vous avez prouvé que le chaos pouvait avoir quelconque influence sur votre cœur, car même si c'est une aberration, vous les sentez plus proche de vous que de nous. Et c'est pour ceci qu'aujourd'hui, alors que nous devons nous préparer à la grande bataille de notre temps, nous vous dévorons. Certes pour accumuler des forces, mais surtout pour vous empêcher de défendre notre ennemi.
-Mais c'est faux! Nous aussi combattons le chaos avec bravoure, au péril de nos vies! Nous aussi combattons le chaos pour préserver ce qui nous est chère! Oui il y a eu des traîtres, oui il y a des renégats, mais il y a aussi de la pureté en l'humanité! Et un jour, à force de persévérance, les fils de l'Empereur vaincront.
-Mais vos propos ne tiennent toujours pas. Il y a quelques siècles, il ne serait même pas venu à l'esprit d'un homme de rejoindre le chaos. Et aujourd'hui, on estime qu'un tiers l'a déjà fait! Et le jour où vous devrez choisir entre nous et eux, c'est le chemin de la mort que vous emprunterez.
Mais mes paroles deviennent confuses et la souffrance me lacère trop pour continuer. Je vais donc vous laisser.
-Vous êtes consciente que, dés que je serais revenu à moi, je n'aurai d'autre but que de vous éliminer? »
La femme s'approcha de Mucius si près qu'il pouvait sentir sa peau froide contre la sienne, et lui murmura à l'oreille d'une voix si douce qu'elle lui rappela celle de sa mère.
« Mais voyons, c'est déjà fait.
-Je ne comprends pas... Ne deviez-vous pas...
-La race tyranide le devra, pas moi. La lumière des Eldars fut trop forte pour mon corps, et si en apparence je suis plus forte que jamais, un rien suffirait à me détruire.
-C'est à dire que...
-Je suis morte. »
Et elle s'évanouit.

« ...il se réveille...que s'est-il passé...mais de qui parle-il?...nous sommes sauvés!...il n'a pas resurgit...son destin est désormais entre les mains de l'Empereur. »

Mucius s'éveilla dans une chambre d’hôpital. Il la reconnut. Il était de retour sur Nocturne, et autour de lui se dessinait nombre de visages familiers. Il se redressa sur son séant et dit d'un air morne: «Nous avons gagné. » Milan lui sourit d'un air triste. « Oui, mais la douleur nous accable.
-Et pourquoi donc? »
Les hommes se regardèrent, et hochèrent la tête d'un air las.
« Commençons par le commencement. Quand le cri a été poussé, nombre d'entre nous ont sombré dans une terrible folie, ils étaient pétrifiés. Nous avions besoin d'un général pour maîtriser la situation, et quand nous sommes arrivés dans votre salle, nous vous avons trouvé tranquillement assis sur un siège, serrant Ragnar Crinière noire du bras droit et Maneus Calgar du bras gauche. Sur le moment, on aurait dit un père rassurant ses fils. Mais quand nous nous sommes approchés, vous étiez comme en transe, et vos yeux brillaient d'un éclat bleuté.
-C'était même assez terrifiant... »
Milan hocha la tête aux propos d'un officier et continua.
« Cela a duré une bonne heure puis, subitement, vous vous êtes levés et avez hurlé. Et c'est là que c'est arrivé...
-Le serpent c'est tout d'un coup effondré, en poussant un soupir roque. Et il s'est aller écraser conte une planète. Il a relâché quelques spores mycétiques, mais nous avons bien vu qu'ils étaient déjà morts. Et puis vous êtes tombé dans les pommes...
-Et vous voilà ici. »
Mucius hocha la tête aux mots de ses confrères, et dit d'un air absent.« Mais alors pourquoi tant de tristesse en vos cœurs? »
Milan hésita, puis déclara: « Elle est morte. » Ces mots tombèrent comme hache sur Mucius, qui n'en parut pourtant pas étonné. « Nous avons appris que le lendemain de notre victoire, une terrible maladie était tombée sur elle, et qu'elle n'en avait pas réchappé. » Mucius resta silencieux, puis rit d'un air fou: « Alors vous avez emporté votre dû, hein! Vous l'avez prise dés que votre part du marché avait été accomplie! Et bien soi! C'est bien! Je n'en attendais pas mieux de vous! » Et s'effondrant sur son lit, il regarda fixement devant lui d'un air vide. Ces camarades, lisent la folie dans son regard, fuirent la chambre qui ne serait par la suite plus jamais habitée.

Nocturne n'était par réputée pour ses paysages. De longues colonnes de pierre noire s'élevaient dans le ciel telles des bras accueillants... ou menaçants. De profonds canyons sillonnaient le paysage, abritant en leur sein une lave qui ne durcissait jamais. Le ciel, constamment masqué par une fumée âcre et chargée de cendres, ne procurait qu'un maigre éclaircissement à ce monde morne et sans vie. Mais cette terre, aussi hostile soit-elle, abritait salamanders et autres colons. Et cette planète était la leur, qu'ils n'abandonneraient pour rien au monde. Elle était leur monde, qui les avait façonné à son image. Elle était leur monde, qui avait marqué à jamais leur culture. Elle était leur monde, qui était leur seul bien. Ainsi ce ne fut pas sur un monde verdoyant et ensoleillé que les funérailles de celle qui fut, en un autre temps, la compagne de Mucius Main de Braise, eurent lieu. Ce dernier s'engagea à la suite de ses hommes dans le défilé qui devait les mener jusqu'au torrent de lave qui, jadis, avait emporté les aïeux de la morte.
Mucius leva lentement les yeux au ciel. Autour de lui, les parois de basalte s'élevaient en un dernier hommage à un être si insignifiant. « Que représentons-nous de toute façon, nous qui ne sommes que des hommes? » songea Mucius avec amertume. Il repensa aux morts qu'ils avaient connus. Il repensa à Flam, si fidèle envers lui et en ce qu'il représentait qu'il avait préféré mourir que de voir son commandant, son ami, tomber dans la déchéance. Il repensa à la Tyranide, qui s'était sacrifiée pour une cause dont, elle le savait, elle ne verrait pas l'aboutissement. Enfin il se rappela le vieil ork. Cet ork avait changé irrémédiablement le destin de Mucius, il avait tracé le chemin qu'il entreprendrait. A l'époque, tout était si simple! La bravoure et la foie en l'Empereur suffisaient à triompher du plus fore des ennemis. Mais quand cet ennemi était aussi attaché que vous ne l'étiez à sa cause, que faire pour le vaincre? Le sang de Mucius se glaça. Que faire quand vous êtes l'ennemi?
Un bruit de plongeon le ramena à la réalité. On le regardait autour de lui avec un air mauvais. Il comprit qu'on lui avait proposé de se recueillir une dernière fois sur le corps de celle qu'il aimait, et qu'il n'avait rien répondu. Il se retourna et, laissant les autres hommes derrière lui, s'enfonça lentement dans l'obscurité. Il retournait chez lui.

