Le Grand Carnassier

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 [Opération Irène]

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Ba'al
Zoïdthrope
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MessageSujet: [Opération Irène]   Jeu 25 Nov 2010 - 19:00

Alors, petit topo : ce fluff vient d'une précédente campagne (3 ans en arrière), où il faisait la transition entre deux de ses multiples parties chronologiques Wink
Quelques trucs pourront vous faire tilter : La Neo-Legion est ma horde de Khorneux cornus, le Berserker de Khorne (et non Berserk) est un gros berserk possédé mutant (façon Berserker de Gears of War) et Lostria la planète où se passait cette partie de campagne Wink

Ensuite, pour clarifier le tout, le fluff est divisé en 4 partie et un épilogue, ce qui facilitera les commentaires et la lecture Wink

Maintenant, bonne lecture aux courageux !

_________________
Petite énigme de ma conception Wink
‎" Le futur se trouve entre le présent et le passé, tout comme le ciel définit la terre. "
Un seul symbole est capable de représenter ces deux affirmations. Saurez vous le trouver ?



Dernière édition par Ba'al le Jeu 25 Nov 2010 - 19:05, édité 1 fois
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Ba'al
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MessageSujet: Re: [Opération Irène]   Jeu 25 Nov 2010 - 19:01

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Bande son du fluff :
http://media.putfile.com/Leave-no-man-Behind-Hans-Zimmer
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Lostria, capitale planétaire de Lostrie
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 07H30
Base Alpha-primus

Certains gradés venaient d’être convié dans la salle de briefing, ressemblant à un amphithéâtre de taille moyenne. Le lieutenant de la 2ème division motorisée, le capitaine de la 3eme division aérienne et le lieutenant du peloton Alpha accompagné de ses deux sergent des troupes de choc, plus quelques aides de camp et stratèges anonymes. En soit, le gratin des officiers disponibles. Ces hommes étaient assis sur les bancs en bois de la pièce, tandis qu’en bas de l’amphithéâtre se tenait debout sur l’estrade le colonel Dietrich du 1er régiment de Lostrie en personne. Devant lui était installé un grands bureau recouvert de papiers, alors que dans son dos demeurait éteint un écran ayant des proportions gigantesques.

Le silence pesait, chaque membre de la réunion attendant. Dietrich brisa rapidement le stress ambiant en allumant l’écran derrière lui. Une diapositive représentant une vue aérienne très précise d'une petite ville proche de la capitale apparut, arborant deux couleurs rouge et bleu séparant la ville en deux zone bien précises. Nem en était le nom. Télécommande en main, le colonel commença.

« Messieurs, le haut commandement nous a confié une mission d’extrême importance. Comme vous le voyez sur cette photo, cette ville est actuellement séparée en deux. Les forces hérétiques gagnent du terrain de jours en jours, leur zone de contrôle est représentée ici en rouge, la zone bleue est donc la nôtre. Leur dernier assaut nous a coûté cher, leur conférant la moitié de la ville. Durant la bataille, deux de nos meilleurs hommes et non moins importants ont été fait prisonniers. Ceux-ci possèdent une grande quantité d’informations qui ne doivent absolument pas être connues de l’ennemi. L’objectif de la mission est donc simple : nous devons libérer puis extraire nos hommes. »

Un murmure d’approbation parcourut l’assemblée, puis il continua après d’une pression de bouton avoir affiché à l’écran les photos du personnel à récupérer ainsi que leur nom.

« Le colonel Hofman, du 2ème régiment et Griffent Clark, le psyker assermenté de son groupe. Leur escouade a été massacrée lorsqu’ils étaient acculés au plus profond du front. Nous savons grâce à nos espions de terrain qu’ils sont encore vivants et retenus dans un bâtiment légèrement fortifié en attendant d’être envoyés autre part.

En coordonnant une attaque aéroportée d’infanterie, un soutien aérien et une colonne de chimères en un raid éclair, nous devons libérer le colonel et son psyker. La mission ne doit pas durer plus d’une demi heure standard. »

Il changea une nouvelle fois ce qu’affichait l’écran tactique, pour montrer désormais une photo aérienne du bâtiment ennemi et de ses alentours dans la partie gauche, et le schéma simplifié de Nem à droite. Plusieurs indications et marqueurs étaient affichés en rouge sur la carte.

« Embarqué dans trois valkyries de 3ème division aérienne, le peloton Alpha débarquera à sept cents mètres du bâtiment suite à une attaque de des marauders de la 3ème. Vous ne devriez rencontrer aucun problème pour rallier les deux zones de débarquement. Lieutenant Velasquez, vous resterez à bords de la valkyrie de commandement afin de coordonner vos hommes. Ceux-ci devront attaquer rapidement le bâtiment hérétique, en prendre possession et sécuriser les prisonniers. Les sergents Viktor et Kelhad ici présent mèneront les deux groupes d’assaut. »

Les trois officiers sus-nommé répondirent par un « A vos ordres » et laissèrent leur supérieur continuer.

« Lieutenant Duval, vous et vos chimères perceront la ligne de front aussi rapidement que possible pour rejoindre la zone cible et extraire nos hommes. Le capitaine Matthew vous couvrira avec ses thunderbolt. »

Les gradés acquiescèrent également tout en effectuant le salut réglementaire. Le colonel termina après avoir désactivé l’écran.

« Nous pourrons vous envoyer du renfort depuis la base, en quantité limitée. Nous tenons à ne laisser personne derrière, néanmoins, si la mission devenait irrémédiablement compromise, nous avons ordre d’abattre les colis par sécurité. »

Une atmosphère froide est gênante venait d’apparaître dans la salle de briefing.

« C’est un ordre ordre du haut commandement, que j’espère n’aura pas à être réalisé. Dîtes vous que si nous sommes contraints à le faire, ce sera un sacrifice nécessaire pour la survie de notre monde. Nous comptons sur vous pour ramener nos hommes. Cette opération portera le nom de code « Irène ». Vos ordres de mission vous attendent dans vos bureau, vous pouvez disposer. »

Chaque homme salua, puis sortirent rejoindre leurs quartiers et exposer la mission en détails à leur groupes de soldats respectifs.





Lostria, capitale planétaire de Lostrie
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 08H00
Baraquement du peloton Alpha, Base Alpha-primus


Vingt grenadiers, assis sur des tables ou chaises, et l’escouade du lieutenant Velasquez étaient maintenant réunis dans la grande salle commune du baraquement. Rapidement et au marqueur, le lieutenant dessina un plan simplifié des alentours de la zone cible sur un tableau, et commença.

« Soldats, nous avons une mission d’extraction aujourd’hui, et ça ne va pas être du gâteau. Dans cette habitation se trouvent deux hommes que nous devons ramener au bercail, et comme vous le voyez, la zone est légèrement défendue. Mais on doit pas se relâcher pour autant, et restons sur nos gardes. »

Un soldat leva la main, et demanda en mâchant une cuillère en plastique.

« Dîtes m’sieur, je sais bien qu’on est bon pour le foutre à l’envers à l’ennemi, mais comment on arrive en plein milieu de la ville sans se faire dégommer ? »
« Nous arriverons grâces aux valkyries du capitaine Matthew, et débarquerons à sept cent mètres de nos cibles. Ici et ici, fit-il en désignant des zones entourées au marqueur sur le schéma. Des thunderbolts nous couvriront et au préalable, une escadrille de bombardier fera un passage au dessus de Nem pour que nous puissions passer sans accroches. »

Certains soldats rirent à l’idée d’une telle mission, ayant hâte d’en découdre, tandis que d’autres restaient de glace. Un deux leva la main et questionna à son tours.

« Pour l’extraction, on réutilise les valkyries ? Ça me paraît extrêmement risqué pour elles monsieur. Et je ne nous voit pas non plus courir dans toute la ville pour nous enfuir avec des possibles blessés. »
« Le lieutenant Duval et une colonne de chimères viendrons nous récupérer et nous rentrerons à la base avec les colis. Par mesure de sécurité, si nous ne pouvons définitivement plus terminer la mission, il faudra les exécuter. »

Un homme plutôt bien bâti lança avec humour qu’il aurait enfin l’occasion de tuer une huile, mais calma son rire sous le regard de son supérieur, qui termina le briefing.

« Nous partons dans deux heures, préparez vous et rejoignez l’aéroport de la base. Les aigles de choc sont les meilleurs. »
« Oui lieutenant ! »





Lostria, capitale planétaire de Lostrie
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 08H10
Hangar de la 2eme division motorisée, Base Alpha-primus


Le lieutenant Duval, debout devant la grande porte blindée et cinq chimères briefait également depuis un petit moment ses hommes sur la mission. Ceux-ci, les équipages des transports, étaient bien plus disciplinés que les aigles de fer, troupes de choc leur ayant plusieurs fois volé la vedette.

« Nous arriverons par l’entrée Est de la ville et continuerons sur deux kilomètres jusqu’au point de rendez vous avec couverture aérienne. Nous ne devrions rencontrer que peu de résistance capable de faire des dégâts à nos véhicules. Une fois sur place, on récupère les aigles de choc et les prisonniers, et on rentre à la base. »

Quelques grommellements se firent entendre suite au nom des rivaux de la division, mais tout le monde restait toutefois calme.

« La 3ème aérienne nous appuiera, et la mission ne durera qu’une demi-heure d’après les stratèges. Tout se passera bien. Sur ceux messieurs, préparez le matériel et nos taxis, nous partons à 1000 exactement. »





Lostria, capitale planétaire de Lostrie
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 08H30
Salle tactique de l’aéroport, Base Alpha-primus


La salle tactique, endroit sombre et étroit, accueillait depuis une demi heure le capitaine Matthew et ses meilleurs pilotes de la division du tonnerre.

« Pilotes, nous avons trois rôles à jouer dans cette mission. Nos bombardiers vont, avant l’arrivée des troupes au sol, faire un passage au dessus de Nem et neutraliser les zones de rassemblement de l’ennemi et leurs batteries anti-aériennes. »

Depuis le projecteur holographique au sol, la carte informatisée de la ville se matérialisa en présentant plusieurs points clignotant désignant les cibles du bombardement. Les hommes de l’air l’observèrent attentivement, et un deux interrogea son officier après avoir levé la main.

« Et les deux autres rôle monsieur ? »
« Les chasseurs, divisés en deux groupes couvriront à la fois nos valkyries transportant l’infanterie, mais aussi les chimères de la 2ème motorisée. »

La plupart des pilotes restèrent silencieux, mais un sceptique pris la parole.

« En cas de pépin ? »
« Nous devons absolument réussir cette mission, pas de retour à la base prématuré. Nous recevrons des renforts si besoin. En cas de crash, les troupes au sol tenterons de vous récupérer si vous survivez ou la base vous enverra une équipe de secours. »
« Réjouissant… »
« La guerre n’est pas réjouissante pilote. Ce sera un sacrifice pour l’Empereur. »

Le soldat se tut, mais gardait un regards accusateur. Le capitaine termina finalement aussi froidement que possible.

« Décollage à 1000, rompez. »





Lostria, capitale planétaire de Lostrie
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 09H45
Piste de décollage, Base Alpha-primus


Les moteurs des valkyries, chasseurs et bombardier grondaient de concert. Les aigles de chocs se séparèrent en deux groupes de dix, et montèrent au pas de course dans deux transports volant au milieu de toute l’agitation de la piste de décollage, tandis que leur lieutenant, des médecins et son équipe embarquait dans la troisième.

De leur côté, la division du tonnerre se préparait au décollage, approvisionnant les appareils en carburant et en munitions. Les cinq marauders s’élevèrent dans le ciel bleu en premier, énormes et imposant sous le soleil de plomb. Ils furent suivit de leur escorte composé d’une escadrille de chasseur rapide vultures et lightnings. Ceux-ci quittèrent le sol plus rapidement et rejoignirent les bombardiers.

Après le check-up et les derniers préparatifs, les trois valkyries et leur escorte de thunderbolts décollèrent finalement dans un bruit d’enfer à l’heure prévue, et s’en allèrent en direction de Nem à travers le vent. Adoptant une formation en V, ils volaient rapidement vers la ville dont on pouvait déjà voir des colonnes de fumée s’élever.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 10H30
Espace aérien


Les bombardiers avaient été repéré depuis un bon moment lorsqu’ils arrivèrent au dessus de la citée, les défenseurs ayant allumé plusieurs feu d’alarme pour prévenir les garnisons des villes voisines de l’attaque. Les canons de DCA se mirent à tonner sans grande précision, mais d’une force incroyable.

Un vulture monta très rapidement en altitude, puis descendit en piqué sur une batterie hérétique. Celle-ci tira nerveusement, mais ne toucha pas une seule fois l’appareil léger qui tournait sur lui même en tirant. Le toit où se trouvait le canon fut broyé par les tirs de mitrailleuse, puis s’effondra sous les missiles alors que le chasseur redressait difficilement en passant au ras du sol dans une avenue. Mais beaucoup de canon, malgré les perte rapides et de plus en plus nombreuses des leurs, menaçaient encore.

Les marauders lâchèrent lourdement leurs bombes sur les endroits indiqués, pulvérisant certains quartiers et zones fortifiées. Un d’eux explosa pourtant, troué de part en part et ayant été touché à un de ses réservoirs. Ses camarades décrochèrent de la formation pour éviter sa carcasse en feu qui alla s’écraser à un carrefour, le bloquant complètement dans un crash d’une extrême violence.

L’escadre effectua encore quelques passages, perdant un second bombardier dont l’aile avait était trouée et deux lightnings, puis rentra à la base une fois toutes les cibles détruites. La défense ennemie sur les lieux avait été grandement amoindrie, et plus aucun canon anti-aérien ne se tenait encore debout. Hormis les pertes, leur objectif avait été réalisé avec succès.

Malheureusement, le trajet du retour ne fut pas aussi calme qu’ils l’espérèrent, les renégats ayant lancé à leurs trousses une grande escadrille de hellblades. Sous la surprise, un maraudeur fut touché à la queue et perdit le contrôle, s’écrasant dans le désert. Les tourelles des deux autres commencèrent à tirer sur les multiples attaquants, déjà engagés par les chasseurs impériaux.

S’en suivit un ballet aérien, où acrobaties rimaient avec survie et missiles avec enfer. Le lightning de tête, piloté par le capitaine Matthew, effectua un looping afin d’esquiver une salve de missiles, et fondit sur son agresseur pour le déchiqueter sous les obus d’autocanon. Il passa au travers de la fumée résultant de l’explosion et vira rudement à droite alors qu’un chasseur du chaos le prenait en chasse. Ce dernier ouvrit le feu sur l’appareil qui effectuait vrilles et virages serrés l’un après l’autre pour tenter de survivre. Il frôla non sans peur un des bombardiers qui venait d’abattre un hellblade, mais le poursuivant de Matthew ne pilota pas aussi adroitement et s’éclata contre la coque du marauder qui encaissa péniblement pour tomber au sol assez lentement et sans trop de dégâts.

Autour, les avions des deux camps faiblissaient en nombre, jusqu’à ce qui ne restent que le lightning de Matthew, un marauder et quelques vultures.

« On rentre !! » Hurla le capitaine dans son communicateur en esquivant le dernier missile du combat.

Ils furent les seuls à rentrer à la base, qui envoya ensuite une équipe de secours au dernier bombardier immobilisé dans le désert. Il y’eu peu de survivants à ramener, seul des grands blessés en état critique.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 11H00
Zone d’atterrissage


Les trois valkyries se posèrent sans encombres dans le parc de la ville, alors que les thunderbolts leur tournaient autour comme des vautours, projetant leurs ombres mouvantes sur la verdure plantée artificiellement et mourante. Les vingt grenadiers, les réputés aigles de choc, descendirent et se déployèrent dans le jardin autour de leur taxi volant, et furent rejoints par quatre médecins de terrain. Le lieutenant Velasquez descendit à son tour, et appela les deux sergents.

« Viktor ! Kelhad ! »
« Présents lieutenant ! » Fut la réponse immédiate du sergent Kelhad qui se trouvait derrière lui, le sergent Viktor à côté de lui. Le bruit des moteurs les forçaient à crier pour se faire entendre.
« Bon, Vic’, tes soldats et deux toubibs vont rejoindre le bâtiment hérétique par l’ouest, à six pâtés de maison. Kelhad, tu prends les deux autres médics et tu fonces par le sud ! »
« C’est pigé lieutenant ! »
« Les aigles de choc sont les me… »

Kelhad n’eu même pas le temps de terminer sa phrase qu’une balle siffla à côté de son oreille pour frapper la carlingue de la valkyrie toute proche. L’ennemi se rassemblait déjà autour du parc et venait d’entamer le combat. Les deux sergent hurlèrent leurs ordres et leurs hommes se mirent à couvert en ouvrant le feu vers les toits entourant la zone. Les tirs venaient de tous les côtés, des balles solides en tout et pour tout. A part quelques instant pour tirer sans trop viser, les troupes du chaos restaient invisibles. L’enfer venait déjà de tomber sur les aigles.