Les brumes l'entouraient. Autour de lui se profilaient d'étrange silhouettes qui disparaissaient à peine étaient-elles apparues. De longs corps sinueux côtoyaient des formes bouffies qui ne cessaient de changer en des créatures si dérangeantes que seul le fou aurait pu les décrire... et y survivre. Au loin, les cris languissants des âmes perdues côtoyaient les hurlements des damnés. Dans les cieux, une ombre sans fin noyait les étoiles dans une abîme de douleur, de ténèbres et de haine. Au centre de ce tourbillon de souffrance se tenait Mucius, flottant tel un ange déchu. Devant lui les brumes s'écartèrent en un hurlement déchirant laissant apparaître une lueur rougeâtre. Mucius sentit sur lui une chaleur suffocante, étrangement accompagné de la froideur de la mort. Une intense sphère d'une lumière démoniaque apparu devant lui, et rit du rire que prend l'angoisse lorsqu'elle vous tient entre ses mains. Lancinante, sa voix aurait fait sombré quiconque dans la folie si elle ne l'avait déjà entendu. « Ton offre a été des plus délicieuses, je dois le dire. Ce n'est pas tous les jours qu'on goûte à une âme pure et vierge de tout vice. Mais ce que je me demande c'est... (il ricana) enfin ce que je devrai sme demander si j’étais franc, pourquoi es-tu revenu?
-Le marché n'était pas équitable. Vous étiez gagnant.
-Mais je ne suis pas du tout de ton avis... (un hurlement atroce vint du fond de la sphère, un hurlement de femme) je me délecte de ton présent.
-Vous ne m'aviez pas exposé toutes les facettes de l'accord, ni ce que cela représenterait!
-Faux. La victoire contre les tyranides contre la vie de ta copine. (il rit de plus belle) Magnifique! Je fais des rimes!
Mucius ne jugea pas nécessaire de relever que c'était faux.
-Mais vous ne m'aviez pas dit que cela représenterait votre victoire sur le vivant! Votre victoire sur le monde matériel!
-Le marché se fait sur l'instant. Il n'est nul besoin de parler de l'avenir. Ni d'ailleurs du passé. »
Mucius sentit une terrible torpeur l'envahir. La sphère revint dans les brumes qui l'avaient abritée, et il savait que là où elle allait, il ne pourrait la rejoindre. Il rassembla toute sa colère et tonna:
« Je vous défie! »
Un grand silence se fit. Le temps sembla s'arrêter, les silhouettes jusqu'alors en constante évolution s’arrêtèrent. Puis la sphère fonça sur Mucius et l'enveloppa de toute sa taille. L'homme se retrouva alors face à une entité qu'il ne pouvait concevoir, hors de l'espace et du temps. Il ferma les yeux, mais elle était dans son esprit. Il les rouvrit alors et fit face. Le seigneur de l'Imaterium gronda alors: « Depuis que je suis en ce monde nul n’osa me défier jusqu'à toi, jeune homme.
-Ne connaissant votre nom je ne puis le savoir.
-Ceux d'entre vous m'ont appeler Ian Dalomo, Eten Diuece, Tzeentch.
-Je n'en ai que faire...
-Sais-tu comment naît un dieu?
-(Mucius hurla d'une voix qui se voulait forte mais dont la peur transperçait à chaque intonation) Non! Je l'ignore...
-Et bien sache qu'à chaque fois qu'un être a une idée, elle donne naissance à un esprit, que l'on nomme génie. Ces génies sont généralement faibles et sans importance. En fait la plupart n'ont même pas de conscience à part entière. Il y a des millions de ces génies, en fait il y en a un par idée. Et plus cette idée se diffuse, plus le génie gagne en puissance et en pouvoir. Mais quand cette idée est adoptée par un peuple, que des millions d'êtres pensent la même chose, alors ce génie devient un dieu. Un dieu est un génie adopté par un peuple. Les plus puissants des dieux sont ceux nés des émotions mêmes d'un peuple. Ainsi l'un des plus puissants d'entre nous est le dieu de la peur. C'est d'ailleurs pour en revenir à tes amis les tyranides la raison pour laquelle on ne peut nous vaincre. Car le seul moyen de nous faire disparaître serait qu'il n'y ait plus d'être pour nous imaginer. »
Mucius sentit alors une vive douleur partout en son corps. Il ne pouvait la fuir. Elle était lui.
« Tu ne peux donc ne serait-ce que me vaincre car je suis l'idée du mal incarnée. Vous m'imaginiez si puissant que je le suis devenu!
-Écoutez mon défi!
-Quand tu étais devant les tyranides, alors que tu sentais ta fin proche et que tu cherchais désespérément un moyen de survivre pour prévenir ton peuple de la menace approchante, quand tu suppliais ton Empereur de venir à ton aide, est-ce lui qui est venu?! Est-ce lui qui t'a répondu?! Non! C'était moi! Moi qui t'ai proposé un marché, moi qui t'ai écouté! Et aujourd'hui tu oses me défier?
-(la voix de Mucius était plaintive et des larmes coulaient sur son visage) Mais je ne savais pas...
-Tu as alors décider de sacrifier ton amie! Il ne t'était tout simplement pas venu à l'esprit de me demander d'aller prévenir ton commandant de l'approche gzénos, sauvent ainsi ton peuple! La sauvant elle!
-Pardonne moi...
-Non! Non! Elle ne te pardonnera pas, toi qui l'as vendue! Toi qui n'as même pas eu la force de le lui aller dire! Elle te vois désormais tel que tu es, elle voit le monstre!
-Nooooon!!! »