La section de Viktor prit couvert derrière une statue de Mikael Palatrov et tirait vers les toits, à l’aveuglette. Sur la majorité de leurs tirs des fusils radians, peu touchaient leur cibles, mais chaque impact chanceux signifiait la mort d’un traître. Les balles percutaient sans cesse la statue mais aucune n’atteignait les soldat les plus entraînés de Lostrie. Le sergent, couvert par ses hommes, couru sur une dizaine de mètres jusqu'à un petit mur sous le feu ennemi pour avoir une meilleur position de tir. Par chance, aucune ne le toucha, une d’elle percutant pourtant la pierre à quelques centimètres de son visage alors qu’il plongeait derrière le muret. Il se remit à genou, la plupart de son corps protégée par la pierre et le reste caché par les restes de plantes. Il leva son fusil et abattit adroitement trois gardes renégats.

Les thunderbolts ne tardèrent pas à descendre en altitude pour ensuite faire du sur place au dessus de la zone d’atterrissage et canarder les toits, prenant l’ennemi à découvert. Ceux-ci, des anciens de la garde de Lostrie, tiraient désespérément sur les monstres d’acier et tombaient sous les tirs de mitrailleuse lourde comme des mouches. Un d’eux pourtant eu la chance de pouvoir mettre en position son lance missile artisanal, et de faire feu. Le projectile fusa droit sur le cockpit du véhicule en face de lui et explosa sur la verrière, projetant le plastique dans le corps et surtout le visage du pilote. Ses yeux en furent percé et souffrant d’une douleur atroce il vira à gauche et fit s’écraser son thunderbolt dans une ruine à l’angle du parc.

L’oreillette des soldats d'élite grésilla et leur lieutenant qui était remonté à bords de son transport de commandement leur cria dans son communicateur.

« C’est trop dangereux pour nous de rester au sol, les chasseurs tireront le temps que vous partiez dans les rues, nous on décroche ! »
« Reçu ! »

Séparés en deux équipes de douze comme prévu, les troupes de choc se mirent à courir vers les rues adjacentes dans leurs directions respectives. Les appareils d’attaque réduirent au silence les forces hérétiques sur les toits, puis s’enfuirent vers le ciel suivit par les transports aériens. Ils patrouillaient maintenant au dessus de la ville en surveillance et protection de leur deux escouades d’infanterie, loin de portée de lance-missiles ennemis.





Lostria, capitale planétaire de Lostrie
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 11H10
Hôpital, Base Alpha-primus


Le capitaine d’aviation vit débarquer les rescapés du crash du marauder qui avait été percuté par un chasseur du chaos, allongés sur des civières et inconscients. L’un deux avait les deux jambes cassées, dans un coma profond pour le moment. Un autre avait l’épaule gauche d’ouverte, transpercée par une poutrelle, le haut de son corps était ensanglanté et malgré les anti-douleurs, il hurlait sans discontinuer. La vision en était terrifiante…

Il suivit les médecins jusqu’au bloc opératoire où il n’avait pas l’accès, et préféra s’asseoir dans la salle d’attente de l’hôpital plutôt que de partir se détendre comme on lui avait conseillé. Il était seul, assis sur une chaise et la tête dans les mains, ne faisant pas attention à la musique qui résonnait dans la pièce. Il ne remarqua même pas le colonel Dietrich lorsque celui-ci entra. Matthew sursauta quand on lui adressa la parole.

« Vous avez fait du très bon travail, capitaine, nos rapports de surveillance à très haute altitude nous affirme que l’ennemi ne possède plus aucun canon de DCA en état de marche. De plus, vous avez parfaitement détruit tout les objectifs. »
« Merci, colonel, mais j’ai perdu quatre marauders sur cinq, en plus de la quasi totalité des chasseurs engagés. Je ne considère pas ce point là comme une victoire… »
« L’ennemi était en surnombre, et vous vous êtes battu de façon héroïque. Pensez à ceci. »
« Je pense surtout à ces hommes qui sont morts et ceux qui en sont proches… Si je n’avait pas viré à droite, le quatrième bombardier serait rentré sans aucun dégâts. Leur état est de ma faute. »
« Vous ne pouvez vous reprocher leur perte capitaine, vous étiez dans le feu de l’action et avez essayé de survivre, comme chaque soldat le fait. »
« Il aurait été préférable que je meure, plutôt que de détruire la vie de plusieurs camarades. Et sauf votre respect colonel, comment pourriez vous comprendre ce qui s’est passé ? »

Le colonel laissa un petit sourire trahir son sérieux légendaire, puis déboutonna sa véreuse pour présenter une grande cicatrice parcourant son abdomen. Il reboutonna ensuite et parla avec un air de nostalgie, comme tout les vieux combattant ont.

« J’ai perdu toute mon unité contre un groupe de rebelles, il y’a longtemps. Mais ce n’est pas un d’eux qui m’a fait cette blessure. J’ai reçu une balle d’un cadet alors que je sortais d’un couvert, qui trop stressé par la situation a ouvert le feu par peur et impulsivité. Il a survécu, et moi aussi. Rentré à la base, il tomba dans une lourde dépression, écrasé sous la culpabilité et la honte. Nous l’avons retrouvé quelques heures plus tard, une balle dans la tête. »
« Je ne comprends pas où vous voulez en venir monsieur. »
« Ce que j’essaye de vous faire comprendre capitaine, c’est que vous devez vous redresser, par respect pour ceux qui ont survécu et surtout pour ceux qui sont mort. Je comprendrais que vous voudriez quitter votre poste, mais je vous interdit catégoriquement de culpabiliser autant qu’il l’a fait. Est-ce clair capitaine ? »
« Oui, colonel. »
« Parfait, maintenant allez vous reposez dans vos quartiers, vous êtes libres pour toute la journée. Je vous tiendrais au courant de la situation des blessés, si vous le désirez. »
« J’aimerais beaucoup monsieur. »
« Rompez capitaine, et allez vous détendre. »
« A vos ordres ! »

Matthew et Dietrich se saluèrent militairement, et le capitaine de l’aviation sortit de la salle en direction de la salle commune du régiment, où il espérait pouvoir se détendre au bar ou au billard. Il avait malgré tout un creux dans l’estomac, et des images du combat aérien lui revenaient sans cesse.

Le colonel entra dans le bloc opératoire, et interpella un médecin qui essuyait le sang sur son front.

« Leur état ? »
« Un paralysé à vie, les autres sont morts. »
« je vois. »

Il ressortit de la salle d’opération dont les corps serraient envoyé à la morgue sous peu, et entra peu de temps après dans son bureau. Il appela un de ses assistants, et lui confia un papier qu’il lui demanda d’amener au capitaine Matthew. Sur celui-ci était noté que tous les blessés étaient sains et saufs, et serraient rapatriés dans les prochaines heures.

L’officier ressentit un goût amer au fond de la gorge, et se souvint que personne sauf un légiste ne lui avait jamais dit pour le cadet qui lui avait tiré dessus par accident. Moins les soldats en savent, mieux ils se portent.





--------------------Inter partie--------------------


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MessageSujet: Re: [Opération Irène]   Jeu 25 Nov 2010 - 19:02

Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 11H25
Les rues


Courant et tirant en même temps, les deux escouades parcourraient les rues parallèlement avant de chacun partir vers une direction propre. L’ennemi infestait les rues et les toits, mais faisait preuve d’une incompétence affligeante.

En bifurquant vers le sud, l’escouade de Kelhad continuait son chemin sanglant dans les ruelles étroites. Une barricade les força à se mettre à couvert derrière une rangée d’arches de pierre. A l’autre bout de la rue, les hérétiques avaient disposé plusieurs voitures en barrage routier, déployant sur une voiturette blindée une mitrailleuse lourde qui tonnait depuis tout à l’heure. Le dos collé au mur, le sergent hurla à ses hommes.

« Forcez les à tirer ! Une fois qu’ils rechargent la mitrailleuse, vous me couvrez et je les abattrais ! »
« Compris chef ! »

Un des soldats se mit moitié à découvert et tira plusieurs fois à l’aveuglette avant de se remettre en sécurité, la mitrailleuse lourde répliquant automatiquement.

« Encore ! »

Le soldat répéta l’opération, mais n’eu pas autant de chance que la première fois, une balle percutant son épaule gauche. Il tomba au sol en hurlant alors qu’un des médecins s’occupait de lui. La mitrailleuse ne tirait plus, et la totalité de l’escouade hormis le blessé et les toubibs sortirent à découvert en faisant feu sans s’arrêter. L’ennemi forcé à se mettre à couvert ne pouvait pas riposter, l’homme à la mitrailleuse lourde prit une balle en pleine gorge et s’écroula sous les tirs. Le sergent chargea en beuglant, et lança une grenade à fragmentation sous la voiturette ennemie, la faisant exploser violemment et tuant sur le coup la plupart des hérétiques. Les autres aigles de choc lancèrent l’assaut et abattirent les derniers hérétiques. Il s’accordèrent cinq minutes de pauses, et Kelhad alla voir le blessé.

« Son état toubib ? »

Le soldat répondit de lui même en s’appuyant sur le mur, son radiant laser dans les bras.

« Je m’en sortirais… et je peux toujours me battre sergent ! »
« Tu es sûre Jonson ? »
« Sergent oui Sergent ! Quelques doses d’analgésiques et c’est repartit pour un tour ! »
« Toubib, injectez lui de l’anti-douleur, et pensez la plaie, nous nous occuperons de lui plus tard. »
« Mais sergent, laissez la balle dans son épaule peut le… »
« Silence ! Nous devons rallier les colis le plus vite possible. Ce soldat peut encore se battre, alors laissez le en paix. »

Le médecin de terrain lança un regard rageur à son sergent, appuyé à une colonne à contre-jour, et resta pourtant silencieux. Le soldat blessé se releva avec un peu de mal suite aux premiers soins, et fit mine de viser et de tirer son officier. Il sourit sortit du couvert rejoindre ses camarades.

« Je peux encore me battre, les aigles sont les meilleurs ! »





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 11H35
Quartier Est



Les cinq chimères entrèrent en trombe dans la cité, déboulant à toute allure dans la grande rue. Dès leur arrivée, plusieurs poches d’ennemi ouvrirent le feu avec des armes légères sans grande efficacité. Plusieurs tirs de lance-roquette artisanaux percutèrent la également chimère de tête, éraflant son blindage sans dégât. Les multilasers répondirent avec un efficacité déconcertante comparée à celle de leurs ennemis et effectuèrent leur percée sans ralentissement.

Ils continuèrent ainsi sur un kilomètre, s’arrêtant pour de petites escarmouches. A un barrage routier, un des hommes de la chimère de tête ouvrit l’écoutille en saisissant un lance-roquette impérial et pulvérisa une voiture hérétique. Un balle lui transperça pourtant le crâne, le faisant retomber à l’intérieur du véhicule et aspergeant de son sang le reste de l’équipage. Une volée de projectiles lourds percuta le blindage de flanc, une balle passant au travers et blessant une 1ere classe.

« Bordel de merde, il me faut quelqu'un pour le remplacer et détruire ces mitrailleuses lourdes ! Toubib, occupes toi du gamin ! »
« Compris ! »

Le médecin plaqua le garde et lui appliqua une forte pression sur le torse. Il lui injecta une dose d’analgésique et indiqua à un soldat de le remplacer pour appuyer sur le poitrail du blessé. Le toubib saisit une sorte de grand écarteur chromé et « ouvrit » la plaie, pour ensuite y plonger une sorte de pince. L’homme hurla alors qu’on lui extrayait la balle d’entre deux côtes. Celle-ci fut enlevée rapidement, et le blessé s’évanouit quand on lui appliqua une forte dose de désinfectant et une compresse sur la blessure.

Au dessus, un autre garde venait de passer le corps hors de l’écoutille et de ramasser l’arme lourde ensanglantée sur la carlingue. Plusieurs balles éclatèrent sur le métal à côté de lui, mais il réussit à détruire le dernier véhicule ennemi.

« 2ème division motorisée, en avant !!!! »

Les cinq chimères foncèrent sous l’ordre de Duval au travers des carcasses en feu, leur multilasers tuant nombre d’hérétiques tentant de les stopper. Peu de temps après, un autre problème survint. La suite de l’itinéraire les obligeait à passer par un carrefour, dernière étape avant le bâtiment où étaient retenus le colonel Hofman et son psyker.

Hors, ce carrefour accueillait alors les restes d’un bombardier marauder, occupant toute la place du croisement et bloquant la circulation. Les chimères étaient maintenant immobiles, le lieutenant Duval cherchant nerveusement un autre trajet sur sa carte et son aide de camps essayant de contacter le Qg.

Surs les toits et dans les maisons pour la plupart en mauvais état, les forces ennemies se rapprochaient du convois, et les échanges de tirs reprirent encore plus violemment.





Lostria, capitale planétaire de Lostrie
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 11H44
Poste de commandement numéro 4, Base Alpha-primus


Un officier radio enleva son casque audio des oreilles, et appela le colonel Dietrich qui l'avez rejoint lui et ses hommes dans la salle sombre et bardée d'appareils.

« Colonel, le lieutenant Duval nous appelle ! »
« Passez le moi en audio libre. »

L'homme tapota sur quelques boutons, puis la voix du lieutenant se fit entendre dans toute la pièce. Le colonel se tenait bien droit, les mains dans le dos, et écouta. La voix de Duval ressortait des haut-parleurs mécanisée et paraissait lointaine sous les grésillements.

« Colonel, nous avons un problème avec l'itinéraire prévu ! »

Dietrich saisit un micro dépassant d'une console, et répondit laconiquement.

« Quel est votre problème lieutenant ? »
« Le carrefour où nous devions passer est bloqué par la carcasse d'un maraudeur. Il a dû se crasher pendant l'attaque préliminaire ! »
« Je suis au courant pour le crash. Le passage du carrefour est vraiment impossible ? »
« Affirmatif monsieur, les chimères n'y pourront rien ! »
« Attendez quelques minutes, nous allons vous calculer un nouvel itinéraire. »
« Je ne voudrais pas vous contredire colonel, mais rester sur place est suicidaire ! »
« Passez par le nord de votre position, aux travers des rues. D'après les appareils de surveillance, l'ennemi n'y est pas excessivement présent.»
« Reçu ! »

La communication se coupa, et le colonel se tourna vers un plan hololithique de Nem. Il tapa quelques touches et une croix verte apparue sur un carrefour de la ville. Malgré cette complication qui leur ferrait perdre du temps, il resta serein.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 11H52
Boulevard ouest, devant l'objectif


Viktor et ses grenadiers tenaient déjà l'assaut depuis bien dix minutes, barricadés dans une ruine juste face au bâtiment où les prisonniers étaient retenus. L'ennemi en face tenait le terrain férocement, incompétents mais nombreux. Autour du bâtiment, une sorte de mairie, quelques barricades avaient été dressées ça et là rapidement.

Dans un élan de courage, une escouade de cultistes armés d'épées rouillées chargea la position des grenadiers, perdant beaucoup des leurs mais restant encore en bon nombre sous le soleil écrasant. Ils s'agglutinèrent devant la porte du bâtiment dont le plafond s'était effondré, et se préparaient à entrer. A l'intérieur, les soldats se rassemblèrent dans le fond de la pièce, près à recevoir la charge en inondant l'espace de tirs alors qu'ils étaient coincés ici.

Le silence et le calme se firent un cours instant, paraissant pourtant durer des heures entières, puis la porte vola en éclats et ils entrèrent. La violence de la plaque de métal percutant le mur d'en face dans un bruit fracassant suite au silence total, alors que la lumière emplissait soudainement l'endroit, tamisée par de sombres silhouettes et les centaines de lasers, donnait à ces quelques secondes un caractère apocalyptique pour ceux qui les vécurent.

Les hérétiques tombèrent en masse dans cet endroit exiguë, trébuchant sur les cadavres, et surtout gênés par leur propre multitude. Ils arrivèrent tout de même avec mal au contact, comme des chiens enragés. Les baïonnettes déjà installées depuis l'aéroport, les aigles de choc n'eurent aucun problème à se défendre promptement.

Viktor empala le premier venu sur le bout de son canon, et lui laboura l'abdomen en pressant la gâchette, pour retirer promptement son arme et dévier in extremis un coup qui lui aurait certainement ouvert l'épaule. Il envoya d'un rapide revers la crosse du fusil radiant sur la tempe de son agresseur, le clouant au sol. Un laser en pleine tête eu finit de le mettre hors combat pour longtemps.

Promptement, le combat fut terminé et clos par une rafale de lasers à bout portant dans le torse du dernier traître, éclaboussant l'impérial de sang. Au sol gisait une quinzaine de cadavres mutilés par le savoir faire des impériaux, mais aussi un d'eux qui se tenait assis et souffrait en silence. Une lame brisée près de la garde était enfoncée dans sa jambe gauche, l'empêchant de bouger. Un des deux médecins de l’équipe se pencha sur lui et appela son collègue, lui faisant un signe de la main. Ce dernier s’approcha, redressa le grenadier et lui administra une piqûre d’anti-douleur directement à la nuque. Le second toubib posa une main sur le genou du soldat, puis de l’autre retira d’un coup sec le bout de métal. L’aigle de choc hurla de douleur la main crispée sur l’épaule de son camarade, qui lui pansait et bandait la plaie pour arrêter l’hémorragie. Les autres regardaient la scène de quelques minutes froidement, leur ami qui se tordait de douleur la jambe ensanglantée de bas en haut, tendait qu’un médecin le retenait plaqué au sol et que l’autre lui appliquait les soins. Un profond silence s’installa, puis fut brisé par le sergent Viktor.