Milan avait horreur de son commandant. Il le détestait d'autant plus qu'il l'avait autrefois aimé. Quand il arriva avec sa lettre de démission à la chambre de Mucius, il le trouva allongé, torse nu, ses yeux torturés plongés dans une abîme sans fin. Il appela un médecin, qui lui dit qu'il ne savait pas ce qui se passait. L'état du capitaine était stable et pourtant il semblait souffrir le martyr. Ses yeux toujours ouverts et son visage reflétaient un effroi tel qu'aucun homme n'en avait jamais connu. Quelques temps après alors que l'étrange coma se prolongeait, des hommes de l'Ordo Malleus étaient allé emporter le corps dont même les spasmes de l'agonie avaient déserté les muscles. De sa main tomba un papier, froissé. Milan le ramassa et y lut:

Imaginez donc, le plus beau des paysages.
Des prairies vallonnées, aux longues herbes brunes.
Au centre se trouvent deux lac, dont le bleu est si pur,
Que même le ciel ferait pâle figure.

Imaginez donc, le plus beau des paysages.
De grandes forêts noires, par dessus les lacs.
Dont les reflets d'azurs,
Dessinent de longs arcs.

Mais les lacs ont débordé,
En dernier signe de pureté.
Les eaux se sont taries,
Et les forêts se sont défraîchies.

Imaginez donc, le plus triste paysage,
Dont la clarté est partie,
La splendeur, évanouie.
Mais des vestiges sont restés,
Tels des espoirs de passage.
Et la beauté perdurera,
Même si c'est celle du soir.

Milan pleura. Il reconnu le poème enfantin que Mucius avait écrit à la mort de sa sœur. Mort qui l'avait décidé, malgré son jeune âge, à rentrer dans le corps des salamanders. La perte de sa sœur avait en effet été pour Mucius un tel traumatisme que son caractère en avait été altéré à jamais. Il était devenu triste, froid, violent. Mais il se rappela qu'on était en train d'emporter le corps de son ami vers des endroits où l'on lui réservait des soins dont nul homme n'avait réchappé. Milan s'élança vers la navette, mais trop tard. Elle fendait déjà les nuages de Nocturne. Milan s'effondra, le regard vers le ciel, et cria. Mucius n'était plus.
C'est ainsi que les salamanders attendent toujours, sans grand espoir certes, mais néanmoins , le retour d'un héros de leur chapitre. Ils savent en effet dans leurs cœurs que celui qu'il espèrent n'est pas mort et, qu'un jour, il reviendra aux côté de leur primarque.
C'est ainsi que les annales des salamanders relatent l'histoire de Mucius Main de Braise, Capitaine de la Cinquième compagnie de combat des Salamanders.

Mucius se sentait déchiré, emporté de toute part par des mains de ténèbres. Mais il n'y résista pas. Il savait où l'on emmenait son corps, dans les limbes éternelles de la douleur. Il le méritait après tout. La seule chose qu'il regretta fut de ne pas avoir sauvé celle qu'il aimait, et c'était l'idée de sa douleur qui le faisait le plus souffrir. Une larme coula sur sa joue. Il plongerait dans les limbes, et il y serait seul.

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Dernière édition par L'ombre funeste le Dim 4 Déc 2011 - 16:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La main de braise.   Dim 4 Déc 2011 - 12:49

Magnifique, tu as vraiment un don (tu dois lire énormément pour en arriver à écrire aussi bien).
Mais je n'ai lu que très rapidement cette histoire et je voudrais savoir si Milan est un sm ou un garde:
-car si c'est un sm, il ne peut démissionner
-et car si c'est un garde, il ne peut pas être sous les ordres direct d'un sm.
Mais bon, ce ne sont que des détails, continu comme ça.

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MessageSujet: Re: La main de braise.   Dim 4 Déc 2011 - 14:15

J'aime bien, c'est 'achement bien écrit.
Par contre deux trois trucs:

Citation :
«Vous avez reçu une lettre d'elle. Elle se languit de vous.
-Tiens donc. Elle se languit de moi ? Et bien elle attendra que cette affaire soit réglée. J'ai du travail, et il ne peut attendre. Elle comprendra que je l'aime.
-Comment pouvez-vous prétendre l'aimer alors que vous ne l'avez pas vu depuis votre retour! »
Alors là je ne sais pas si ils parlent vraiment d'une demoiselle, mais chez les marines le concept d'amour et d'hérésie doit être à peu près le même.

Et aussi ça :
Citation :
Mucius s'impatientait dans le poste de pilotage. A ses côtés, Marneus Calgar en personne, ainsi que Ragnar Crinière Noire. Les autres maîtres de chapitre se trouvaient dans une autre barge
Alors je ne sais pas ce qu'ils vont péter, mais trois maîtres de chapitre dans la mâma barge Shocked Lors de la destruction de Behemoth, il n'y en avait qu'un seul, hein.