« Il viennent de nous envoyer le gros de leurs hommes sur place, on applique le plan et on contre-attaque maintenant. Tu es encore capable de te battre ? »
« Sergent ! Oui sergent ! »
« Bravo soldat. Toubibs, je veux un de vous deux pour le soutenir lorsqu’on bougera. »
« Entendu. »
« C’est partit pour le retour de bâton les gars, les aigles sont les meilleurs ! »
« Ouais ! »

L’escouade entière passa la porte des ruines, armes levées et délivrèrent un torrent de tirs vers les positions ennemies. Peu à peu, le groupe gravit le dénivelé qui menait jusqu'à la mairie, ne subissant aucunes pertes grâce au barricades et sacs de sables, alors qu’il en infligeait beaucoup aux cultistes. Le dernier ennemi tombé, les hommes s’élancèrent vers la grande porte le plus rapidement qu’ils purent, pour arrivés à mi-chemin et être accueillit par une mitrailleuse lourde qui venait d’être postée au balcon de l’étage. L’entraînement permis aux soldats de rapidement se jeter au sol ou à couvert pour éviter la volée de balles, ce que le blessé et le médecin qui le soutenait ne réussirent pas à faire assez vite. L’officier médical vit toute la partie droite de son torse se faire déchirer par les projectiles de gros calibre, projetant ses tripes en arrière dans une gerbe de sang. Le grenadier lui n’eut pas non plus le temps de souffrir, le crâne percé et éclaté. Chacun resta allongé au sol en sécurité alors que l’arme tirait toujours, espérant transpercer une protection et agrandir son tableau de chasse. Plus bas, un soldat téméraire et assez proche surgit de derrière les sacs de sables pour sprinter sous les balles comme il ne l’avait jamais fait jusqu’à l’angle mort de la mitrailleuse sur pivot. Il se trouvait maintenant et miraculeusement en dessous du balcon, une grenade à la main. Son lancé fut parfait, et l’explosif projeta les corps meurtrit des deux gardes renégats au sol plusieurs mètres plus loin.

L’arme lourde hors service, le reste de l’escouade entra dans le bâtiment, dans un hall soutenu par deux piliers de pierre. L’endroit était apparemment désert, mais la prudence indiqua tout de même de se déployer avec attention, gagnant rapidement les cachettes et angles de tirs avantageux. Dos à une colonne, Viktor examina les différentes directions qui s’offraient à lui, à savoir une porte à gauche et à droite, ainsi que de grands escaliers vers l’étage. Il s’avança ensuite vers le guichet d’accueil, et passa derrière pensant trouver un éventuel plan du bâtiment. Il ne découvrit que le cadavre d’une employée de la mairie, égorgée et baignant dans son sang. Cela l’écœura, mais il garda son professionnalisme et ignora la dépouille pour fouiller le bureau. Il trouva enfin ce qu’il cherchait sous la forme d’un schéma sur un bout de papier, ce qui était tout de même suffisant. Préconisant le silence en lieu inconnu, il fit signe à ses hommes de le rejoindre pour monter au premier, débouchant sur un long couloir faisant sûrement toute la longueur de l’aile gauche de la bâtisse. Tout du long, cinq bureaux étaient juxtaposés au mur droit, dont les portes de bois brillaient de par la lumière tamisée des fenêtres face à elles. Une dernière pièce terminait l’étage au bout du couloir. Il était presque midi, le soleil était au plus haut et la chaleur devenait presque insupportable. De même que l’absence totale de bruit. Après plusieurs ordre de la main, les dix gardes de Lostrie se répartirent en groupe de deux par porte, un l’ouvrant brusquement, l’autre prêt à faire feu.

Viktor leva trois doigts, puis en rabaissa un. Une main se posa sur chaque poignée de porte. Il abaissa un deuxième. Les fusils radiants se levèrent. Puis le dernier. Les portes s’ouvrirent chacune brusquement en un même mouvement, découvrant cinq salles vides. Les tireurs laissèrent s’échapper un sourire de soulagement, mais le sergent paraissait contrarié de n’avoir pas encore trouvé le colis, et ils étaient déjà en retard sur le temps prévu pour la mission. Son regard se porta sur le bureau du maire lui même au fond. Une perle de sueur coula le long de sa nuque, alors qu’il s’approchait à pas de loup en imaginant ce qu’il trouverait derrière le mur à la tapisserie rouge, où le sang s’étalait autour de l’embrasure de l’entrée du bureau. Il indiqua à ses équipiers de se tenir prêts, et ouvrit la porte.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 12H04
Boulevard ouest, à 100 mètres de la mairie


Le groupe de Kelhad arriva encore plus en retard que l’escouade de Viktor, freiné par plusieurs petites escarmouches dans les rues de Nem. Ils découvrirent avec une certaine satisfaction la pente où culminait l’objectif, couverte de cratères, d’ouvrages défensifs grotesques et surtout, d’un nombre incalculable de corps renégats. Il déchantèrent néanmoins à la découverte de ce qui restait des deux hommes que la première escouade avait perdu. Le sergent, fervent religieux, recouvrit ses camarades tombés d’une bâche qui était au préalable accrochée à un tas d’outils de récupération. Il adressa une brève prière, et mena ses camarades à l’entrée du bâtiment pour la garder, comme prévu.

Ils entendirent alors un tonnerre de coups de feu venant de l’intérieur.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 12H06
Couloir du premier étage, Mairie de Nem


Un marine du chaos surgit du bureau en beuglant, hache tronçonneuse et pistolet bolter à la main. Dans son élan, il plaqua le sergent contre le mur d’un coup violent d’épaule pour se jeter ensuite sur un malheureux dont il déchira la carotide. Alors que les dents de la hache tournaient à plein régime dans la chair de l’aigle de choc en projetant son sang sur les murs et le plafond, un de ses camarades fût abattu d’un bolt en pleine tête, son crâne explosant comme un fruit trop mûr.

Le berserk, à l’armure noire et rouge, se précipita vers sa prochaine victime sous les tirs des grenadiers. D’un coup, il en éventra un puis trancha le bras d’un autre avant de lui éclater la cage thoracique d’un coup de crosse. Un dernier homme tomba, lentement décapité dans une gerbe de sang, avant que le reste de l’escouade ne puisse réagir : leurs fusils radiants réglés à pleine puissance, ils envoyèrent un barrage de tir vers le monstre qui encaissa le déluge de lasers de plein fouet. Son armure énergétique fut transpercé en de nombreux endroits, un tir faisant notamment un trou énorme dans un des poumons. Le Neo-Legionnaire posa genou à terre, et tenta de lever son pistolet. Il n’eut le temps de faire feu, Viktor derrière lui s’étant remis sur pieds pour lui enfoncer sa dague honorifique dans la jointure du casque. La jugulaire ouverte et plusieurs hémorragies internes et externes, le fils de Khorne s’écroula lourdement au sol.

Les survivants du combat, dont le dernier médecin du groupe de Viktor, passèrent par dessus le cadavre tandis que le sergent en récupérait les armes. Il ordonna également à deux de ses hommes de récupérer les batteries à énergie de leur frères tombés, ainsi que leurs plaques. L’officier médical s’approcha de celui dont le bras avait été sectionné, mais il n’y avait déjà plus d’espoir de survie pour lui. Rageusement, le survivant inoccupé retourna la dépouille du berserk et lui retira son casque. Ce qu’il vit le fit vomir sur le sol. Il dégaina rapidement un pistolet semi-automatique de 12mm, et par vengeance tira une fois par camarade tombé. Il ne resta plus grands chose de l’horrible visage du guerrier du chaos, sa cervelle ayant été répandue sur le sol et mélangée avec le sang et le vomis. Viktor, sonné par le choc mais sur pieds, constata avec horreur qu’en moins d’une minute, la moitié de son unité venait de mourir et que leur sang tapissait le couloir.

Soudain, le calme fût rompu par des bruits de pas venant de l’escalier. Les cinq soldats de l’Imperium mirent automatiquement leur arme en joug, et les bruits cessèrent, comme si ceux les provoquant s’étaient arrêtés à la dernière marche sous la faveur du couvert offert par le coin du mur. Une voix familière se fit alors entendre :

« Ne tirez pas ! »
« Qui êtes-vous ? »
« Vic’, c’est moi ! »

Le sergent indiqua à ses hommes de baisser leurs armes, et le sergent Kelhad sortit à vue. La vision du couloir et des cadavres lui tordit l’estomac, mais il se retint de vomir, la main devant la bouche. Un gradé doit montrer l’exemple. Il s’avança, assez gêné et passant par au dessus d’un ami tombé, et arriva devant Viktor.

« Que l’Empereur les gardes. »
« Que l’Empereur nous garde. »
« Tu as trouvé le colis ? »
« Dans la salle d’à côté. »

En effet, dans le bureau du maire, le colonel Hofman se trouvait ligoté à une chaise, de même que son psyker assermenté à une autre. Au fond, devant la baie vitrée, un cultiste était au sol, recroquevillé sur lui même et tremblant de peur, s’étant déjà uriné dessus. Les deux sergents entrèrent, et pendant que Kelhad libérait les prisonniers, son camarade s’approchait du renégat. L’homme se releva et se mit à quatre pattes, en sanglotant devant le sergent.

« Epargnez moi par pitié, c’était la volonté du maître… Pitié… »
« Pas de pitié pour le traître et l’hérétique. »

Viktor envoya le cultiste au sol d’un coup de pied, et épaula son arme. Il avait l’air terrorisé, suppliait, et en pleurs, mais peu importait. Le sergent appuya une unique fois sur la détente, sous les yeux du colonel nouvellement libre de ses mouvements. Les deux chefs d’escouade effectuèrent le salut réglementaire à leur supérieur, qui leur rendit avec le sourire. L’exécution d’un traître était son spectacle préféré.

Le psyker quant à lui se trouvait encore dans le coma, maintenue en sommeil par quelques drogues narcotiques. Kelhad le souleva, son poids n’étant pas très conséquent, et l’emmena hors de la pièce pour rejoindre ses hommes et les survivants du groupe de Viktor qui descendaient les cadavres dans le hall. Le colonel et le sergent descendirent également pour constater par la grande porte de la mairie que le convoi de chimères était arrivé.

Dehors, le soleil atteignait son point culminant dans le ciel bleu sans nuages. Les cinq véhicules au blindage légèrement cabossé ou noirci par endroits stationnaient en arc de cercle en bas de la pente, de la fumée sortant de leur pot d‘échappement et produisant une chaleur très peu supportable à proximité. Le lieutenant Duval du 2eme motorisé s’extirpa du transport de tête, accompagné par deux médecins de terrain. Il rejoignit rapidement Hofman qui boitait légèrement, et lui fit un salut exemplaire.

« Monsieur, nous sommes là pour vous ramener à la maison. Mes officiers médicaux vont s’occuper du psyker assermenté. La chimère de tête vous attend. »
« Bien, très bien, mais il nous reste encore à sortir de ce guêpier. »
« Ce ne sera pas un problème monsieur. »

Le lieutenant se tourna alors vers les deux sergents des aigles de choc, tout deux encrassés par la poussière et les éclaboussures de sang.

« Montez vos hommes, on vous rapatrie en même temps. »

Kelhad et Viktor acquiescèrent en même temps, et se séparèrent pour rassembler leurs hommes qui s’était déployés pour couvrir la zone, appuyés par les quelques escouades de soldats embarqués dans le convoi.

Sans autre signe qu'un préliminaire sifflement strident, une explosion éventra la mairie, avant qu'un second obus ne tombe dans une rue toute proche. La déflagration fit s’effondrer les bâtiments qui été touché, dispersant un nuage de poussière et de sable qui envahit bientôt le bas de la colline. Un troisième atterrit sur le flanc de la chimère de queue, le souffle la renversant sur le dos alors que les derniers hommes encore dehors courraient vers les autres transports. La colonne de chimères démarra en trombe une fois tout le monde à bords et se rua dans le labyrinthe de la ville.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 12H45
Boulevard principal, quartier Est de la ville


Cela faisait maintenant plus de vingt minutes que les quatre véhicules roulaient à plein régime, leurs multilasers tirant sans discontinuer sur la myriade de cibles qui tentaient de les arrêter. Le bombardement d'artillerie continuait toujours depuis les villes alentours. Sur la grande route du boulevard, une poursuite s'engagea entre le convoi et un groupe de voiturette blindées, de camions, de motos et de buggy hérétiques. En prenant ce chemin pour sortir de la ville, il leur restait encore plusieurs kilomètres de ligne droite plus une dernière portion de ruelles à parcourir.

Un buggy, nettement plus rapide et maniable, arriva à la hauteur de l'avant dernière chimères de la ligne. L'homme à l'arrière se leva et se préparait à utiliser le lance-roquette sur pivot quand l'arme lourde du transport impérial éventra le petit véhicule. La carcasse enflammée continua sa route en allant percuter une épave de voiture qui fit office de tremplin, projetant la boule de feu dans les airs. Déjà, d'autres buggy et motocyclettes se rapprochaient tandis que les camions et mini-blindés restaient à l'arrière et s'attaquaient au véhicule impérial de queue. Alors qu'un side-car était dangereusement proche de son flanc et que le passager s'apprêtait à lui sauter dessus, le transport effectua un embardé tout en tirant sur un escadron de moto, son brusque mouvement envoyant la moto d'assaut dans le décors. Mais finalement, un lance-grenade sur trépied monté à bord d'un buggy eut raison de la chenille gauche de la chimère, l'immobilisant suite à un impressionnant tête à queue. Le véhicule fumant fut rapidement encerclé par la bande de motards, abandonné par le reste du convoi qui subissait toujours les attaques. Le multilaser tonna et abattit quelques renégats pendant que les fumigènes explosaient dans les airs, couvrant la fuite de l'escouade transportée par le véhicule devenu inutilisable. Une grenade antichar lancée dans la soute acheva la chimère, ses anciens passagers fuyant dans les rues.

Plus loin sur le boulevard, la chimère de queue encaissait l'assaut incessant des camions et voiturettes blindées ayant atteint sa hauteur. Par binômes à chaque flanc, deux camions laissèrent s'envoler les bâches qui couvraient l'arrière, dévoilant des groupes de traîtres tenant des lanceurs de harpons dans les mains. Les flancs furent transpercés par une vingtaine de harpons, reliant maintenant la chimère et ses agresseurs via d'imposantes chaînes. Un des quatre camions explosa sous le missile envoyé depuis une trappe de tir, mais le blindé impérial avait déjà été fatalement ralentis et se trouvait encerclé de camions transportant chacun cinq hérétiques en armes. Ils sautèrent de leurs véhicules encore en marche, quelques uns n'ayant pas la chance d'atteindre leur cibles percutèrent le sol ou les chenilles, d'autres atterrirent sur le toit du transport de troupe dont l'écoutille s'ouvrit pour laisser sortir un soldat armé d'un fusil d'assaut, alors que le multilaser fauchait les jambes de certains assaillant. Un d'eux brisa la nuque du garde d'un coup de masse d'arme après que plusieurs de ses frères soient tombé, puis jeta lui même une grenade antichar dans l'écoutille avant de recevoir un laser en pleine poitrine. L'explosion projeta son corps dans les airs, tout en déchirant le véhicule dans une déflagration mêlée du métal de la coque et de la chair des décédés passagers.

Dans la chimère de commandement, Duval hurlait dans son communicateur tandis que la poursuite continuait de plus belle, les forces traîtres à l'Imperium semblant innombrable et insouciantes faces à leurs propres pertes.

« Demande de soutien aérien ! Je répète, demande de soutien aérien ! »
« Ici chef d'escadrille thunderbolt, où êtes vous ? »
« Boulevard principal, aile est, coordonnées 7.2.4 ! »
« Reçu, nous faisons un passage. »

Peu de temps après, les thunderbolt descendirent du ciel vide, volant comme des oiseaux de proie au dessus du boulevard dans le sens inverse du convoi. Un panel de missiles fendit l'air et s'écrasa sur le bitume, pulvérisant au passage un grand nombre de poursuivants. Les canons d'assaut et autocanons finirent le travail, libérant les deux dernières chimères de la pression ennemie. Mais ce ne fut pas sans risque, une ultime roquette explosant contre l'un des propulseurs d'un chasseur et l'envoyant s'écraser dans un déluge de feu magnifique.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 13H00
Les rues


L'escouade motorisée continua sa course dans les rues sombres et insalubres, chassée par un ennemi en surnombre depuis que leur transport avait été réduit à néant. Oppressés de toutes parts, survivants, ils ne trouvèrent comme refuge que la carcasse en très mauvais état d'un maraudeur échoué au beau milieu d'un carrefour. Leur chances de survie sérieusement compromises, ils profitèrent du couvert et se battirent du mieux qu'ils le purent.


Deux frères, s'étant engagés volontairement, mirent en place une mitrailleuse sur trépieds au travers d'une brèche de la coque et délivrèrent la colère de l'empereur sur les traîtres, mutilant affreusement quiconque recevait une balle de gros calibre.