Ensuite le mec qui rencontre l'Esprit de La Ruche d'une flotte (déjà sous forme de femme, mouais bon admettons) qui lui fait la conversation limite en prenant le thé, là j'adhère pas. Les tytys sont trop différent des humains pour se comprendre, j'aurais vu une conversation nettement plus barrée, mais bon c'est personnel...
Autre chose, que Mucius scelle un pact avec un démon, pourquoi pas. Par contre avec Khorne... Faut pas abuser quand même, déjà un démon majeur ne pactisera quasiment jamais avec un humain pour moins de la moitié de la galaxie, alors Khorne... (en plus c'est plutôt Nurgle qui te sauve de la mort, Tzeentch à la rigueur...)
Voilà c'est tout ce que j'ai relevé, sinon c'est parfait Wink

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MessageSujet: Re: La main de braise.   Dim 4 Déc 2011 - 16:33

Merci des conseils! Khorne a d’ailleurs été remplacé par Tzeentch (j'aime beaucoup Nurgle mais il ne correspondait pas à mes attentes). Sinon pour mes marines... et bien... Disons qu'ils ont une conception assez particulière du codex astarte. Very Happy

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MessageSujet: Re: La main de braise.   Dim 4 Déc 2011 - 21:31

Mdr, j'imagine mal un marines amoureux (et vous?), ça doit être drôle (tient la tête de l'ork que j'ai tué hier).

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MessageSujet: Re: La main de braise.   Lun 5 Déc 2011 - 17:00

Je n'ai pas le codex Marines, mais je crois que c'est des Moines-Guerriers, alors des Moines amoureux??? Après vu la tête du mec avant, il ne m'a pas l'air de respecter les conventions. Vu sa façon de rembarrer Marneus Calgar et de créer une compagnie bille en tête, ça ne me parait pas trop étrange. Sinon j'aime bien ta façon de décrire la flotte-ruche, mais c'est dommage que tu la détruise.

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MessageSujet: Re: La main de braise.   Lun 5 Déc 2011 - 17:08

Oui, c'est un peu dommage (encore de la biomasse perdu en vain), et les sm ne peuvent être amoureux (cela du au conditionnement psychologique que nécessite l’intégration de l'aspirant dans le chapitre).
Ce sont quelques petites erreurs mais c'est tout de même très bien dans l'ensemble.

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MessageSujet: Re: La main de braise.   Sam 21 Juin 2014 - 21:01

Cela fait déjà longtemps que j'ai écris cette histoire, à une époque où l'univers de 40k m'était encore assez inconnu. Et une époque où j'avais un style d'écriture assez différent aussi...
Mais comme le concours de juin m'a relancé dans mon projet Salamander, j'ai décidé de reprendre le texte d'origine dans son intégralité, pour corriger un maximum de lourdeurs, de fautes d'orthographe et surtout d'incohérences dans le background. Et même si ça reste le même texte, j'espère qu'il sera un peu moins indigeste. Voili voilou. Donc maintenant, les première et deuxième parties version 2.0. ^^


C'est à l'âge de Dix-sept ans que Mucius intégra la troisième compagnie des Salamanders. Nul ne su jamais quelles prouesses, étant scout, il avait accompli, aussi son jeune âge fut-il le sujet de fortes polémiques. Mais personne ne lui posa de question, car il émanait de lui comme un aura, qui poussait tout homme sur son passage à s'écarter respectueusement, fut-il son supérieur.
Très tôt, Mucius se fit remarquer par ses supérieurs hiérarchiques. En effet, lors des entraînements, les recrues le suivaient comme un chef naturel. Non parce qu'il était le plus fort, ni même le plus intelligent, mais on sentait en lui une telle détermination que quiconque se battait à ses côtés avait l'impression que la victoire était imminente. Et très vite, le jeune homme monta en grade. En cinq ans, le jeune Mucius passa du rang de scout à celui de sergent, et ce en n'ayant participé qu'à un seul véritable combat. Cinq années plus tard, on le voyait parmi les dévastators. L'année suivante, les marines d'assaut le comptaient dans leurs rangs. Et après seulement dix ans de services au sein du chapitre, il était le sergent d'une escouade tactique de la troisième compagnie. Aussi les bruits commencèrent à courir que l'homme était un imposteur, qu'il corrompait ses supérieurs afin de gagner du pouvoir, et qu'un jour ou l'autre, il renierait les préceptes du Codex Astartes.
Mais les rumeurs ne durèrent guère, car cinq ans après avoir intégré la troisième compagnie, Mucius partit en guerre.

En effet, la Waaagh ! Gazoku était passée outre les défenses d'un monde ruche et préparait le massacre de milliards d'individus. Il fallait faire vite, car si Nocturne se situait non loin de la planète assiégée, le trajet serait long et les pertes humaines certainement fortes à l'arrivée des space marines. Le haut commandement manda donc la troisième compagnie de se rendre à la rencontre de la marée verte dans le but de l'endiguer et ainsi permettre à d'autres chapitres de venir en renfort pour l'éradiquer.
Quand deux mois plus tard, elle arriva sur le monde ruche, une bonne partie de la planète avait été détruite par les assauts répétés de la Waaagh !, que les salamanders ne tardèrent pas à localiser. Ils débarquèrent près d'une ville encore vierge de combats et y installèrent leur quartier général. Cela fait, ils se préparèrent à la guerre. Les rôles furent distribués, et Mucius dut rester en arrière diriger les équipes d'armes vouées au soutient des troupes d'assaut. Un rôle qui lui déplut fortement, mais il ne dit mot.