« Heinrich, ne tire pas avec ton fusil quand je recharge la défourailleuse, je veux pas devenir sourd ! »
« La ferme Rudolf, ils arrivent ! »

L'aîné posa un genou à terre pour s'offrir une meilleure couverture et alluma de son fusil d'assaut plusieurs attaquants, chargeant bêtement avec leurs armes de corps à corps rudimentaires, alors que le cadet de la famille enclenchait une nouvelle bande de cartouches dans l'arme lourde. Le bruit excessivement élevé du fusil de technologie archaïque et sa proximité détériora sérieusement les tympans de Rudolf qui n'avait pas eu le temps de se boucher les oreilles. Il frappa l'épaule de son frère qui se replaça immédiatement à la mitrailleuse, puis il se jeta à terre la paume de ses mains sur ses oreilles, le bruit de chaque tir résonnant de façon insupportable. Mais Heinrich ne s'en préoccupait nullement, concentrant toute son attention sur le carnage qu'il effectuait, rendant le travail de son escouade nettement plus aisé. Cela ne pouvait certes durer qu'un temps, et une grenade percuta contre le rebord de la coque, explosant sans danger pour le tireur, mais pulvérisant le canon de son arme porté vers l'extérieur. Le soldat se remis du choc de l'explosion et attrapa son frère par les bras pour se ruer au niveau supérieur des restes du bombardier, empruntant des escaliers de métal délabrés.

En bas, la brèche tenue par les autres gardes impériaux ne résisterait plus longtemps. Un soldat tomba, ayant pris une balle dans l'épaule, tandis qu'un autre recevait le coup de hache porté par un conscrit du chaos parvenu jusque dans la ligne. Le cultiste fut rapidement mis à terre et exécuté, mais d'autres arrivèrent. Les héroïques survivants virent l'inéluctable destin d'être noyé sous le nombre leur tomber dessus. S'en suivit un corps à corps désespéré, terminé en un bain de sang au final peu glorieux. Les chiens du chaos scandèrent leurs victoire, portant tous ensemble un blessé qu'ils emmenèrent dans un coin sombre d'où émanèrent des cris de douleur terrifiants. Le chef de la chair à canon hérétique, un grand mutant atteint de gigantisme ordonna à deux de ses hommes de le suivre, et monta pourchasser les derniers défenseurs de l'Imperium.

Le comité d'accueil à l'étage fut constitué d'une gratifiante pluie de balles, tuant sur le coup les deux serviteurs de la ruine s'étant interposé entre les projectiles et leur maître. D'un revers de bras, il écarta les cadavres sanguinolents et se rua sur Heinrich pendant qu'il rechargeait. Le jeune homme termina sa vie empalé sur un cimeterre, posant un regards effrayé sur son petit frère tapis dans un coin. Le mutant attrapa ensuite Rudolf par la jambe, et le traîna jusqu'en bas où il le jeta au milieu de ses hommes. Les hérétiques, fous de joie, arrachèrent promptement les vêtements du malheureux qui tentait de ramasser la photo de sa petite amie tombée au sol. Une botte lui écrasa la main, ses doigts effleurant le cliché, et il fut comme son camarade précédant jeté dans un recoin sombre au libre jeu des êtres rendus fou par la soif de sang insufflée par le chaos. Ses hurlements ne durèrent pas, eux aussi.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 13H07
Sortie Est de la ville


La sortie de la ville n'était plus qu'à quelques centaines de mètres du convoi lancé à pleine vitesse. Ne restait que la fin du boulevard principal, quelques embranchements de rues, et ce serait le désert jusqu'à Lostria. Mais fuir Nem ne s'avéra pas aussi simple qu'il y paraissait : un barrage routier, constitué de voitures, de camions et tout type de véhicule civils, agrémenté d'une chimère capturée quelques jours auparavant, se dressait entre les deux transports impériaux et l'avant dernier carrefour.

Le missile traqueur de la chimère de commandement fusa dans les airs et explosa violemment contre un grand camion, créant une brèche dans le barrage tandis que le duo de multilasers pilonnait la formation adverse. Des forces ennemis arriva un véritable déluge de balles, de trop faible calibre pour espérer infliger quelques dégâts à leur cible. Néanmoins, une roquette artisanale percuta le blindage avant d'un des véhicules, sonnant l'équipage qui ne contrôlait plus sa chimère. Elle percuta de plein fouet le barrage et l'enfonça sans aucune égratignure, tandis que sa seconde passait également le blocus sous les tirs du bolter lourd de la chimère renégate.

Les thunderbolts redescendirent encore une fois sur leur proie, pulvérisant la majeure partie des opposant sous leur puissance nettement supérieure, avant de remonter vers le ciel tandis que les restes épars d'ennemis fuyaient le carrefour. Étonnement, plus rien ne tentait de stopper les deux ultimes transporteurs de troupes.


Puis l'explication vint d'elle même, un grand nombre d'explosions surgissant tout autour du carrefour et pulvérisant les bâtiments en ruine, d'autre mutilant le sol. En quelques secondes, tout accès, notamment arrière, du croisement se retrouvait innempruntable par un véhicule non équipé, ce qui était le cas des chimères de la 2eme motorisée. La suite ne se fit pas attendre, et les obus hérétiques, peu précis, tombèrent du ciel autour des deux piégées. Le lieutenant Duval s'époumona dans son communicateur :

« Faîtes descendre d'urgence les valkyries ! Plan B, extraction par les airs ! Je répète, plan B ! »
« Reçu, nous vous avons en visuel, nous arrivons. »

Trois ombres apparurent puis s'élargirent jusqu'à ce que les trois transports aériens ne se posent au sol. Dans le même temps, l'infanterie ennemie se rapprochait, et la frappe d'artillerie continuait également et dangereusement. Le lieutenant Velasquez sauta de la trappe d'embarquement en faisant des grands signes. Les équipages et passagers ne se firent pas prier pour sortir des chimères et se ruer sur leurs sauveurs. Duval, Hofman et Griffent Clark et les membres d'équipage grimpèrent rapidement dans la valkyrie principale, sous le couverts des aigles de choc. Les dix-sept grenadiers ouvrirent le feu sur l'ennemi en surnombre qui arrivait de tout les côtés. L'ennemi tomba en masse, pour finir par forcer les soldats d'élite à se replier dans la soute de leur valkyrie, libérant un dernier rideau de tirs avant que l'énorme porte ne se referme. Une vingtaine de secondes avant le décollage, un hérétique parvint malgré la chaleur à approcher l'arme de coque et à y coller une charge explosive à retardement, avant de finir carbonisé.

Les trois valkyrie décollèrent sous les obus, et par manque de chance, une d'elle fut percutée de plein fouet. Elle se disloqua littéralement en une explosion mémorable et effrayante. Le transport de commandement monta dans les airs, à l'abri de l'artillerie et mis le cap sur Lostria, accompagné par la deuxième valkyrie. Mais celle-ci n'alla pas bien loin. La charge fait maison détonna sous le cockpit, tuant sur le coup le pilote de la valkyrie, qui effectua plusieurs cercles en se rapprochant dangereusement du sol, déversant son carburant et une fumée noire souillant le ciel bleu. Comme happée vers l'enfer qu'ils essayaient de quitter, les aigles de choc s'écrasèrent dans un quartier de Nem, alors que le dernier appareil aérien rentrait à la base.





--------------------Inter partie--------------------

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Un seul symbole est capable de représenter ces deux affirmations. Saurez vous le trouver ?

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MessageSujet: Re: [Opération Irène]   Jeu 25 Nov 2010 - 19:03

Ville de Nem, espace aérien
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 13H18
Valkyrie de transport n°3


Un bruit sourd retentit à l'extérieur de la soute et ébranla violemment la navette. Un soldat, son harnais mal attaché, vola contre le mur opposé sous la puissance du choc. Les lumières d'alarme rouges s'allumèrent alors que tout l'intérieur de la valkyrie tremblait. Le sol se pencha à la diagonale, suivant l'inclinaison du transporter qui tournoyait dans les airs en se rapprochant dangereusement du sol. Les harnais de sécurité maintenaient les passagers immobiles, mais celui s'étant mal attaché s'eut malheureusement brisé la tempe en percutant les murs, secoué par les soubresauts du véhicule.

Kelhad beugla aux grenadiers de se détacher et de s'équiper de leurs harnais antigrav afin de sauter en urgence. Chacun le fit, parfaitement en imitant les séances d'entraînement, quant tout se précipita après que le sergent Viktor n'eut actionné la commande d'ouverture de la soute afin de les extraire à ce cercueil volant. Arraché par la puissance de l'explosion et la force du vent, la porte de la soute disparut dans le ciel, laissant l'air et les bourrasques s'engouffrer à l'intérieur de l'avion en flammes. On pouvait voir au dehors les grandes traînées de fumée noire et les toits de la ville. Le différentiel de pression ouvrit le sas et créa un violent courant d'air dans l'avion, jetant tout le monde au dehors. trois troupiers de choc n'eurent pas le temps de s'équiper et furent happés dans le ciel, sans chance de survie. Quant aux autres, ils furent éjectés par le souffle et ralentirent leur chute en plein vol.

Les quatorze survivants des aigles de choc touchèrent le sol en douceur, à une vingtaine de mètres du site du crash, en plein milieu des ruines d'un petit immeuble. Tous étaient sonnés, affaiblis et démotivés. Le retour en enfer leur mina le moral, eux pourtant vétérans de nombreux combats. Des bruits retentirent autour de leur position quelques minutes plus tard.





Lostria, capitale planétaire de Lostrie
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 14H05
Aéroport militaire


La valkyrie de commandement atterrit lentement sur la piste, guidée par quelques techniciens qui agitaient des bâtons luminescent. L'équipe d'entretien s'affaira autour du véhicule pendant que la soute s'ouvrait et que les pilotes descendaient du cockpit. Le colonel Dietrich en personne était présent sous le soleil de plomb, et la température atteignait maintenant environ 50 degrés Celsius à l'ombre. Enfin, le colonel Hofman, Griffent Clark, le lieutenant Velasquez et le caporal Duval descendirent à leur tour du transport.

Dietrich s'approcha respectueusement et salua, salut rendu par les officiers de retour à la base.

« Heureux de vous retrouver à la maison messieurs, l'opération est un succès. »
« En effet, colonel, aucune informations compromettante n'est tombée en mains ennemies, vous pouvez féliciter vos hommes. »
« Féliciter qui ? Aucun n'est revenu. »

Le silence se posa suite à la remarque de Velasquez. Le psyker prit alors la parole.

« Si je puis me permettre messieurs, il y a plus d'une dizaine de survivants encore en ville. Je les ai vu en vision pendant le vol, ils ont sauté en parachute de la valkyrie en flammes. »
« Vous êtes sûr de ça, Clark ? »

Le lieutenant Matthew venait de faire irruption sur la piste d'atterrissage, et devant le silence réitéra sa question.

« Oui monsieur, j'en suis sûr. »
« Mes colonels, je demande une mission de sauvetage. »
« Avant de demander quoi que ce soit à un officier supérieur, veillez saluer, lieutenant. »

Dietrich avait adopté un ton très sévère, son amour pour le protocole et la discipline prenant le dessus.

« Pardonnez moi monsieur, mais nous leur devons bien cela. Je croyais que la devise de notre régiment, les 1ers de Lostrie, était de « Ne laisser personne derrière » ?
« Cessez votre impertinence lieutenant ! »
« Colonel Dietrich, calmez vous. Le lieutenant Matthew est certes peu discipliné, mais il n'a pas tords. Ces hommes ont tout donné pour me sauver, et sont maintenant coincés en territoire ennemi. Est-ce que nous allons les laisser là-haut et continuer de prier l'Empereur l'esprit-tranquille? »

Le colonel du premier de Lostrie parut se calmer en écoutant les paroles de son homologue du deuxième. Hofman avait touché un point sensible, et continua sa plaidoirie.

« Je propose de réquisitionner une force pour prendre d'assaut les bordures de la ville dans les plus brefs délais, afin de retrouver et de ramener nos hommes. »
« C'est entendu, je vous confie la responsabilité de cette mission, colonel Hofman. »
« Bien sûr. Nous les ramènerons en bonne santé. Lieutenant Velasquez, lieutenant Matthew, je suppose que vous désiriez participer à ce sauvetage ? »
« Naturellement monsieur. » Répondirent les deux officiers d'un même ton.
« Caporal Duval, vous avez quartier libre pour les deux jours à venir. »
« Merci monsieur. »
« Non, merci à vous de m'avoir ramené au bercail. »
« Je n'ai fait que mon devoir de soldat monsieur. »
« Et vous avez été exemplaire, l'Empereur en soit loué. »
« L'Empereur nous garde ! » Tonnèrent en coeur chaque membre de la réunion en plein air.

Finalement, la chaleur devint insupportable, et Dietrich mit proprement fin aux pourparlers.

« Je me dois de vous laisser messieurs, pardonnez m'en, quelques dossiers à traiter. »

Il salua parfaitement, et s'en alla sans autre forme de cérémonie, l'esprit occupé par les ressources que son collègue allait probablement gâcher pour sauver une poignée de soldat jetables. Il pouvait bien réconforter les lieutenants atteints de culpabilité lorsqu'il ne souhaitait pas les perdre inutilement, mais au final, il n'en restait qu'un gradé qui ne portait que peu d'intérêt pour la chair à canon lorsqu'elle devenait obsolète ou oblitérée. Le pouvoir l'attirait plus que l'humanisme, et cela désolait Hofman.
Le colonel maudit l'existence d'hommes de genre, mais se consola en se remémorant les états de service de Dietrich. Au moins, sa qualité d'officier surpassait sa morale peu appréciable. La chaleur le ramena à la réalité et il se rendit compte que les officiers autour de lui attendait en silence une quelconque directive.

« Messieurs, vous avez deux heures pour manger et vous reposer. À 1600 exactement, vous rejoindrez la salle de briefing. Rompez. »

La réunion se termina sur le salut de chaque officier, et leur départ vers l'intérieur de la base climatisée.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 15H17
Les rues


Les rescapés courraient à perdre haleine dans une étroite ruelle. Derrière eux, les poursuivants poussaient des hurlements de rage. Arrivé à un croisement, le groupe se glissa dans une rue adjacente dans l'espoir de semer les hérétiques qui les talonnaient de près. L'issue à la poursuite se matérialisa par une bouche d'égout dans l'ombre de deux bâtiments délabrés. Un soldat enjamba la trappe et l'ouvrit pendant que le reste de l'équipé s'agrippait et se laisser glisser à l'échelle poisseuse.

Ils touchèrent le sol, ou plutôt la fange quand leur camarade encore à la surface se faisait abattre avant de pouvoir les rejoindre. Viktor poussa un juron et prit la tête du groupe en lui indiquant de foncer droit devant. Voyant que peu réagissaient et que certains regardaient encore le haut de l'échelle, il s'exclama :

« En avant, qu'il ne soit pas mort pour rien ! »

Il leva son pistolet laser et fit feu sur la parois pour les ramener à la réalités, ce qui eu l'effet escompté. Les derniers retardataires se rallièrent à la troupe et entreprirent leur course dans l'eau et les déchets putrides qui leur montait jusqu'au genoux. Les égouts étaient en soit très peu éclairé, ce qui força les grenadiers à activer les lunettes infrarouges de leur casque pour constater qu'aucun ennemi n'était derrière eux, comme si les traîtres s'étaient arrêté à la surface, n'osant pas descendre ou n'en ayant pas l'utilité. Peut-être jouaient-ils avec le cadavre de leur ami tombé.

Cette pensée glaça l'esprit de DiStephano, un vétéran des aigles de choc. Inquiet du silence et du calme ambiant, il pressa la pas et rejoint en tête de file les deux sergents qui semblaient eux aussi nerveux, armes levées et sueur au front. Comme pour confirmer ses inquiétudes, des clapotis se firent entendre loin au devant d'eux. Chaque homme, tendu au maximum, s'arrêta net et campa sur place en levant son fusil radiant en direction des sons. Le sergent Kelhad ajusta sa lunette pour tenter de voir plus loin, et ce qu'il vit au travers de l'obscurité ne lui plut guère : une multitude de lueurs rouges. Elles restaient là dans la pénombre, attendant visiblement quelque chose.

Le sergent informa discrètement son homologue d'un bref signe de main de la présence d'entités hostiles, et chuchota le plus bas possible dans son communicateur dont la fréquence était réglée à toute l'escouade. L'adrénaline et l'entraînement prirent le pas sur le stress, comme la situation l'exigeait. Tous restèrent très calme, même quand des grognements émanèrent des ombres, et chacun cherchait une échappatoire. Ce fut Hadley qui la trouva, sous forme d'une porte de service au mur droit. Il prévint silencieusement ses camarades, et s'approcha lentement de la porte. Les grognements redoublèrent suite à ce mouvement, et parurent se rapprocher. Puis le soldat céda finalement à la panique, ayant subit plus de pression qu'il ne pouvait en supporter, et ouvrit sans plus de précaution la porte.

Les créatures bondirent de leur cachette et se révélèrent sous la lumière des coups de feu être des sortes de chiens. Non, plus gros, plus massif et plus dangereux. Leur épais pelage luisait maculé de sang, et leurs crocs aussi brillant que du chrome reflétaient le peu de lumière éphémère ponctuant leur cavalcade. Plusieurs tombèrent rapidement, mais la meute semblait ne pas souffrir de ces pertes, leur agressivité prédominant sur leur instinct de conversation. Les aigles se ruèrent dans le couloir de maintenance et le dernier referma la porte derrière lui, cherchant de quoi la bloquer. Il trouva au coin d'une étagère un grand tube de métal, qu'il entreprit de coincer entre la poignée de la porte et le meuble. A vrai dire, la coursive utilisée par les égoutiers était plutôt étroite, et il ne fut pas difficile de bloquer la porte. Trois autre soulevèrent une étagère en ferraille et la déplacèrent contre l'entrée, avant de continuer leur progression sous la faible luminosité rouge des lampes d'urgence. L'ambiance était lourde, très lourde. Le pire était, pour DiStephano, l'odeur de mort et de pourriture qui régnait.

Après quelques minutes de marche plutôt silencieuse, si ce n'était le bruit des ras s'enfuyant à la venu d'intrus dans leur domaine, les survivants découvrirent une cage d'ascenseur, encore en état de marche selon les voyants de la commande d'activation. Le problème principal se matérialisait sur une affiche faisant office de mode d'emploi, où était inscrit : dix personnes maximum... et malgré ce qu'en disait le panneau de contrôle, la machine n'avait pas vraiment l'air en état de fonctionner convenablement. Hors, les aigles étaient encore douze depuis leur descente en ce lieu humide et suffoquant.

Les hommes commencèrent à se regarder, et l'animosité grandissait. Aucun plus qu'un autre ne désirait rester ici. Hadley, de plus en plus nerveux, finit par demander la voix tremblante :

« Alors, qui restes en bas ? »
« Pas moi, par l'Empereur, je ne veux pas rester ici ! »
« Personne ne veut rester là DiStephano. Il suffira de faire deux voyages »
« Mais on est même pas sûr que ce truc puisse en faire un seul sergent ! »
« Du calme ! »

Tous se turent, et les deux sergents se mirent en tête de chercher une solution. De l'autre côté du couloir exiguë, des chocs retentissaient : les chiens du chaos revenaient, ou pire encore approchait. Les soldats se positionnèrent en deux lignes, une genou à terre, l'autre debout derrière pour couvrir leurs officiers. Les armes se levèrent quand un bruit sourd annonça l'arrivé des mutants, comme l'affirma les lunettes optiques. Les fusils radiants tonnèrent ensemble pour ouvrir le bal sanglant, abattant une bonne partie de la meute. Mais celle-ci, rapide et bestiale, progressa sous les tirs.

Un animal, si l'on peu encore appeler cela un animal, fit un grand bon et plaqua au sol un soldat de la seconde ligne en passant au dessus de la première. Avant que l'homme ne puisse réagir, il fut jeté en arrière dans la meute qui chargeait et arrivait au contact. Le malheureux gémit en touchant le sol, gémissement vite changé en un tonnerre de hurlements alors que les chiens démoniaques le dévoraient vivant. D'autres bêtes parvinrent à portée de charge en peu de temps, l'une d'elles fut allègrement accueillie d'un coup de crosse dans la mâchoire et retomba lourdement au sol pour être achevée, alors qu'une autre emprisonnait la cheville d'un soldat et le traînait implacablement vers ses congénères, dans l'ombre. Il hurla, revint des ténèbres mutilé, et fut rattrapé par les derniers membres de la famille qui périrent sous le tirs après avoir mis fin aux souffrances du défiguré. La meute était vaincue, au prix de deux hommes. Avec la technologie infrarouge, il s'avérait possible de percevoir leurs corps dans la pénombre, mais aucun de leur camarade ne daignât de ce spectacle, même pour leur rendre hommage. La scène, étroit goulet empli de cadavre répugnants de chiens gigantesques et des restes déchiquetés de deux braves, ne plaisait que très peu. Avec une froideur professionnelle et surtout calculée, Viktor reprit les rênes du groupe :

« Le problème est réglé, on est plus que dix les gars. On priera pour eux plus tard. Tous dans l'ascenseur, on ne sait pas ce qu'il y'a encore sous les égouts. »






Désert de Lostrie
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 18H00
Trois kilomètres de la ville de Nem


La force de sauvetage, constituée de trois escouades motorisées, de deux Leman Russ et d'un escadron de quatre sentinelles, gagna enfin les alentours de la ville après un pénible trajet sous le soleil. Les lieutenants Matthew et Velasquez se virent assigner le commandement de cette puissance de frappe assez conséquente, et prirent quartier chacun dans un tank d'assaut. Repartis dans deux chimères, vingt gardes entraînés pour le combat urbain attendait l'heure du combat. Quant au dernier transport, il ne contenait qu'une bande de cinq des rares Ogryns à disposition de la garde de Lostrie. Les chimères adoptant une formation en ligne entre les deux Leman Russ, les sentinelles quadrillant la troupe, ceux que les survivants nommeront les héros de Nem s'avancèrent vers la ville en ruine.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 19H10
Zone sud


Le seul refuge que les aigles de choc purent trouver fut le bâtiment de l'ancien hôpital, pas très grand mais encore en bon état. Autour de l'entrée et sur le parking, il ne restait des bunkers encore fumants et des batteries hydre que des tas de débris. Aucun ennemi dans les environs, à première vue. Ce lieu était une bénédiction pour les grenadiers, qui sortis des égouts et ayant couru dans toute la ville pour trouver un lieu tranquille, avaient essuyé plusieurs combat de rue et désiraient plus que tout un peu de répit. La troupe gravit les escaliers jusqu'au second étage, comportant des chambres d'internement ainsi qu'une salle d'opération. Les deux médecins survivants, accompagnés du duo de sergent, emmenèrent un blessé au bloc tandis quatre autres camarades se reposaient dans des lits et que le dernier rescapé faisait le guet aux fenêtres donnant sur l'entrée.

Le courageux vétéran avait reçu une balle en plein dans les côtes pendant une fusillade, et s'il n'avait pas eu cette rage de survivre et de continuer, Viktor l'aurait bien abandonné sur place. On l'allongea sur la table d'opération, et les toubibs se mirent au travail sous les yeux de leurs assistants du jour. Il n'y avait pas de fenêtre pour laisser passer la lumière étouffante du soleil, mais l'énorme néon du plafond fonctionnait encore, faiblement mais suffisamment. En fouillant dans les armoires et le local du matériel, un officier médical trouva un flacon d'anesthésiant et la seringue qui allait avec. Il s'approcha du patient, un écarteur dans une main et l'analgésique dans l'autre :

« Jonher, on va essayer de te faire le moins de mal que possible, mais tu risques de morfler quand même. »
« Ca va Rico, j'ai l'habitude... Fait ton boulot. Ca m'gonfle... »

Le docteur Rico Hallhahando, revêtu d'une blouse pour l'occasion, planta l'aiguille dans la région de la blessure, sur le flanc droit, et endormit toute la zone des côtes de ce côté. Son collègue mania lui prit l'écarteur des mains, et entreprit d'agrandir suffisamment la plaie pour y passer la pince. Jonher supporta difficilement la douleur, mais fit abstraction de signaler sa souffrance devant deux sergents. Rico introduit l'instrument censé récupérer la balle logée entre deux côtes, et le soldat ne put laisser échapper un petit gémissement étouffé.

Après plusieurs minutes d'habiles manoeuvres pour tenter de saisir la balle, la sueur commença à perler sur le front des deux médecins, ce qui rendait le blessé encore plus stressé. Suite à un trop brusque mouvement d'un instrument, il remua involontairement ce qui déplaça l'écarteur et fit perdre prise à celui qui maniait en aveugle dans le corps de son patient. Kelhad se dépêcha de plaquer Jonher sur la table et l'immobilisa, Viktor essuya la sueur des médics et ils reprirent leur opération. Jonher ne se tordit plus une seule fois de douleur, celle qu'il eut ressentie en bougeant la plaie grande ouverte étant bien plus intense que la fouille, et l'intervention progressait. Mais la balle avait pénétré assez profondément pour que cela amène quelques complications.

Hallhahando parvint enfin, après quinze minutes de combat, à extraire l'éclat de métal de son patient en pleurs. Le deuxième médecin entreprit alors de recoudre rapidement la plaie béante, ce qui fut effectué avec brio. Une compresse enduite de désinfectant et un épais bandage terminèrent l'action médicale. Kelhad et Viktor laissèrent les deux médecins de terrain décompresser et portèrent Jonher jusqu'à un lit quand Hadley prenait son tour de garde.

« Voilà une bonne chose de faite, tout nos hommes sont opérationnels. Il faut croire que les premiers à mourir sont toujours ceux qui sont déjà blessés. »
« D'un certain côté, ça nous arrange. »
« Vic', cesse donc d'être aussi froids... »
« J'ai déjà eu la preuve aujourd'hui que les blessés ne sont que des boulets pour une escouade. D'autre part, j'ai vu assez de carnage pour passer outre des sentiments comme la compassion ou la pitié. En enfer, à la guerre, je tient à ma vie. »
« Je vois... mais dis moi, pourquoi être venu se battre alors ? »
« Je n'ai simplement pas eu le choix, envoyé en camp par la famille... J'ai jamais demandé à devenir chef d'unité. J'ai jamais demandé à avoir des hommes sous ma responsabilité. Et j'ai jamais demandé cette foutue guerre ! »
« Je peux comprendre, je crois.... »
« Et toi, ta motivation pour l'enfer ? »
« Si on survit, je t'en parlerais. »
« Et pourquoi pas tout de suite Kel' ? »

Kelhad s'allongea sur une couchette et retira son casque, il posa son arme au pieds du lit, et son arme de poing sous l'oreiller.

« Reposons nous tant qu'on le peut. »
« Mouais, j'aime pas dormir sur le champ de bataille... »

Viktor, de plus en plus grognon se coucha dans le deuxième lit de la chambre. Dans la chambre d'à côté, deux DiStephano qui était de garde et deux soldats incapables de dormir discutaient pour passer le temps et tuer le stress.

« C'est un gars du 3eme qui me l'a raconté, il en a vu un pendant le débarquement ennemi. »
« Racontes ! »
« C'est énorme, ça doit bien faire dans les 2 mètres quarante. Musclé, insensible au balles, terrifiant, impossible à stopper ! Ca a pulvérisé un peloton entier avant de prendre une rafale de bolter lourd dans le buffet... et ça s'est relevé ensuite pour éventrer la chimère ! »

Les deux soldats se penchèrent en avant sur leurs couchettes, attentifs aux racontars du grenadier. Lui prenait un malin plaisir à user de l'intonation, comme un acteur de théâtre.

« Le monstre est seulement mort quand un tir de canon laser lui a arraché un bras, et encore, il bougeait toujours avant qu'on l'achève. »
« Qu'est-ce que c'est ? »

DiStephano arbora un sourire mesquin, et prononça à voix basse :

« Un berserker démoniaque... C'est comme ça que mon compadre l'a appelé. »
« Un truc comme ça peut pas exister... ou alors le commandement déploierait de quoi les descendre. »
« Tu penses... les huiles nient en bloc qu'ils ont déjà affronté ces merdes ! Plutôt laisser crever l'infanterie mobile, c'est pour ça qu'on l'a créée non ? »
« Et... à t'on avis, on risque d'en rencontrer un ici ? »
« J'sais pas... si près de Lostria, l'ennemi a sûrement envoyé de quoi percer nos lignes... »

Un lourd silence se posa, le conteur ayant le sourire et ses deux auditeurs paraissant inquiets. Puis un cris retentit et perça la tranquillité de l'hôpital :

« Contact !!! »

Hadley sursauta en apercevant au pied de l'immeuble des lueurs sous le soleil couchant. Il enfila et ajusta ses lunettes optiques pour voir plus loin et plus précisément, mais ne vit plus rien. Sûrement son imagination et les effets du stress, se dit-il.

« Fausse alerte, désolé. »





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 19H15
Zone est, entrée de la ville


Les impériaux entrèrent lentement dans la ville, avançant avec précaution. Suite à l'opération Irène, l'ennemi avait envoyé des forces sur place pour consolider la position. D'après les rapport d'observation à haute altitude, les renforts du chaos étaient tout de même conséquents. Pourquoi voulaient-ils tant tenir Nem alors que leurs prisonniers n'y étaient plus ?

La troupe se trouva en face d'un éboulis une fois arrivée dans les rues de la ville. Le Leman de tête abaissa sa lame de bulldozer, et entreprit d'enfoncer l'obstacle. Les ruines de bâtiment s'écartèrent pour laisser passer le tank, qui ouvrit le passage et découvrit au centre du carrefour où il venait de déboucher deux chimères abandonnées et en très mauvais état. Velasquez reconnu immédiatement celles qu'il avait laissé lui et ses hommes pour fuir la ville par les airs. Après la frappe d'artilleries qu'elles avaient prises et dont ils avaient miraculeusement échappé, les deux véhicules étaient inutilisables. Il ne restait que carcasses vides.

Ils ne s'attardèrent pas sur ces deux épaves, et en défonçant la seconde barrière de débris continuèrent de chercher le site du crash de la valkyrie. Peu après, ils passèrent au travers du barrage routier censé arrêter le convoi lors de sa fuite, lui aussi déserté. Du reste, le boulevards est s'étalait sur toute sa longueur, jonché d'épaves fumantes et éventrées. Hormis le son des chenilles et des pas des sentinelles, un calme absolu régnait. C'est grâce à une épaisse colonne de fumée noire que le détachement repéra le site du crash, et se dirigèrent dans sa direction.

Le terrain alentour était atrocement accidenté, et impraticable pour des blindés, même pour les Leman Russ. Matthew ordonna à l'escadron de sentinelles de se charger de l'inspection, et les quatre marcheurs s'engouffrèrent entre les ruelles et les crevasses. Ce qu'elles trouvèrent ne fut qu'un profond cratère empli de débris métallique et encore en feu. Apparemment, aucun survivant possible. Le crash avait visiblement été beaucoup trop violent. Les marcheurs rebroussèrent chemin en inspectant la zone, sans grands succès. Mais, par chance sans doute, un pilote remarqua au coin de son champ de vision une lueur suspecte. Il fit pivoter sa machine, et entra dans les ruines d'un immeuble affaissé. Plus d'une dizaine de harnais antigrav avaient été abandonnés sur place. Il pressa quelques boutons de son habitacle, et mis son oreillette.

« Mes lieutenants, on a des traces de survivants. Quatorze harnais antigrav, ils s'en sont plutôt bien sortit. Que faisons nous ? »
« Ca fait plus de six heures qu'ils se sont écrasés, ils ne sont plus dans les parages et ont cherché un refuge loin de leur dernière localisation connue de l'ennemi. » Répondit Velasquez.
« Et on ne peut pas essayer de les contacter sur la radio longue fréquence, l'ennemi localiserait leur position et la nôtre. » Remarqua Matthew.
« Même si on tentait le coup, ils ont probablement abandonnés leur radios pour ne pas être tracés. Selon l'entraînement, ils doivent nous avoir laissé des indications. »
« Je vois. »

Le lieutenant de l'aviation entra une commande dans son tactitable et observa la carte de la ville qu'il venait d'afficher. Après quelques secondes d'évaluation, il reprit dans le communicateur de son char.

« Selon la carte, l'endroit ayant la plus forte probabilité de leur servir de point de ralliement est l'hôpital de Nem. Il est encore en bon état, et l'ennemi l'a déserté depuis ma frappe aérienne de ce matin. »
« En effet, mes hommes ont bien put le rallier, pour profiter de l'infrastructure et se cacher. Ca ne m'étonnerais que très peu des sergents Viktor et Kelhad... l'un préférant s'occuper des blessés, l'autre se retrancher sur ses positions. »

Un sourire apparut à la commissure des lèvres du lieutenant du peloton alpha.

« Je suis même sûr qu'ils sont là haut. En avant. »





--------------------Inter partie--------------------

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Un seul symbole est capable de représenter ces deux affirmations. Saurez vous le trouver ?

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Ba'al
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MessageSujet: Re: [Opération Irène]   Jeu 25 Nov 2010 - 19:03

Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 19H50
Hôpital


Le soleil se couchait. Depuis la fenêtre où il s'était posté pour la garde, Hadley pouvait le voir disparaître derrière les dunes de sables qui bordaient Nem. Il sourit. Alors que pour certains, le couché de soleil était un moment romantique, pour la garde, pour les soldats comme lui, au front, ça ne signifiait rien de bon. Encore dix minutes, et ce serrait la relève.

Les minutes lui parurent longues dans le calme de l'hôpital. Il n'avait jamais aimé ce genre d'endroit. La relève arriva finalement, avec un peu d'avance. L'exclamation du soldat fit sursauter Hadley.

« La relève mon gars, va te reposer ! »
« Euh... oui, merci... »
« T'as l'air stressé toi... un ptit café ? »
« Non merci, c'est mauvais pour ce que j'ai... »
« Bah comme tu veux gars. »

Le grenadier se posta à la fenêtre à son tour, laissant Hadley sortir de la chambre Celui-ci avait grise mine, et ses compagnons qui le virent passer dans le couloir lui conseillèrent d'aller boire un coup. Il entra dans le petit salon réservé aux infirmières du service, et trouva un petit frigo, contenant des bouteilles d'eau. Il attrapa un verre vide sur la table, le rinça abondamment pour retirer la poussière et le remplit. Hadley s'apprêtait à le porter à ses lèvres lorsque quelque chose le troubla : il reposa le verre sur la table, et l'observa attentivement. La surface de l'eau tremblait. Instinctivement, il recula et posa sa tête contre le mur pour écouter. Faiblement, un bruit sourd retentissait à intervalles trop réguliers pour que ce soit d'origine naturelle.