La bataille s'engagea dans la plaine qui s'étendait aux pieds de la cité. Les Orks fonçaient. Que ce soit à pied ou à bord de leurs chariots de guerre, leur avance implacable s'accompagnait de cris gutturaux et de champs blasphématoires. Non loin, des bandes de greetchins s'affairaient à amorcer des armes dont la moitié exploserait dès le premier tir. De l'autre côté du champ de batailles, les spaces marines marchaient vers la gloire... et la mort. Les fils de l'empereur n'étaient plus qu'à quelques mètres des Orks... et le véritable carnage commença. Les lames énergétiques tranchaient dans la chaire sous le grondement des épées tronçonneuses tandis que des balles tombaient avec le rythme clair d'une pluie de mort.
Et pendant ce temps, lui, Mucius, devait rester sur les remparts, à commander les tirs de machines qui ne tireraient pas avant les ordres des commandants. Des ordres qui ne venaient pas. Quel honneur y avait-il à rester en arrière, loin des combats ? Quel honneur y avait-il à attendre que les autres fassent le travail? « Aucun ! », rugit-il en suscitant l'étonnement général. Lui-même resta quelques instants abasourdi par sa réaction, mais il se reprit lorsqu'une explosion fit s'effondrer un pan entier de mur non loin de son poste. « Venez ! Mes frères ! Nous ne pouvons rester ici à attendre que les autres se fassent tuer ! C'est par le glaive et par le sang que s'écrivent les légendes ! Non derrière des lances-pierres, dans l'attente des ordres de l'arrière ! Rejoignons-les, ceux qui combattent, et partageons leur gloire ! » Et faisant fi des ordres pourtant strictes de ses supérieurs, Mucius s'élança dans la brèche, entraînant avec lui une trentaine de spaces marines. Mais s'ils étaient l'élite de L'Imperium, la plupart d'entre eux étaient des dévastators, encore jeunes et relativement inexpérimentés. Certains n'avaient même jamais connu de véritables mêlées. Et c'est alors qu'ils s'enfonçaient dans les lignes ennemies qu'un squiggoth d'une taille cyclopéenne surgit de nulle part, écrasant tout sur son passage.
Le haut commandement, jugeant la menace assez importante, ordonna à Mucius et à ses armes lourdes de faire feu. Ce n'est qu'à ce moment qu'il se rendit compte que le sergent n'était plus à son poste. Mucius, lui, était aux pieds des murs, hurlant au désespoir devant ses camarades piétinés par la bête. Devant l'échec catastrophique de sa percée, il ordonna quelque chose qu'il n'aurait jamais cru ordonner. Il ordonna la retraite.
Mais l'assaut continuait, toujours aussi violent, et reculer d'un mètre était en soi une victoire. Mucius se battait désespérément avec ses hommes, lui toujours pour un peu de gloire, les autres pour leurs vies. Petit à petit, sa fureur le reprit. Comme un lion, il tranchait dans la masse comme dans du beurre. Son rugissement dépassait même celui de son épée tronçonneuse. À vouloir être un héros, il en oublia malheureusement qu'il n'était qu'un homme, et lorsque le dernier de ses frères de bataille tomba, la marée verte l'engloutit. Quelque chose de dur heurta sa nuque, ses yeux se voilèrent et il s'effondra.

Quand Mucius se réveilla ses pieds et ses poings étaient liés. On lui avait retiré ses armes et son armure, ce qui le laissait presque nu. Il ne lui restait que son caleçon, ce qui l'atteint quelques instants dans son intimité avant qu'il ne se rappelle que seuls des orks pouvaient le voir. Il se trouvait dans une hutte relativement vaste, quoique basse de plafond. La toile tendue au dessus de sa tête laissait apparaître une ouverture circulaire en son centre, par laquelle on pouvait voir un ciel obscurci par le brouillard des batailles. On pouvait également y distinguer quelques patrouilles de kopters survolant le campement. Sous cet orifice se trouvait un brasero, dont il émanait une étrange odeur de poubelle. Mis à par ça, la pièce était relativement vide bien que quelques coffres et sacs s'entassaient dans des coins. Mucius remarqua, au bout de la tente, une forme qui paraissait vivante. Il se releva péniblement et s'avança un peu avant de s'arrêter. Accroupi sur un tapis usé se tenait un vieil ork. Celui-ci ne resta que quelques instants immobile avant de relever la tête. Le geste était lent et fluide, ce qui étonna le jeune homme qui connaissait les orks pour leurs gestes brusques et saccadés. Le vieillard ne dormait plus. Il ouvrit les yeux et fixa le jeune astarte.
Mucius tomba alors comme dans une rêve. Il s’abîma dans les yeux aveugles de cet ork sans âge. Il ressentait de la répulsion pour lui et pourtant, un côté de lui-même respectait cet être qui était probablement plus vieux que n'importe quel homme. Cet état de contemplation put durer quelques minutes comme des heures, mais l'ork finit par prendre la parole.
« Sais-tu pourquoi tu es ici ? », demanda-t-il à Mucius. L'homme restant silencieux, l'ork sourit et reprit.
« Tu es ici parce que tu es orgueilleux et arrogant. C'est d'ailleurs pour cela que tu t'es engagé dans les rangs du chapitre. Est-ce que je me trompe ? » Mucius cligna des yeux, stupéfait. « Comment savez-vous cela?
-Je peux lire en toi comme dans un livre ouvert. C'est ainsi que je sais que tu me respectes, et j'en connais aussi la raison... Mucius, tu es tout sauf sage, en fait, il n'y a aucune once de sagesse en toi. Et cela t'empêche de reconnaître celle des autres. Voilà pourquoi tu as eu la stupidité de désobéir au commandant, te lançant dans la bataille au lieu de rester couvrir tes... comment dire... amis ? Enfin... Passons, je ne suis pas là pour te réprimander. Vois-tu, il se trouve que comme je suis un ork et non un homme, tu ressens tout de même quelque chose en me voyant. Un tout petit brin de sagesse. Et c'est ça qui te permet de savoir que je suis un vénérable... Il soupira. Dis-moi, Mucius. Les Orks valent-ils vraiment moins que les humains ? Nous sommes anciens, très anciens, et d'une grande sagesse ! Nous paraissons barbares aux yeux des autres, mais n'est-ce pas eux qui nous ont rejeté de par notre... notre ''laideur'' ! Dis-moi... Il est vrai que nous ne vivons que pour nous battre. Mais c'est notre nature. C'est dans nos gênes. Tandis que vous, space marines, vous avez été volontairement créé pour cette tache : la guerre. Alors, dis-moi, êtes-vous réellement plus nobles que nous ? »
Ces mots firent l'effet d'une douche froide à Mucius. « Tout ceci n'est que mensonges ! Oui j'ai de l'orgueil, oui je ne suis peut-être pas un exemple de sagesse, mais je ne suis pas dénué d’émotions ! Et ce contrairement à vous, les Orks ! Vous ne vivez que pour vous battre, je ne vis que pour la guerre. Mais vous, vous vous complaisez dans la violence et la destruction ! Vous me répugnez.
-Mais, vous, les humains, n'êtes-vous pas pareils ? Lorsque vous incinérez des milliers des nôtres, ou même lorsque vous vous entre-tuez au nom de vos dieux différents ?
-Non. Il y a une chose qui nous différencie de vous. Nous, les humains, avons le courage. »
Sur ces mots, Mucius s'avança vers le brasero et y déposa sa main. Elle s'embrasa. Les flammes bleues dévorèrent la chair avec tant de véhémence qu'en un instant, il ne restait du membre qu'un reste calciné.
Le vieil ork était certes aveugle, mais il pouvait ressentir la douleur silencieuse de Mucius. Il sauta sur ses jambes en criant. « Cesse cette folie ! Tu te fais plus de mal que je n'oserais en faire aux autres et je te louerai si tu étais l'un des miens ! Arrête je t'en prie ! Je te libère ! Je te gracie de tout châtiment mais je t'en supplie arrête ça ! Je te rends même tes armes ! Elles sont entreposées dans les sacs non loin de toi. Mais repars vite! Ou peut-être reviendrais-je sur ma décision.»
Mucius retira alors sa main du feu, s'amusant de voir le vieil ork agiter la sienne comme si elle avait elle-même brûlé. Il enfila promptement son armure dès qu'il trouva les sacs, heureux de retrouver le contact rassurant de la céramite sur son corps. Il eu malgré tout une grimace de douleur en fixant les plaques de son bras droit. Plutôt que de garder son gantelet avec lui, il le déposa au milieu des flammes. Il regarda la suie se déposer lentement sur les écailles vertes, qui s'embrasèrent d'un coup en une gerbe de flammes bleues. Puis il repartit, sans un regard en arrière, laissant le vieil ork affalé sur lui-même, l'air hagard. Il se demanderait par la suite pourquoi aucun ork ne l'avait arrêté dans le camp.
La plaine désolée qui s'étendait entre le camp ork et la cité était jonchée de milliers de cadavres, humains comme xenos. Les spires calcinées de la ruche s'effondraient unes à unes, le fracas de leur chute se joignant aux hurlement des civils massacrés. Mucius comprit vite qu'il n'y avait pas de survivants dans les niveaux inférieurs. Les derniers rescapés devaient s'être retranchés dans les recoins les plus éloignés. Mais ce qui l'étonna, ce fut de ne trouver aucune trace de la troisième compagnie parmi les dépouilles. Jamais les enfants de Vulkan n'auraient abandonné des civils à leur sort. Où étaient-ils donc ? Il allait s'engouffrer dans les dédales de la cité lorsqu'un grondement sourd lui vrilla les tympans. Il leva les yeux et vit. Dans le ciel s'approchaient dix thunderhawks, marqués de la tête de salamandre, perçant les nuages jusqu'alors trop rouges du sang des hommes. La plupart bombardèrent le campement ork, mais l'un d'entre eux alla vers les portes de la cité. Mucius comprit alors qu'il était sauvé.