Pris de panique, le garde sortit en courant du salon et se dirigea vers la chambre des deux sergents quand soudain... Le vacarme d'une pote en fer brisée retentit de façon irréelle dans tout le bâtiment. « Ils viennent de forcer la porte d'entrée » fut la première chose à quoi pensa Kelhad en sursautant de son lit. Il se leva brusquement, mais fut dépassé par Viktor qui eu la même idée que lui.

Le sergent se rua vers l'aigle de garde et le plaqua contre le mur de la chambre en le soulevant par le col.

« Comment tu as pu laisser des ennemis se ramener sans nous prévenir espèce de con ! »
« Je ne n'en vu aucun ! Lâchez moi sergent s'il vous plait ! »
« S'ils ont pris l'entrée on va plus pouvoir s'enfuir d'ici, on est bloqués connard ! »
« Vic' ça suffit ! »

Kelhad décocha un crochet violent dans la mâchoire de son camarade qui retomba sur les fesses, surpris de la violence du second sergent.

« Si on continue à gueuler comme ça, l'ennemi nous trouvera facilement, alors fermez là. Eteignez toutes les lumières, branchez vos lunettes et préparez vous. Konrad, tu vas racheter ta faute et partir en éclaireur, reste branché sur la fréquence de l'escouade et vas-voir ce que c'est. »
« Ou... Oui sergent... »

Toute l'équipe était venue assister à la scène, et après la remise en place effectuée par leur sergent, ils se turent. Ils éteignirent toute les lumières et se branchèrent sur infrarouge, comme ordonné, et de déployèrent dans le service médical, armes en main. Konrad, complètement stressé, suivit le mouvement et s'approcha finalement de la porte du service le reliant avec le couloir des ascenseurs et escaliers. Il activa son oreillette, et parla faiblement.

« J'y vais... »
« Bien Konrad, calmes toi, ici Kelhad, je vais rester en contact avec toi. »
« Merci sergent... »
« Tu vas commencer par descendre au premier et vérifier qu'il n'y a rien. »
« Compris sergent... L'ascenseur ne répond pas. »
« Prends les escaliers, c'est plus discret. »
« ... »
« Tu y est ? »
« Oui, rien d'anormal à l'entrée du 1er... »
« La cage d'escaliers ? »
« RAS. »
« Bien, entre dans le bloc opératoire et fait une ronde. »
« ... »
« Konrad ? »
« ... »
« Konrad ?! »
« L'ascenseur arrive... »
« Remonte tout de suite Konrad ! »
« Je n'aurais pas peur... »
« Konrad ! Remonte ! »
« Je n'aurais pas peur... »
« Bordel, mais reviens ! »
« Je n'aurais... aaaaaaaaah !!! »

Des hurlements de douleurs et des cris inhumains retentirent dans l'oreillette de Kelhad, puis la fréquence se retrouva emplie de parasites, puis le silence. Tous entendirent la conversation, et surtout son dénouement.

« Sergent, qu'est-ce qu'on fait ? »

DiStephano répondit à la place de son supérieur, sur un ton vindicatif afin de motiver ses frères.

« Au nom de l'Empereur, on va botter le cul à celui qui a tué Konrad, et se barrer d'ici. »
« Moi je propose qu'on attende les renforts en se cachant... »
« Hadley, comment on va se cacher ? Y'a aucune autre sortie, et l'ennemi est déjà au premier, il va pas tarder à arriver ici. »
« Je te rappelle qu'on est plus que neuf dans un lieu clos, tu veux qu'on se fasse massacrer ? »
« Autant mourir en essayant de survivre alors ! »
« DiStephano à raison, on va sortir d'ici, c'est notre seule chance. »

Viktor mis fin à la conversation sur sa réplique, et se dirigea prudemment vers la porte. Il fit signe de le suivre, et tous vinrent. L'équipe marchait doucement, sans faire de bruits, approchant de la porte menant à la cage d'escaliers. Tout était silencieux. Un soldat approcha sa main de la clenche, la sueur au front.

Un bras énorme et blanc, bardé de muscles défonça violemment la porte, projetant l'homme contre le mur sous l'effet du choc. Une créature gigantesque se jeta sur lui d'un seul bond, l'attrapa de sa main griffue et l'envoya s'encastrer dans le mur opposé en une gerbe d'hémoglobine. Le garde resta scotché au mur. La bête se redressa sur ses pattes démesurée, ses yeux rouges luisant en deux points blancs vus par les lentilles optiques, de la vapeur sortant de ses naseaux et de sa gueule. Elle mesurait plus de deux mètres et demi, et portait à certains endroits les restes d'une armure énergétique, dont des chaînes pendaient un crochet à leur bout. Dans son dos, un hachoir impressionnant dégoulinait de sang. Le reste n'était que peau blafarde et muscles saillants.

Les aigles de choc étaient subjugués par un tel monstre, et après une seconde d'observation, comprirent qu'il valait mieux ne pas rester là à rien faire. Tous ouvrirent le feu de leurs radiants lasers, illuminant le couloir plongé dans l'obscurités, et chaque tir toucha la cible avec précision, et sans effets. Le berserker démoniaque chargea tête baissé en hurlant un cri guttural, percuta de l'épaule un pauvre homme qui fut jeté au sol dans un gémissement de douleurs. La bête s'intéressa plus à lui qu'aux autres, qui fuirent promptement vers les escaliers. Elle s'avança vers lui, posa une patte sur son torse et le décapita en moins de temps qu'il faut pour le dire, rependant une traînée de sang de par son sinistre hachoir. Sans se soucier du reste, elle sauta dans la cage d'escalier, à la poursuite des survivants.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 20H00
Zone sud


De toute la ville, la zone sud était la plus défendue par l'ennemi. Comme si l'ennemi ouvrait une énorme main pour enfermer dans son poing le quartier résidentiel. La nuit était vite tombée, et les quelques lampadaires encore fonctionnels éclairaient sporadiquement les rues au rythme des soubresauts d'une centrale électrique mal entretenue par une semaine de combats. A y regarder, seulement sept jours suffirent pour amener Nem à ce qu'elle était en cette soirée. Un tas de ruines, un champ de bataille, un cimetière, un bourreau pour les familles et une fosse pour les chiens de guerre avides d'action, de meurtre, des ignominies humains et innées.

Une sentinelle de l'escadron pivota brusquement sa cabine, juste à temps pour carboniser dans un flot de prométhéum enflammé un hérétique qui allait lancer une grenade à ses pieds. Les marcheurs s'étaient lancé à l'assaut des alentours d'un super marché, apparemment centre de commandement avancé ennemi. La saint-lance flamme lourd immola à nouveau un groupe d'infidèles chargeant désespérément les monstres d'acier. Leurs corps, embrasé et courant en tous sens, semblaient de funestes feu-follets dans la nuit noire.

Le pilote de la troisièmes sentinelle poussa un juron en voyant une grenade antichar percuter son habitacle et exploser contre le blindage de la tête du marcheur. Sous le choc, ses instruments s'affolèrent et il perdit un bref moment le contrôle de son véhicule, effectuant involontairement quelques pas en arrière. Le monstre d'acier trébucha alors sur un pan de ruine, et s'écrasa de tout son poids sur le sol. Aussitôt, une horde d'hérétiques se rua vers le marcheur immobilisé, ne prenant pas compte de tirs de couverture qui les fauchaient aussi facilement que du blé lors de la moisson. Un homme particulièrement défiguré grimpa sur la cabine et se pencha sur l'ouverture qui permettait au pilote de voir son environnement. Un tir de laser venant de l'intérieur perfora le crâne du serviteur de la ruine, et il s'écroula sans un autre bruit, stoppé dans ses hurlements barbares. Ses camarades revinrent à la charge avec entrain en scandant leur hymne de bataille, inlassablement et d'une voix forte.

« Au coeur du carnage, les chiens de guerre luttaient sans merci, dans un ballet mortel où les flots de sang versés ne suffisaient point à étancher, leur soif de vaincre ! »

Un d'eux, nettement plus grand distinguait sa silhouette dans les ténèbres de la nuit. Une gerbe de flammes non loin de lui l'éclaira assez de temps pour permettre de distinguer une armure énergétique noire, bordée de rouge sombre, aux épaulettes blanches. Debout fièrement sur une pile de décombres, il poussa un hurlement et beugla en s'élançant tête baissé.

« Un ciel en flammes, une terre ensanglantée et un air rempli de mort pour la légion ! »

Le colosse détacha les sangles retenant son arme pendant sa courte course, et finir par sauter et retomber à pieds joints sur la cabine de la sentinelle tombée. Un autre marcheur s'avança rapidement vers lui en déversant un torrent de flammes. Le space marine disparut de la vue de son agresseur, son corps noyé dans les flammes qui l'englobaient. De la fournaise, deux sphères de plasma rouges fusèrent vers la sentinelle et perforèrent sans mal la couche de plastacier. L'épaule et la tête du pilote furent réduits en une bouillie fumante tandis que son marcheur s'écrasait et que le fils du chaos reprenait ce qu'il avait entreprit avant de se faire importuner : de deux violents coups d'eviscerator il éventra la coque, pour recevoir en pleine poitrine une bonne dizaine de tirs de pistolets laser qui ne lui firent aucun mal. L'impérial, apeuré, continuait de presser la détente de son arme alors que la cellule d'énergie était vide, et paralysé n'opposa aucune résistance aux dents de la lame qui lui labourèrent le corps dans une explosion de sang, d'éclats d'os et de chair. Beatus redescendit avec joie de la carcasse, sans remarquer ce qui arrivait au coin de son champ de vision.

Le Néo-Légionnaire fut percuté de plein fouet par la patte d'un des deux derniers marcheurs et s'envola sur plusieurs mètres avant de passer au travers d'un mur délabré. La violence du choc l'étourdit un moment, pendant que les faibles fidèles sous ses ordres n'étaient de taille devant les deux marcheurs de combat. Un jet de prométhéum juste au dessus de lui ramena le seigneur massacreur à la réalité et il se dépêtra du tas de débris qui lui étaient tombés dessus. Il se rendit vite compte qu'il avait perdu ses armes en plein vol, et dû se contenter d'une grosse barre d'adamantium appartenant autrefois aux entrailles des murs. Le marcheur qui l'avait importuné revint à la charge en crachant le feu. Le seigneur de Khorne, son arme de fortune serrée fermement dans ses mains, esquiva le cône infernal et se mettant à couvert derrière les restes du mur, puis s'élança en hurlant.

La sentinelle leva son pieds gauche pour l'écraser, le manquant de peu alors qui effectuait une roulade entre les jambes de métal. Les articulations de la machine grincèrent et Beatus, de toute sa force génétiquement améliorée et amenée à son paroxysme, frappa d'un grand coup de taille le « genou » du véhicule. Le mécanisme plia, assez pour permettre au lieutenant de la croisade noire de sauter dans le dos de la sentinelle et de s'agripper au pot d'échappement. Le pilote fit relever le marcheur et le secoua dans tout les sens telle une bête que l'on essayait de dompter, mais rien n'y fit. Beatus saisit une grenade frag à sa ceinture et la fit tomber dans le circuit d'échappement pour ensuite sauter et retomber dans les ruines. L'explosion déchira l'arrière de l'unité, tuant le pilote sur le coup et faisant exploser le moteur dans un feu d'artifice écarlate.

Il en restait une, et en se relevant, le seigneur massacreur ne l'aperçut nulle part. Elle avait sûrement quitté les lieux. Beatus maudit une telle lâcheté, et retrouva son pistolet plasma au sol. Il n'eu également aucun mal à retrouver son eviscerator dont le moteur tournait encore, produisant son bruit caractéristique dans le silence et parmi le râle des blessés.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 20H08
Zone sud, quartier résidentiel #1


Velasquez, assis sur la tourelle de son Leman Russ en attendant l'équipe de reconnaissance, fumait un cigare en observant le ciel. Malgré la pollution de Lostria, il pouvait voir quelques étoiles. Comme il aurait aimé partir d'ici, de ce monde, de cette guerre. Démissionner, partir, vivre ailleurs. Les étoiles étaient si belles. Les rêves aussi. Le lieutenant sortit de sa vareuse une photo en noir et blanc, sa femme et sa fille. Il versa une larme en revenant à la réalité. Mortes. Elles étaient toutes les deux mortes sur un monde agricole où il les avait envoyées se réfugier peu avant l'arrivée du chaos sur Lostrie. Pas de paix, pas répit, pas de pitié. Partout, il n'y a que la guerre. Cela ne lui servirait à rien finalement de quitter ce monde. Il referait sa vie sur un autre, et se verrait frappé par une autre guerre, d'autres proches à perdre. Voilà la réalité, chaque homme est condamné dans cet univers sordide. Il n'y aurait pas d'issue, il n'y en a jamais eu.

Il fut coupé de sa réflexion solitaire par une petite explosion à plusieurs centaines de mètres dans le premier quartier résidentiel de la ville. Un mauvais pressentiment l'envahis en voyant une colonne de fumée s'élever au dessus d'une grande rue éclairée par un brasier. Il sauta dans l'écoutille du char et une fois à l'intérieur saisit le communicateur et le brancha sur la fréquence des sentinelles envoyées repérer le terrain.

« Escadron de reconnaissance Téta. Ici Lieutenant Velasquez. Au rapport ! »
« Préparez vous à une attaque, l'ennemi vient de détruire les trois autres sentinelles ! »

La communication se coupa brusquement quand une nouvelle explosion secoua les rues, beaucoup plus violente que la précédente. Un tir d'obusier. Il fallait supposer que le dernier marcheur venait de sauter, et, à la rigueur, les deux lieutenants de la force n'eurent pas le temps d'y réfléchir. Un tir de canon laser percuta soudainement le blindage avant d'un des Leman Russ, secouant l'équipage ainsi que le lieutenant Matthew à l'intérieur. L'ennemi arrivait.

Un Leman Russ Demolisseur, accompagné de tout un groupe de motards s'avançait depuis l'autre bout de la rue. Velasquez beugla l'ordre dans le communicateur et les impériaux se mirent en formation. Les trois chimères en ligne, séparées par les deux Leman Russ. Par mesure de précaution, les gardes et les Ogryns descendirent de leurs transport et se replièrent, à couvert dans les ruines derrière la ligne de chars qui occupait toute la largeur de la rue. Les premiers tirs tonnèrent et le concerto commença par la détonation assourdissante des deux obusiers impériaux. L'aiguë mélodie des violons s'amorça sur les sifflements des multilasers, les canons lasers étant les plus gros instruments à vents de ce lugubre orchestre, les moteurs résonnaient comme les cuivres de cette représentation... Les explosions ses percussions, et les cris de guerre ses cantiques épiques. Un nouvel hymne à la guerre, encore et encore.

Les motards se faisaient cueillir par les salves de multilasers et de bolters lourds et ne parvenaient pas à passer le barrage de tirs. Au delà de cinquante mètres de la ligne de tir, plus rien ne passait. Hormis le Demolisseur qui survivait avec arrogance aux obus et aux tirs de canon laser. Son terrible canon donna naissance à une superbe explosion dans la ligne, pulvérisant violemment la chimère centrale en explosant à quelques mètres d'elle. La carcasse se retourna sous le souffle et s'écrasa plus loin en arrière. Le tank renégat chargeait un nouvel obus quand un tir bien ajusté de canon laser percuta sa tourelle, la transperçant de part en part et rendant l'armement inutilisable dans une déflagration mémorable. Mais le char tenait bon et continuait d'avancer. Un obusier impérial fit finalement éclater la chenille droite de sa cible, qui glissa de côté, exposant son flanc dans les dernières secondes de sa course. Un dernier tir de canon laser acheva le blindé, qui se retourna en percutant le rebord d'un cratère et s'arrêta à une dizaine de mètres de la ligne impériale. Au loin, les quelques biker survivants prirent la fuite.

Une clameur de joie et secoua les rangs de l'Imperium, les équipages sortant de leur chars et les fantassins quittant leurs couverture pour grimper sur les coques et féliciter les artilleurs. Les Ogryns, moins social, poussaient tout de même des hurlements de victoire. Velasquez alluma un autre cigare, et en regardant ces hommes joyeux quitta sa mélancolie. Une victoire est une fête, certes éphémère, mais une fête. La satisfaction de mettre l'ennemi à bas était peut-être, au final, une des seules joies qui restait au soldat. Mais qu'importe, s'il était heureux comme ça, heureux de servir l'Imperium et ses idéaux. Le lieutenant sauta de la tourelle où il était assis, et se dirigea un peu plus loin vers les restes encore fumants d'une de ses chimères. Toute la partie avant du tank avait été soufflée et broyée par la puissance du canon démolisseur, le reste avait brûlé... Aucun survivant, mais à priori, aucuns dégâts à l'intérieur. L'officier porta ses mains gantées de cuir à l'écoutille, tournant de toute ses forces pour l'ouvrir malgré la chaleur du métal brûlant. Il n'y arrivait pas, et c'est le gros malin Ogryn qui vint vers lui.

« J'vais vous ouvrir ça chef. »
« Merci, Mak. »

De ses puissantes mains nues, l'Ogryn arracha l'écoutille et plongea à l'intérieur des restes du char. Il semblait moins souffrir de la chaleur, ou alors endurer plus. Il en ressortit chaque corps carbonisé, certains mutilés, et le reste de son escouade ayant rejoint cette scène funèbre descendirent les corps et les posèrent au sol. Le gros malin ressortit du cercueil de métal, et ordonna clairement aux autres abhumains.

« Emportez les, prenez les 14-18 sur les autres chimères et faites leur une tombe décente. »

Le lieutenant du peloton alpha s'étonna d'une telle intelligence et d'un tel respect de la part des brutes épaisses de la garde impériale. Eux à l'intellect limité... Mak remarqua la surprise de son supérieur, et lui expliqua simplement de sa voix taillée au couteau.

« On est pas très intelligents, mais on sait ce que c'est, le respect. Ces types là nous ont transporté jusque ici, sans être gênés par le fait qu'on est pas humains, qu'on est mutants. Alors on leur doit bien ça. »

Le mutant esquissa un sourire grossier, mais plein de sens pour le lieutenant. Il saisit la pelle encore brûlante sur les restes de la coque, mis un corps calciné sur son épaule, et partit rejoindre son escouade dans un jardin proche.

« L'Empereur vous attends à sa droite, frères tombés au champ d'honneur. »

Velasquez rejoint alors la fête. Célébration qui ne dura pas plus longtemps. Un sinistre bourdonnement empli l'air et coupa court les festivités. Deux ombres titanesques descendirent du ciel noir et criblèrent les impériaux de balles, emportant nombre de malheureux dans la tombe avant qu'elles ne disparaissent et ne reviennent, chacune d'un côté de la rue et encerclant la ligne impériale. Deux thunderhawk. Les équipages se réfugièrent dans leurs chars tandis que les fantassins se mettaient à couvert entre les véhicules, et que leurs agresseurs déchargeaient leur cargaison. Des deux côtés de la rue, sur les toits, une dizaine de berserker débarquaient et leur transports redécollèrent.

« Du sang pour le dieu du sang !!!!! Pour Khorne et pour la croisade noire !! »

Les serviteurs du dieu des crânes sautèrent des toits et s'attaquèrent violemment au convoi, comme des bêtes enragées. Le champion des crânes de la première escouade se rua sur la chimère encore intacte toute proche, sautant au dessus d'un cadavre de ses guerrier qui venait de périr sous le multilaser. Il attrapa une bombe à fusion à sa ceinture et la colla au flanc du véhicule avant qu'il ne démarre, en même temps que les deux Leman et la dernière chimère ne prenaient la fuite. Le tank de transport explosa après quelques secondes; le bruit ne réussissant pas à couvrir le bruit du corps à corps et les hurlements de rage. Un des berserker trancha la carotide d'un garde, pour loger ensuite un bolt dans le corps d'un autre. Il éclata de rire avant de sentir une baïonnette pénétrer le dos de son armure et son corps imploser jusqu'à la mort.

« Pour Lostrie et l'Empereur-Dieu !!! »

Le soldat périt immédiatement après, sa colonne vertébrale broyée sous un coup de hache tronçonneuse. Le berserk repoussa le corps d'un coup de pied avant de se retourner brusquement et d'ouvrir la cage thoracique d'un homme qui allait l'attaquer. Trois autres se jetèrent sur lui. Un revers de pistolet bolter jeta un des agresseurs au sol pendant qu'un autre se voyait décapité et que le dernier plaquait le guerrier du sang au sol avant de recevoir un bolt en pleine poitrine. Le Lostrien jeté au sol se releva rapidement et planta sa dague de combat dans la jointure du coup du marine, le tuant en un ultime effort, terminant sa vie empalé sur une épée et soulevé au dessus du sol par la puissance des berserker de Khorne. Le massacre fut terminé en moins d'une minute, mais les soldats du 2nd de Lostrie avaient vendu chèrement leur peau en emmenant avec deux deux meurtriers. Les marines du chaos chantèrent leur victoire et récoltant les crânes, quand un d'eux entendit un grognement suspect. La dernière chimère revenait à la charge, le multilaser et le bolter lourd envoyèrent chacun une cible à la droite de leur dieu alors qu'un des guerriers se mit à courir droit dans la direction du char lancé à plein régime. Il saisit la charge à fusion à sa ceinture et une fois que le véhicule ne pourrait plus l'esquiver, il resta sur place l'explosif en main et hurla un puissant cri de guerre.

Le tank de transport percuta de plein fouet le marine qui, nerveusement, activa la bombe à fusion. La corps passa sous le char, de même que la charge qui se colla sous le tank. La chimère eut le temps de faucher un deuxième berserk avant d'exploser en plein milieu de leur groupe qui n'avait pas eu le temps de fuir. Des vingt chevaliers de la guerre, il n'en restait que peu désormais. Et les deux Leman Russ leur avaient échappé, les officiers à l'intérieur. Mais malgré l'objectif de leur missions, ils avaient fait une belle offrande à Khorne. Seul cela importait, pour eux. Une fois la récolte terminée, emportant même les crânes de leurs camarades tombés, ils quittèrent les lieux pour rejoindre l'avant poste à pieds.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 20H19
Zone sud, quartier résidentiel #1


Les aigles de choc courraient à perdre haleine dans le dédale de rues que constituait le 1er quartier résidentiel de Nem. Des maisons riches pour la plupart, enfin, ce qu'il en restait. Et à la limite, les soldats n'avaient pas le temps de se préoccuper du décors. A leur trousses depuis l'hôpital, le berserker démoniaque gagnait lentement mais sûrement du terrain sur ses proies. Les survivants, éreintés, s'arrêtèrent pour souffler au beau milieu d'une petite place publique, comportant un pilier en son centre où culminait une statue de Mikael Palatrov. Plus aucun signe de la bête derrière eux. Kelhad s'assied sur un banc et entreprit une inspection complète de son arme, sous l'oeil surpris du médecin Hallahando.

« Pourquoi faîtes-vous ça en pleine fuite sergent ? On a pas le temps. »
« On ne sait jamais. »
« Qu'est-ce que vous voulez dire sergent ? »
« On peut lancer une pierre un million de fois, elle ne retombera jamais de la même façon, alors on ne sait jamais. »

L'officier médical se tut et leva la tête vers le ciel en entendant un grondement inquiétant, pendant que le chef d'escouade démontait et remettait en place certaines parties de son fusil radiant. Quelques gouttes d'eau tombèrent sur le visage et la main tendue du médic, puis ce fut l'averse. Quelques éclairs zébrèrent le ciel, puis d'autres alors que l'eau ruisselait entre les pavés et remplissait les cratères. Le tonnerre s'invita, inquiétant et assourdissant. La nuit, l'orage... Nem était réellement un enfer.

Soudainement, des bruits de courses et le clapotis significatifs de pas dans des flaques d'eau se firent entendre au nord de la place. Instinctivement, les hommes se déployèrent en arc de cercle ouvert sur le lieu potentiel d'arrivée de l'ennemi, chacun levant son arme en profitant d'un couvert : pilier, banc, tas de ruine, muret... Les sept hommes attendirent calmement, sur les nerfs toutefois. Lorsque les sons se rapprochèrent, tous se préparèrent à viser. Mais ce qui arriva n'était pas du tout ce à quoi ils s'attendaient au beau milieu de la verdure mourante et de la pierre brisée.

Cinq Ogryns déboulèrent, sans remarquer les hommes « camouflés » dans la nuit avec leur combinaison et armure carapace noire de jais. Viktor, de sa cachette, s'écria.

« Identifiez vous ! »
« Mak'Aple, chef d'escouade Ogryn, 2nd régiment de Lostrie ! »

Les aigles de chocs baissèrent leurs armes, et s'avancèrent vers les nouveaux arrivant, leurs seuls alliés depuis bientôt toute une journée. Kelhad questionna naturellement, mais sans réussir à cacher son étonnement.

« Je suis le sergent Kelhad, des troupes de choc du 1er Régiment. Qu'est-ce que vous faîtes ici ? »
« On faisait partie d'une force venue vous récupérer, moi et mes gars. Mais on s'est fait attaquer et on a sacrément morfler. Les gars et moi, on était loin du massacre au moment de l'attaque, mais on aurait rien pu faire, les deux commandants de l'opération se sont enfuis avec leur Leman Russ, et nous on s'est barré loin de l'ennemi en s'avançant vers l'hosto, dans l'espoir de vous croiser. »
« Bonne initiative Mak, mieux valait ne pas mourir pour rien. Qui sont les deux officiers en charge de l'opération ? »
« Les lieutenants Matthew, de la 3eme division aérienne, et Velasquez, du peloton d'infanterie Alpha. »
« Je vois. Mak, vous et votre escouade vont nous escortez à partir de maintenant, jusqu'à trouver un moyen de quitter ce foutu endroit. »
« C'est pour ça qu'on est venu sergent. »

Un son de pierre qui tombe, une mauvaise impression coupa court à la conversation. Quelque chose autour d'eux avait bougé. Et au vu de l'atmosphère qui s'en dégageait, c'était quelque chose de malsain, cela était sûr.
« Préparez vos armes, restez vigilants, la bête est revenue. »

Comme pour arranger les choses, la directive de Viktor ne fit qu'augmenter le stress qui écrasait ses camarades. Les Ogryns eux ne comprenaient pas vraiment la situation, et se mirent simplement en position de combat, méfiants. Un nouveau son perça le silence, suivit de la respiration haletante d'un des aigles de choc. DiStephano se tourna vers lui et l'observa, il n'avait pas remis ses lunettes infrarouges, et à la lueur d'un éclair, ses yeux étaient transparent de terreur. L'homme tremblait, et reculait nerveusement. Hadley, qui l'avait également remarqué, lui fit signe de revenir, n'osant pas parler avec un ennemi invisible si proche du groupe. Mais le soldat était terrorisé. Sans vraiment s'en rendre compte, il longea l'angle d'un mur et disparu de la vue de ses camarades. Brusquement, presque immédiatement, des hurlements bestiaux retentirent de concert à des hurlements de douleur. Un éclair illumina la scène, permettant de distinguer l'ombre du monstre déchirer le corps du malheureux, à mains nues.

Lorsque la lumière disparut, le silence redescendit. Silencieusement, Viktor confia à Mak la hache tronçonneuse qu'il avait récupéré en début de journée. Il serrait plus à même de s'en servir que lui. Se penchant légèrement, le gros malin lui murmura à l'oreille, et le sergent retransmis en chuchotant dans son oreillette.

« Les Ogryns s'occupent du berserker démoniaque, on y va, doucement. Plus loin dans la rue principale, on trouvera une radio intacte dans les débris d'une chimère. C'est partit. »

Les six derniers aigles de choc quittèrent avec précautions la place par le nord. Désormais, il ne restait que les six Ogryns et le guerrier mi space marine, mi démon dans cette arène circulaire. Enfin, la créature se dévoila sous un éclair, la mâchoire dégoulinant de sang et son monstrueux hachoir à la main, pour se mettre à courir tête baissée vers le premier ahbumain qu'elle vit.

« Il nous fonce dessus !! »

La bête bondit dans les airs en levant son arme au dessus de sa tête, ouvrant une gigantesque plaie dans le corps de l'Ogryn en lui retombant dessus dans un beuglement guttural. Le cadavre appuya nerveusement sur la gâchette de son riper-gun, perforant quelques trous dans la colonne de pierre qui soutenait la statue. La créature sauta à plusieurs mètres de hauteur, se raccrochant à la roche avec ses griffes pour rebondir sur un mutant après avoir encaissé quelques tirs inefficaces contre son armure et sa constitution quelque peu impressionnante. L'Ogryn voulu interposer son arme, mais elle fut également tranchée au passage du hachoir qui termina sa descente dans la carotide de sa proie. Un tir de riper-gun transperça le bras nu du berserker démoniaque, mais il ne sembla s'en soucier et repoussa le cadavre au sol. Les deux autres Ogryns se jetèrent en même temps sur lui alors que Mak'Aple se cachait derrière la colonne, activant la hache tronçonneuse qui paraissait ridiculement petite dans sa main. La bête propulsa un des assaillants au sol d'un violent coup de poing alors qu'elle fendait le crâne de l'autre d'un coup particulièrement sanglant. En se penchant sur l'Ogryn à terre, elle reçu un tir en pleine face, qui lui érafla simplement le coin du visage. Ce qui restait de son oreille gauche vola en éclat, emportant un morceau de peau au passage. La créature, encore plus immonde, fit quelques pas en arrière, pour mieux fondre sur le mutant qui se relevait baïonnette au canon. Le berserker s'empala dessus, mais ne sembla pas en souffrir plus que ça. Le dernier acte de l'impérial fut un crachat au visage de son adversaire, avant de se faire broyer la tête à main nue.

Mak sentait la bête approcher lentement, son odeur cuivrée de sang, le sol qui craquait à chacun de ses pas, ses râles affamés et inhumains, quand il quitta son couvert et lui sauta dessus, la plaquant au sol sous la violence du choc. Coups après coups, il martela la face de son adversaire de ses poings démesurés, le faisant hurler de rage. Le fils béni du chaos replia ses pattes et projeta violemment l'Ogryn contre le pilier de pierre, qui se craquela sous le choc, déjà fragilisée par les tirs qui lui étaient passés au travers. La bête se releva et allait réarmer son hachoir quand un lancé de hache tronçonneuse la désarma, et c'est avec rage qu'elle plaqua son ennemi encore plus fort contre la colonne qui cédait encore plus. Un coup de griffe se perdit contre la pierre, esquivé par un gros malin acculé qui ripostait en passant dans le dos de l'opposant et en lui écrasant le dos contre le monument de son pied pied botté. Finalement, le support de la statue craqua, et commença à pencher dangereusement vers les deux brutes qui s'affrontaient. Le berserker démon jeta Mak au sol en lui bondissant dessus et s'agenouilla sur son torse, près à lui mordre la nuque, quand la multitude de blocs de pierre les écrasèrent littéralement. Trop affaiblis, aucun des deux ne survécu aux centaines de kilo qui leur tombèrent dessus. Ainsi était la fin de Mak'Aple, gros malin Ogryn du 2nd de Lostrie, sous un tas de roche et au milieu des cadavres de son escouade, victorieux de la bête.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 20H31
Zone sud, quartier résidentiel #2


Les deux Leman Russ se retrouvaient pris au dépourvu, coincés dans une impasse du second cartier résidentiel. Aucun ennemi ne semblait les poursuivre... Mais cette illusion fut de courte durée. Dans leur dos, avant qu'ils ne puissent pivoter, une moto du chaos surgit des rues et son pilote sauta de son destrier mécanique pour atterrir sur le blindage arrière du premier Leman. D'un coup de maître de son eviscerator, Beatus envoya voler l'écoutille de la tourelle et se préparait à entrer dans le char quand une volée de bolt le rejetèrent en arrière, percutant son casque et brouillant son système optique. Il retomba lourdement au sol pendant que les équipages et les lieutenants sortaient de leur tanks pour se réfugier dans une bâtisse encore en bon état, poussés par l'instinct de conservation.

Les huit hommes, armés de simples pistolets lasers, s'étaient déployés dans l'entrée du motel, alors que les deux lieutenants avaient poussé le repli encore plus loin. L'ennemi était un seigneur de Khorne, il se laisserait facilement piéger en venant ici. Tout deux, ils préparèrent leurs pièges pendant que les premiers hurlements et coup de feu retentissaient à l'entrée.

Beatus liquéfia un de ses adversaires d'un tir de plasma bien placé, pour d'un coup de crosse briser la nuque d'un autre. Il reçut une bonne vingtaine de décharges en pleine poitrine, les tirs percutant le bouclier personnel dont le générateur était branché sur le packtage dorsal du seigneur de Khorne. A ce moment, dans un puissant coup circulaire de son eviscerator, toute l'énergie encaissée se redistribua sur les servo-moteurs de ses bras, décuplant la puissance du coup et coupant en deux les corps de trois malheureux, en plus des meubles. Beatus dû se remettre d'une telle saute d'énergie, sa force soudainement sapée. Mais ses capacités revinrent vite, et il trancha la tête d'un artilleur terrifié, pour terminer les deux derniers impériaux, terrorisés et en pleurs dans le fond de la pièce. Il s'approcha lentement d'eux, posa son pied sur l'épaule d'un premier et le canon de son pistolet plasma sur sa tête, repliée dans ses genoux.

« Pitoyable. »

Il appuya sur la gâchette, et s'apprêta à recommencer l'opération avec le dernier, qui toutefois tentait de s'enfuir. La sphère de plasma lui troua le torse, sans autre forme de cérémonie. Le seigneur massacreur s'avança dans le couloir où avaient fuit les deux officiers, salivant d'avance. Il n'eu pas le temps d'attendre, ni le besoin de chercher quand le lieutenant Velasquez du peloton Alpha, du 1er régiment de Lostrie, s'interposa en quittant une chambre, épée tronçonneuse à la main.