Une fois la cité reprise et les survivants mis en sécurité, Mucius participa activement à la purge du monde ruche. L'apothicaire de la compagnie ayant été tué, le sergent dut apprendre à combattre sans sa main droite. La réputation du gaucher commença à se répandre, et bientôt on ne parlait plus que de ses prouesses dans les cités où, à une main, il avait étranglé un seigneurs de guerre ork ou arrêté la course d'un char d'assaut. En un mois, la domination ork tomba et les peaux-vertes furent chassées de la planète. La vie pu enfin reprendre son cours dans les villes saccagées par la guerre, et on célébra celui qui fut définitivement appelé ''la main de braise''.
Lorsqu'il revint sur Nocturne, Mucius fut accueilli en héros par les salamanders. L'honneur immense d'intégrer les rangs de la première compagnie lui fut même proposé. Mais au désarroi de tous, il refusa. Son désir était en effet de rassembler une organisation particulière au sein du chapitre, spécialisée dans les assauts brutaux et sans stratégies. Il chercha à convaincre le reste du chapitre que ce n'était qu'en suivant son exemple qu'on obtenait une véritable gloire. La confiance aveugle en l'Empereur et en son inspiration, la dévotion de celui qui se lance sans réfléchir dans l'inconnu, c'était là les lignes de vie de Mucius. Mais elles furent jugées déviantes par la plupart des membres du chapitre. Dans les rangs des soldats, qui jusque là respectaient Mucius, on commença à se méfier de ce sergent trop ambitieux. Les salamanders avaient toujours été très humanistes et méprisaient l'individualisme, tandis que Mucius voulait mettre en avant la recherche de la gloire personnelle. Malgré cela, il gardait une certaine influence, en particulier chez les plus jeunes membres du chapitre.
Comme des tensions commençaient à naître entre les compagnies favorables au sergent et celles qui s'en méfiaient, il fut finalement décidé qu'une formation spécifique serait créée, le temps d'une campagne. Placée sous les ordres de Mucius, son avenir dépendrait de son efficacité. Personne ne pourrait ainsi défendre ou attaquer son existence tant qu'elle n'aurait pas montré ce dont elle était capable. C'est ainsi qu'au sein du chapitre des Salamanders naquit la formation de la Main de Braise, une formation d'assaut dont la vocation serait d'entraîner les guerriers aux combats les plus violents, et qui resta en activité tout du long de la vie de Mucius. Une vie durant laquelle il ne cessa de penser au vieil ork aux yeux bleus, bleus comme les flammes de son brasier.

La vie de Mucius marqua profondément le chapitre des Salamanders et pourtant elle fut courte. La première campagne menée par les membres de la Main de Braise fut un triomphe, qui chassa les pirates Eldars de tout un système. Les années s'écoulèrent alors, durant lesquelles de jeunes marines se distinguèrent plus qu'ils n'auraient pu le faire en une vie dans une compagnie conventionnelle. Mais dix ans après la naissance de la formation, celle-ci fut envoyée enquêter non loin des Astres Fantômes, où des mondes primordiaux disparaissaient un à un sans explication...

Quelque chose manquait à Edana. Toute planète avait quelque chose qui faisait d'elle un foyer de vie, et non un simple morceau de roc dérivant dans l'espace. Mais Edana, elle, ne l'avait pas. Était-ce l'absence de plaques tectoniques ? Était-ce sa gravité quasi nulle ? Mucius n'aurait su le dire. Chaque animal, chaque plante lui semblait être un masque au sourire froid. Comme ces clowns amplis de douleur qui souriaient aux enfants pour les rassurer, alors que l'ombre ne cessait de s'étendre dans la galaxie.
Mucius fut tiré de sa rêverie par un marine à l'air blasé. C'était le sergent Flam, un vétéran de la formation qui avait déjà entendu les craintes de Mucius mais qui n'en avait cru mot. La planète était si belle : pourquoi fallait-il que son supérieur voit le mal partout ? Lorsqu'il regardait l'horizon depuis les falaises qui abritaient le campement, le second voyait des aiguilles rocheuses couvertes de plantes s'élever dans le ciel comme des bras accueillant. Tandis que Mucius, lui, percevait autant de dents prêtes à se planter dans sa chaire.
Le sergent poussa un soupir de résignation et prit la parole. « Nous avons sécurisé le périmètre et débuté la construction de l'avant poste, mon commandant.
-C'est bien », répondit Mucius d'un air absent. Flam perdit toute contenance et relâcha toute la colère emmagasinée depuis le début de la mission.
« Écoutez Mucius, je vous parle en tant que second mais aussi en tant qu'ami ! Votre attitude n'est pas digne d'un commandant, et encore moins de vous ! Cette mission est d'une importance capitale et nous risquons d'échouer à cause d'une paranoïa passagère ! Il est temps de vous reprendre ! Vos hommes vous suivent depuis dix ans et c'est la première fois qu'ils doutent de vous ! Alors réveillez-vous et dirigez ceux qui en ont besoin ! »
Mais Mucius ne l'écoutait pas. Il était déjà loin, dérivant dans une angoisse sans nom. Flam l’invectiva, mais il ne s'en rendit pas même compte. Tout ce qu'il voyait était une ombre qui s'étendait lentement sur ce monde mort.

Flam revint à sa tente, maudissant Mucius et ses paranoïas. Il n'y avait pas plus simple comme mission. C'était la même chose depuis un mois passé dans ce système aux planètes couvertes de jungles. Ils devaient débarquer, ériger un avant poste, relever quelques indication qui ne les avanceraient à rien, faire quelques prières à l'Empereur et repartir pour Nocturne avec le sentiment d'avoir sécurisé une infime partie de la galaxie. La sécuriser de quoi d'ailleurs ? Ces mondes étaient gardés sous la coupelle de l'Imperium pour leurs quelques matières premières, mais elles étaient pauvres. Si les quelques colons qui y vivaient avaient cesser de répondre aux communications, c'était probablement parce qu'ils avaient été dévoré par une quelconque bête .
Flam se servit une bière et s’enfonça dans son lit de camp. La vie continuait après tout, et au matin, Mucius se serait rendu compte qu'il s'était comporté comme un enfant.

Mais la nuit n'est pas toujours synonyme de repos, car alors que Flam dormait d'un sommeil sans rêve, un hurlement strident retentit dans le camp.
Le sergent se réveilla en sursaut et, armé de son seul bolter, il déboula de sa tente. Mais le mal était déjà fait car lorsqu'il s’avança, il n'eut que le temps de distinguer une ombre, plus noire encore que la nuit, qui disparaissait dans les fourrées. Et avec elle disparaissait un marine.

« Ma décision est prise. Nous resterons et lutterons contre le mal auquel nous avons affaire. » Le point de Mucius avait heurté la table avec une telle violence que l'acier s'en était retrouvé défoncé. Deux mois s'étaient écoulés depuis le premier passage de la bête, et depuis, chaque nuit avait été le théâtre d'une disparition. « Ce n'est pas raisonnable, dit Flam en regardant les restes de la table. Je ne sais pas ce qui a frappé mais la moitié de nos hommes ont disparu sans laisser de trace, et il y a fort à parier qu'ils ne sont plus de ce monde. Il faut se rendre à l'évidence, Mucius. Nous sommes confrontés à une forme de vie face à laquelle nous ne pouvons lutter. Il faut retourner sur Nocturne et revenir avec des troupes spécialisées.
-Il y a encore trois mois, vous me traitiez de parano, et maintenant, vous vous dérobez comme un lâche ?! Une ombre pèse sur nous et finira effectivement par causer notre perte à tous si nous sommes laches. Nous ne faisons pas face à une simple bête, mais à ce qui a fait disparaître des astres voisins de nos radars, vous devriez en prendre conscience vous aussi. Alors libre à vous de faire ce que vous voulez, mais si vous êtes aussi pleutre que vous en avez l'air, alors quittez ce camp et cessez de piocher dans les stokes de nourriture ! »
Flam se leva et dit d'un air froid. « Je vous laisse à vos débats et à vos préparatifs de guerre. Moi, je vais tenter de retrouver nos amis disparus, dans l'espoir de ramener leurs corps. Je vous souhaite bonne chance. »
Flam sortit sous les regards hébétés des autres officiers. Ses mots étaient confus mais firent l'effet d'un coup de marteau. La dissolution interne avait débuté.
Lorsque Mucius sortit, un immense abattement pesait sur lui. Un froid glacial l'envahissait et la planète pourtant grouillante de vie lui semblait plus morte encore qu'à l'accoutumée. Aucun mot n'avait été prononcé depuis le départ de Flam, et il trouva son insigne de sergent au pied de la tente de réunion. Il était donc parti pour de bon. Mucius s'enfonça dans la forêt environnante et s'effondra. Il pleurait. Cela faisait dix ans que Flam l'accompagnait. Il l'avait vu intégrer la compagnie des scouts, se distinguer, puis atteindre l'âge de porter l'armure énergétique. Il l'avait vu rejoindre les rangs de la Main de Braise, puis gagner les distinctions pour devenir sergent. Où qu'il aille, le second était à ses côtés, riant avec lui, se battant avec lui. Et aujourd'hui il était parti.
Mucius se releva péniblement et retourna à sa tente. Le soleil déclinait et, bientôt, la nuit reviendrait avec son sinistre cadeau. Autour d'un feu, des soldats tiraient à la courte paille qui irait annoncer au village de la prochaine victime la mort de leur parent. Ils rirent d'un humour noir quand l'un des leurs fut désigné, et se dispersèrent rapidement lorsque les gardes prirent leurs postes. C'était une chance que d'être garde, car la bête ne s'y attaquait jamais. Mucius pénétra dans sa tente et ne prit pas la peine de retirer son armure. Quitte à mourir, autant que ce fut dans le plus bel appareil.