« Va racler la merde de ton dieu, fiente d'ork !»
« Enchanté, être pathétique. »

L'attitude désinvolte du seigneur de Khorne était tout sauf naturelle, et c'est un petit rire qui s'échappa du casque du maître de la Neo-Legion. Mais la nature même du space marine revint radicalement, lorsqu'il manqua de décapiter son adversaire d'un coup circulaire qui tortura les murs de ce couloir sombre de motel. Velasquez contre attaqua sans perdre une minute, entaillant profondément la première couche de céramique de l'armure énergétique, sans recevoir plus de résistance que cela.

« Plus de bouclier ? »
« Silence ! Je vais te tuer ! »

L'attaque suivante, verticale et rapide, ne put être esquivée que d'un pas de côté parfait. Les dents les plus hautes de l'arme lézardèrent le plafond, et alors que le lieutenant amorçait un coup d'estoc en pleine gorge, l'eviscerator quitta la résistance du plafond et s'abattit sur l'arme de son adversaire, le désarmant totalement. Le coup de grâce fut porté rapidement. Remontant depuis le sol, l'eviscerator percuta, et broya, l'entre-jambe de l'officier, pour progresser lentement jusqu'à son épaule gauche, tout en rependant une quantités ignoble de sang dans le couloir. Les deux parties du corps désormais bien distinctes retombèrent au sol, créant une nappe d'hémoglobine sur le parquet. Au milieu de la flaque de sang, tombée de la poche qui la contenait, la photo de la femme et de la fille de Velasquez s'imbibait de rouge. Il les avait rejoint, sûrement dans un endroit meilleur.

Un vicieux sourire au coin des lèvres, Beatus s'avança dans la chambre d'où était sortie sa dernière proie, et où se cachait l'ultime survivant de sa chasse. Le lieutenant Matthew se tenait, là, droit, les mains dans le dos, assis sur le lit.

« Tu te rends, infidèle ? »
« Achève-moi. »
« Si tel est ton désir, pauvre jouet du faux empereur... »

Le space marine dégaina de son holster attaché à la jambe droite un petit pistolet semi-automatique, dont il posa le canon entre les deux yeux du pilote de la 3eme d'aviation. Des yeux pleins de défis. Matthew retira la goupille de la grenade qu'il tenait dans ses mains, dévoilant en même temps les sept autres posées sur le lit derrière lui. Il aurait aimé mourir en plein vol, dans une belle explosion. Il aura au moins eu l'explosion.

« Embrasse mon cul, pauvre marionnette ! »

L'explosion simultanée des huit grenades à fragmentation disloqua toute la pièce.





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‎" Le futur se trouve entre le présent et le passé, tout comme le ciel définit la terre. "
Un seul symbole est capable de représenter ces deux affirmations. Saurez vous le trouver ?

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Ba'al
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MessageSujet: Re: [Opération Irène]   Jeu 25 Nov 2010 - 19:04


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Bande son de l'épilogue :
http://media.putfile.com/Epilogue-Operation-Irene
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Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 20H45
Zone sud, quartier résidentiel #1


« Jonher, c'est pas parce que tu es blessé que t'as le droit de traîner ! »
« La ferme 'Stephano, j't'ai pas demandé ton avis ! »
« Magnez vous quand même le cul, la chimère n'est plus très loin ! »
« Okay okay Vic', j'accélère le pas... »

Le sergent n'avait pas tords, lui et ses hommes débouchèrent finalement sur la grande rue du quartier où avait eu lieu plus tôt la bataille. Des cadavres sans têtes, des ruines, des cratères, des flammes, des carcasses... Tout ce qui restait sur les lieux. Viktor repéra rapidement les restes de la chimère dont Mak'Aple lui avait parlé, et ils s'avancèrent vers l'épave. Elle était plus froide que tout à l'heure, l'orage avait apporté le vent avec lui. Hallhahando grimpa sur le métal et entra à l'intérieur pour un ressortir la radio longue portée, et la confia à Kelhad, inquiet.

Le sergent saisit l'appareil, appuya sur quelques boutons et espéra.

« Ici aigles de choc, 1er régiment de Lostrie, localisation 7-5-9, ville de Nem, est-ce que quelqu'un m'entends ? »

Pas de réponse, des grésillements, le stress ambiant augmentait.

« Je répète, ici aigles de choc, 1er régiment de Lostrie, localisation 7-5-9, ville de Nem, est-ce que quelqu'un m'entends ? »
« Aigles de choc je vous reçoit, ici avant poste numéro 4 de Lostria, quelle est votre situation ? »
« On est pas loin de la sortie sud de la ville, un véhicule serrait nécessaire pour l'extraction. »
« Quel est votre mission ? »
« Opération Irène, la mission est terminée mais nous sommes coincés ici, et on ne pouvait pas appeler au secours jusqu'à maintenant. »
« Opération Irène, on nous a mis au courant oui. Je ne pourrais pas vous envoyer de véhicule dans la ville, c'est trop dangereux, mais je pourrais près de la sortie sud. Vous pouvez la rejoindre ? »
« On va tenter. Aigles de choc, terminé. »

L'espoir revenait. Ni Kelhad, ni Viktor n'eurent besoin de donner l'ordre, chacun était prêt à partir, sous la pluie. Les six survivants reprirent leur course nocturne dans les rues, ne rencontrant aucune résistance, étrangement. L'ennemi semblait occupé ailleurs dans la ville... Mais l'équipe ne pourrait rien y faire, même si les deux Leman Russ envoyé pour les sauver étaient en danger. Viktor réfléchissait à cela en courant. A six, ils ne pourraient rien faire. Ils ne savaient même pas où étaient leurs alliés dans Nem. Ils n'avaient pas le temps non plus. Et une chance de survie leur tendait la main désormais. Il chassa de son esprit l'idée d'abandonner le lieutenant Velasquez, celui qui l'avait formé. Kelhad lui pensait sûrement uniquement à sauver ses hommes, ceux qui courraient avec eux. Viktor pensa de même. Il ne pouvaient rien faire d'autre.

Lui et ses hommes étaient fatigués, lessivés, mais avaient l'espoir. Lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée sud de la ville, ils aperçurent enfin leur salut. A quelques dizaines de mètres, sur une dune du désert, un camion médical frappé de l'Aquila les attendait. Enfin. Quitter l'enfer de Nem. Avoir du repos. Laisser ces horreurs là où elles sont. Partir, enfin. Ces trois minutes de course parurent une éternité. Les six hommes se jetèrent à l'arrière du camion, sous la bâche protectrice, et s'installèrent sur les bancs de métal. Ils soufflèrent, rirent, pleuraient. Ils s'en étaient sortis.

Le camion, une fois assuré que tous étaient montés, démarra en trombe et se dirigea vers l'avant poste situé à quelques kilomètres de Lostria. La bâche entrouverte, Viktor regardait Nem s'éloignait, comme un cauchemars qui disparaît progressivement au réveil.





Ville de Nem
1ère semaine des affrontements, 7ème jour, 23H04
Zone sud, quartier résidentiel #2


Beatus se réveilla difficilement, une pile de décombres l'écrasant. Autour de lui, malgré qu'il voies flou, il pouvait distinguer les silhouettes des hérétiques lui étant fidèles s'affairant autour de lui pour le dégager. Il était gravement blessé, mais avait été protégé par sa foi envers Khorne, son bouclier était devenu inutilisable, son armure était ravagée. Le son qui parvenait à ses oreilles, déformé, le sortait peu à peu de son semi-coma.

« Seigneur, est-ce que vous allez bien ? »

Le seigneur massacreur se redressa douloureusement, et s'assied sur une pierre pendant que des fidèles l'examinaient. Ces fourmis qui prenaient soin de lui, il s'en moquait. Il été préoccupé. Tout ces efforts, seulement sur une conviction. Ces ressources engagés sur Nem, juste pour tuer certains officiers impériaux. Le plan avait marché à merveille a vrai dire, les deux lieutenants étaient morts. Les grenadiers avaient réussis à s'enfuir, et un de ses berserker démoniaque avait péri au combat. Mais ce n'étaient que des détails, le plus important avait été accomplis. Beatus maudissait la magie et la prescience, mais il espérait que Belphégor ne s'était pas trompé en lui ordonnant de tuer à tout pris les lieutenants Velasquez et Matthew. Le prince démon avait vu de s ennuis conséquents si ces deux là auraient survécu. Maintenant qu'ils étaient mort, certains problèmes futurs disparaîtraient de la trame du temps que le maître de la foi noire observait constamment. Et puis, après tout, cette mission avait été amusante. Piéger des moutons à l'abattoir, attirer les autres proies, pour finir par les exécuter, tous. Griffent Clark avait bien joué son rôle depuis son endoctrinement, tout s'était passé comme prévu.

Le seigneur de Khorne se leva enfin, sans prendre en considération ses serviteurs qui lui ordonnaient de rester calme, lorsqu'une lumière clignotait sur le dispositif heureusement sauf de son avant bras. Il pressa la touche, et le champ de téléportation s'activa automatiquement.

En orbite, le Lord of Destruction bravait depuis peu, avec quelques difficultés, les batteries de défense laser de Lostria. Une fois que Beatus arriva dans la salle de téléportation, le gigantesque vaisseau spatial se désengagea, et disparut dans l'espace. La mission était terminé, tout s'était passé comme prévu oui.




Lostria, capitale planétaire de Lostrie
2eme semaine des affrontements, 10ème jour, 14H30
Base Alpha-primus


Sous le soleil de plomb, la cérémonie avait commencé depuis un quart d'heure dans la grande cours d'exercice aménagée pour l'occasion. Sur l'estrade, les colonels Dietrich et Hofman siégeaient, chacun un micro à la main. Griffent Clark, le psyker assermenté, se tenait derrière eux, silencieux, souriant.

Au sol, dans l'herbe, un nombre impressionnant de cercueils, vides, portaient chacun le drapeau de la garde de Lostrie les recouvrant, l'aigle bicéphale sculpté à la tête de chacun. Les survivants de l'Opération Irène, DiStephano, Hadley, Hallhahando, Viktor et Kelhad, les familles des victimes de la journée funeste de Nem, les camarades, tout les soldats de la base... Chacun était là, hormis Jonher. Pour cet hommage. Hofman parlait toujours dans son micro, de la sueur perlant à cause de la chaleur.

« Ces hommes, du soldat de 1ere classe au lieutenant de peloton ou de division aérienne, se sont sacrifiés pour l'Imperium. Que l'Empereur les gardes à sa droite ! Ne pleurez pas leur perte, mes amis, leur mort fut glorieuse, et ce sont pour les valeurs mêmes que nous défendons qu'ils sont tombés au champ d'honneur. Retenons leurs noms comme ceux des héros. Frederico Velasquez, Edward Matthew, qu'ils reçoivent à titre posthume la médaille d'honneur. Leurs hommes, ne les oublions pas. Que leurs noms soient inscrits dans la liste des soldats du mérite ! Je vais désormais laisser parler le colonel Dietrich, merci de m'avoir écouté. »

La foule applaudis, les veuves en pleurs, les gardes fiers de leurs amis décédés, tristes. Le colonel du 1er de Lostrie prit la parole après quelques secondes de pause.

« Ne laisser personne derrière. Tel est la devise qui régit le 1er régiment de notre fière armée. Ses meilleurs soldats, envoyé en enfer pour sauver des hommes, y sont mort et ont réussis au prix de leur vie à ramener le colonel Hofman. Ils sont morts pour la cause de l'Imperium, honorons les ! Que les six survivants de ces glorieux guerriers de la liberté reçoivent également la médaille d'honneur pour leur acte héroïque. Grâce au sacrifice de tous, l'ennemi, même s'il a remporté une victoire ce jour là, a subit une terrible blessure lorsque nous le privâmes d'informations vitales. Honorez les héros de cette journée. N'oublions pas, et entretenons notre rancune. L'ennemi nous a privé des êtres qui nous sont cher. Qu'il soit maudit mille fois pour ça. »

Les deux colonels continuaient chacun leur tours le discours de cette triste cérémonie. Après plus d'une heure, le public fut autorisé à se recueillir devant les cercueils vides, avant que ceux-ci ne soient emmenés au cimetière militaire. Un banquet avait été organisé pour les survivants héros de cette organisation. Pendant la « fête », Kelhad et Viktor discutaient tout deux.

« Alors Kel', tu m'expliques ? »
« De quoi est-ce que tu parles ? »
« De pourquoi est-ce que tu te bats, de pourquoi tu vas y retourner après ta permission. »
« Tu sais... quand je serrais rentré chez moi, que je reverrais ma femme, et qu'elle me posera la même question, je répondrais pas. Elle ne pourrais pas comprendre. Elle va me demander, je suis acro à la guerre ? Ca me bote, la violence ? Mais personne a vrai dire ne peut comprendre. Si on se bat, c'est les uns pour les autres, et c'est tout, y a rien d'autre à dire. Si on se bat, encore et toujours, jusqu'à en mourir, c'est par espoir, pour sauver des vies, pour protéger les autres. Et ça, un civil qui n'a jamais été sur le front ne peux pas le comprendre. »
« Je vois... »

Plus loin dans la base, l'état de Jonher s'aggravait. La balle qu'il avait reçu avait causé plus de dégâts que le médecin Hallhahando ne l'avait cru, et les soins avaient été insuffisant. Sur son lit d'hôpital, la fièvre et l'infection le tuaient à petit feu, comme un cancer qui ne s'était déclaré qu'une fois rentré au bercail. C'était l'heure des visites, et DiStephano se penchait sur lui, l'expression rassurante.

« Le toubib à dis que je m'en sortirais... vous allez les pourchasser hein ? On va se venger ? »
« Oui Jonher, ne t'inquiète pas pour ça... On va les avoir. »
« Promets moi... »

Une quinte de toux secoua le mourant, et il repris.

« Promets moi de pas y retourner sans moi... »
« C'est promis, compadre, c'est promis. »

Les yeux de Jonher se refermèrent lentement, il souriait. Les appareils s'affolèrent soudainement, puis plus un bruit. Le moniteur était clair. L'aigle de choc était mort. DiStephano sortit, la mine abattue. Après tout, le médecin l'avait prévenu. Ce n'était plus qu'une question d'heure avant que son camarade ne passe le pas. Il le vengerais. Il avait refusé sa permission, et il se battrais encore et encore, en mémoire de ses amis. Il le ferrait payer à l'ennemi. Le soldat essuya la larme qui venait de naître, et repartit vers la salle d'entraînement d'un air déterminé. Il leur ferrait payer. Jusqu'à sa mort, à lui aussi.

Hadley, lui, buvait au bar de la caserne. L'amasec ne ferrait pas passer les cauchemars et les mauvais rêves qu'il faisait depuis qu'il était revenu. Il venait de donner sa démission, et leva son verre devant le barman.

« A la garde impériale. A cette connerie de guerre. »

Puis, après une ultime gorgée, il s'écroula sur le comptoir. Il avait trop bu, encore, comme depuis qu'il était revenu. Il ne combattrait plus, il pouvait bien se noyer dans l'alcool. Le monde lui devait bien ça, pensait-il.

A la fin de l'après midi, les cinq survivants repartirent à leurs quartiers, pour leur dernière nuit à la caserne avant leur permission méritée. Enfin, seulement trois ne prendraient leur permission.





Lostria, capitale planétaire de Lostrie
2eme semaine des affrontements, 11ème jour, 08H00
Base Alpha-primus, quartiers des officiers


Kelhad marchait d'un pas rapide vers la chambre de Viktor. Leur voiture les attendaient, et le sergent n'était pas venu au rendez vous pour partir dans une province calme. Kelhad ouvrit la porte de la chambre, et porta sa main à sa bouche, se retint de vomir. Son camarade était assis sur son lit, adossé au mur, son pistolet radiant dans la main, le crâne perforé, du sang tout autour de sa tête. Dans son autre main, le cadavre tenait une lettre, qu'il avait écrite avant de se suicider. La scène, comme un tableau macabre, horrifiait son contemplateur. Il s'avança doucement, les larmes au yeux. Il ne parvenait pas à accepter que son ami était mort. Lui, Viktor, son camarade de toutes les mission. Il prit le morceau de papier dans ses mains, et le lut, tremblant.

« J'ai jamais demandé à devenir chef d'unité. J'ai jamais demandé à avoir des hommes sous ma responsabilité. J'ai jamais demandé cette foutue guerre. J'ai jamais demandé à voir de telles horreurs. J'ai jamais demandé à mener des hommes et des camarades à une mort atroce. Je ne combattrait plus, plus personne ne mourra sous ma direction. Je ne le supporte plus. Seul les morts voient la fin de la guerre. J'en ai assez. Je suis désolé de vous abandonner, mais ça vaudra mieux. Je n'en peux plus. Mon pistolet est posé sur ma tempe, j'ai peur mais je m'en vais soulagé de quitter cet univers atroce. Adieu. Mon doigts est sur la détente, l'Empereur fera le reste. »

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MessageSujet: Re: [Opération Irène]   Jeu 25 Nov 2010 - 19:04

Voilà Wink

A vos commentaires !

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MessageSujet: Re: [Opération Irène]   Sam 27 Nov 2010 - 18:36

T'as tout lu ? ^^

Si oui, tu es dans l'obligation de faire des commentaires précis ! Very Happy

Les +...
Les -...
Les scènes que tu as aimées...
Les trucs qui t'ont fait tilt...

Please SmileWinkSmileWink

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