Lorsque Mucius s'éveilla, l'obscurité régnait encore sur le camp. Il ne devait pas être plus de trois heures du matin. Un froid glacial régnait, accompagné d'un silence de mort. Mucius se redressa lentement de sa couchette et plongea les yeux dans ceux qui le fixaient. Des yeux vides et froids, désertés de toute émotion. Leur argent contrastait avec les reflets orangés des pupilles du salamander. La bête ouvrit la bouche lentement, et une salive fumante tomba sur la genouillère de Mucius, qui se dissout en un horrible chuintement. La bête feula, puis referma sa gueule hérissée de crocs. Sa longue queue s'éleva d'un mouvement fluide, et son extrémité caressa le visage de l'homme qui restait d'un calme impavide. Le corps ophidien se retourna alors et disparut par l'entrée de la tente. Moins d'un instant suffit à Mucius pour savoir que c'était sa dernière chance d'éliminer la créature qui avait causé la perte de tant de ses hommes. Il se jeta à ses trousses.
Quand il sortit de la tente, la bête avait déjà disparu. Mais une des plantes semblait légèrement écrasée à un endroit. Mucius suivit cette piste. La bête, quelle qu'elle fût, avait fait l'erreur de passer trop souvent par le même chemin.
Mucius suivait toujours la piste, ne s'arrêtant jamais. Il commença à s'accoutumer à l'obscurité environnante, et à se rendre compte que certaines des plantes qui n'étaient pas écrasées portaient tout de même les stigmates du passage de la bête. Comme une feuille rongée par un acide extraterrestre. Il en déduisit qu'elle n'était guère à plus de cinq mètres devant lui, ce qui le glaça d'autant plus qu'il ne la voyait pas. Mais quand il abaissa une énième foi les yeux, les plantes étaient redevenue normales. Il regarda autour de lui et ne vit rien. Seul le bruit de sa respiration saccadée tranchait le silence sépulcral de la nuit. Soudain, ses yeux s’arrêtèrent sur une zone d'ombre plus dense que les autres, une zone plus noire que le ciel abandonné de toute étoile, une zone plus noire que le vide sidéral. Et petit à petit, d'autres taches apparurent. L'une d'elle s'avança, et Mucius resta immobile, hypnotisé par les yeux iridescents de la bête. Il s'agenouilla alors, pour une ultime prière à un empereur déchu...

Une navette fendit le ciel rouge de Nocturne. Son atterrissage fut violent, et toute la moitié postérieure de l'appareil manquait. De l'épave descendit un homme. Au sommet de sa gloire, il était devenu le maître de toute une formation du chapitre. Mais il n'était plus aujourd'hui que l'ombre de lui même. Sur son épaule droite pendait un homme, et sa main gauche traînait le cadavre d'un être étranger. Il s'avança sous les yeux médusés des Salamanders, des siens. Il s'avança et s'effondra.

L'organisme décima la formation de la Main de Braise fut identifié comme appartenant à la race tyranide, et plus spécifiquement à la catégorie primitive des ''ombres funeste'', des organismes de reconnaissance qu'on ne retrouvait que dans les rangs des ruches les plus anciennes. Le chef de formation main de braise ne fit jamais de déposition, si bien qu'on ne sut jamais ce qui se passa précisément sur le système Edana. Les maigres propos recueillis auprès du sergent Flam avant que celui-ci ne succombe à ses blessures (voir le rapport médical pour plus de détails) ne suffisent qu'à expliquer comment lui et son commandant sont parvenus à atteindre la navette et à revenir sur Nocturne. La présence d'un liquide hautement corrosif dans la navette atteste de la présence de l'étranger durant le voyage.


Ce rapport préliminaire a été rédigé par Arnaud Tami en 270.M41


On découvrit deux ans plus tard que la flotte ruche connue sous le nom de NOSTROMO approchait dangereusement du système Edana, et le lien fut fait avec la créature ophidienne ramenée par Mucius Main de Braise. Avide de vengeance, celui-ci reconstitua un corps de 19 recrues parmi les plus téméraires des scouts du chapitre. Escortée par la troisième compagnie des Salamanders, la formation de la Main de Braise repartit ainsi pour les Astres Fantômes stopper la menace xeno.

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MessageSujet: Re: La main de braise.   Ven 20 Oct 2017 - 15:32

L'ombre funeste a écrit:
Sache qu'à chaque fois qu'un être a une idée, elle donne naissance à un esprit, que l'on nomme génie. Ces génies sont généralement faibles et sans importance. En fait la plupart n'ont même pas de conscience à part entière. Il y a des millions de ces génies, en fait il y en a un par idée. Et plus cette idée se diffuse, plus le génie gagne en puissance et en pouvoir. Mais quand cette idée est adoptée par un peuple, que des millions d'êtres pensent la même chose, alors ce génie devient un dieu. Un dieu est un génie adopté par un peuple. Les plus puissants des dieux sont ceux nés des émotions mêmes d'un peuple.
Le mot exact serait pas "démon" au lieu de "génie"?

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